L'Europe fait une nouvelle concession
OMC
Jura agricole et rural
Publié le: 30 juillet 2008
Page 7
Le négociateur européen, Peter Mandelson, se dit prêt à réduire de 60 % les droits de douane de l’Union européenne sur les importations agricoles. Paris relativise la portée de cette offre.
Nouvelle initiative de Peter Mandelson à Genève pour relancer les discussions. Dès l’ouverture des négociations, le 21 juillet, il s’est dit prêt à réduire de 60 % les tarifs douaniers agricoles au lieu des 54 % proposés auparavant.
La France qui préside l’Union européenne pour six mois, a expliqué par la bouche d’Anne-Marie Idrac, ministre du commerce extérieur, qu’il s’agissait d’une « offre particulièrement généreuse » mais qui résultait d’une « clarification arithmétique », correspondant aux derniers progrès des négociations. La prise en compte de cette nouvelle concession relativise la portée la déclaration du commissaire européen au commerce.
En tout cas, l’annonce faite par le commissaire a reçu un accueil mitigé de la part des pays émergents. « Il ne s’agit pas d’une concession mais de la conséquence des négociations » a déclaré un représentant de la délégation brésilienne. Un certain nombre de pays qualifiant la nouvelle proposition de Mandelson de « propagande ».
Boucs émissaires
De leur côté, les États-Unis qui viennent de voter un nouveau Farm Bill, qui consolide les aides aux agriculteurs pour les six années qui viennent, ne se sentent pas très à l’aise. « Nous allons devoir faire davantage de concessions » a reconnu Susan Schwab, la représentante américaine du commerce. Tout en demandant aux pays émergents, (Chine, Inde, Brésil) d’apporter leur contribution à un accord dans le secteur industriel et les services notamment.
En tout cas, le président la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer a très mal pris cette nouvelle initiative du commissaire européen à l’Agriculture. « Je ne crois pas que le Conseil des ministres (des affaires étrangères du 18 juillet, ndlr) a confié à Peter Mandelson de faire des propositions » dès l’ouverture, a-t-il commenté à la Tribune. Et d’ajouter : « On sacrifie une partie de l’agriculture sans obtenir de vraie réciprocité de la part des pays émergents auxquels on demande d’ouvrir leurs marchés de biens industriels. Et pendant ce temps, les États-Unis adoptent un Farm Bill dont les paysans américains peuvent être très satisfaits ».
En tout cas, la FNSEA met en garde les négociateurs contre un éventuel accord. « Nous ne voulons pas être, une fois de plus, les boucs émissaires des ultra-libéraux dont l’intérêt est laisser le seul marché décider de tout. Les agriculteurs français et européens sont complètement mobilisés pour faire en sorte que leurs gouvernements ne cèdent pas ». En demandant à la présidence française de l’Union européenne de ne « pas laisser faire ».
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