Le Jura Agricole et Rural
Colza : investir dans le phosphore peut rapporter gros
Jura agricole et rural
Publié le:  07 août 2008
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Des carences en phosphore : les colzas ne poussent pas, présentent des différences de développement, disparaissent par zone

Alors que le cours du colza est rémunérateur, on assiste à une envolée des cours des engrais à l’instar de celui des matières premières. Ceci ne doit pas conduire à des impasses sur l’élément phosphore en tant que facteur de production. Le risque est de perdre rapidement 30 à 60 % de ses rendements, dans un contexte où des carences sont déjà fréquemment observées.

Les prix élevés des produits de base ont stimulé la production et… l’utilisation accrue des engrais » souligne la FAO, ainsi le cours des engrais a plus que doublé en une année. Alors que le prix des phosphates était resté stable en monnaie courante depuis près de trente ans, le prix de certains produits phosphatés a été multiplié par 2 voire par 3. Cette tension sur les prix s’explique par le renchérissement de la demande des pays d’Asie, comme l’Inde et la Chine, mais aussi du continent Américain : Brésil et USA.

Phosphore il est encore temps de réagir
Depuis les années 90, l’Unifa enregistre une chute des livraisons françaises pour le phosphore et le potassium dépassant 50%.  Cette tendance s’accompagne d’une diminution réglementaire des tonnages d’apports de matière organique chez les éleveurs (fumier, lisier) et globalement des compressions de charges sur le poste fertilisation P-K dans les rotations. Actuellement c’est surtout le phosphore qu’il ne faut pas négliger.

Dans la pratique les enquêtes réalisées par l’APVA en Haute-Marne, publiées en 2007 sur près de 3 560 ha, 406 parcelles de colza font ressortir des apports moyens de 50 unités/ha en phosphore chez les agriculteurs. Cette réduction observée des doses confirme les statistiques de l’Unifa soit une baisse de 50 % en 7 campagnes. En parallèle on assiste à une réduction des apports sur les autres cultures de la rotation : 28 unités de P pour le blé, 49 unités pour l’orge d’hiver, 30 unités pour l’orge de printemps. S’y ajoute une proportion croissante d’impasses.

Ainsi beaucoup de sols atteignent des niveaux critiques en terme de teneur en phosphore en particulier dans le nord-est comme l’attestent une série de plus de 2000 analyses de sol réalisées par la Coopérative LORCA sur 5 années en Lorraine. Cette synthèse affiche près de 65 % des parcelles en déficit de phosphore pouvant entraîner des conséquences sur le rendement du colza, ce que corroborent les cartes INRA. Ainsi nous ne devons plus nous étonner de retrouver de plus en plus régulièrement des situations présentant des symptômes de carence.

Des impasses qui coûtent très cher
Les essais « longue durée » réalisés dans le Nord Est sur les Barrois lorrains à Seuzey (55) et les limons de champagne à Narcy (52) permettent rapidement de mesurer le fort impact économique de la fertilisation phosphatée sur le colza. Les pertes de rendement vertigineuses avec parfois plus de 18 à 29 quintaux de perdus.

Plusieurs essais « longue durée » confirment cette tendance lourde en montrant l’impact fort de la fertilisation P205 sur le rendement. Cet impact est souvent bien supérieur à celui d’autres intrants.

Priorités pour la fertilisation phosphorique des colzas :
- Concentrer l’apport sur les cultures exigeantes comme le colza sans négliger l’orge d’hiver, éviter l’impasse sur les colzas.
- Dans les parcelles à faible biodisponibilité préférer les apports d’automne car le phosphore est peu mobile.
- Etablir un bilan de fumure à partir d’analyses de sol et des apports organiques.
- Préférer des formes d’engrais solubles.


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