Piétin échaudage : limiter les risques
Jura agricole et rural
Publié le: 07 août 2008
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Une recrudescence des attaques de piétin échaudage est notée sur blé dans nos régions de Bourgogne – Franche Comté. Un climat favorable au champignon et des rotations avec des retours fréquents de céréales en sont la cause. Comment limiter les risques d’attaques la prochaine campagne ?
Les espèces de céréales sensibles au piétin échaudage sont, par ordre de sensibilité le blé dur, le blé tendre, l’orge, le triticale et le seigle. Il n’existe pas de différence de sensibilité variétale sur blé tendre.
Les rotations avec un retour fréquent de céréales sont donc favorisantes, en particulier lorsqu’elles se succèdent. Mais les rotations du type maïs/blé sont également risquées. En effet, bien que non attaqué, le maïs est une culture hôte amplificatrice du champignon. Les cultures non-hôtes permettant de couper le cycle du champignon sont l’avoine, le colza, le tournesol, le pois, le sorgho et la pomme de terre. Allonger la rotation avec une de ces cultures permet de limiter la pression du champignon sur le blé suivant, sans toutefois l’éradiquer.
Pour assurer sa survie, le piétin échaudage recherche le plus vite possible un support vivant, car ses capacités de survie en saprophyte sur les racines contaminées sont limitées. Il est donc essentiel de détruire les repousses de céréales dans l’interculture ainsi que les chiendents et graminées adventices dans la culture. Leur présence peut limiter fortement l’impact de l’allongement de la rotation en développant des sources d’inoculum.
Choix d’espèces en interculture : un moyen de lutte à explorer
Des expérimentations ont montré des différences entre espèces d’interculture. Ainsi, la moutarde et l’avoine ont limité l’impact de la maladie en interculture longue. Ces effets sont toutefois variables selon les situations. Lorsqu’elle se décompose, la moutarde libère des glucosinolates qui ont un effet négatif sur le piétin échaudage. Pour que cet effet subsiste, il est indispensable d’enfouir la moutarde le plus vite possible après sa destruction, car les glucosinolates sont très volatils. Ce point fait l’objet de travaux de recherche par l’INRA.
Broyer finement les résidus de paille
Les sols soufflés, aérés favorisent les contaminations par le piétin échaudage qui y trouve l’oxygène dont il a besoin et peu de gaz carbonique qui lui est néfaste. Ainsi, le piétin échaudage est moins fréquent en sol tassé ou lorsque l’aération du sol est faible. De même, l’incidence des andains de paille s’explique par un développement plus important des filaments mycéliens compte tenu de sols plus aérés. Pour limiter les attaques, il est donc recommandé de broyer finement les résidus de paille et de rappuyer les sols soufflés après le semis.
Décaler la date de semis ?
Le piétin échaudage est favorisé par des séquences de températures douces associées à des périodes de pluies au cours de l’automne. Les années à hivers froids lui sont peu favorables (1985, 1986, 1997…). Décaler la date de semis peut donc permettre de limiter l’apparition de séquences favorables.
De même, l’utilisation de variétés plus précoces doit permettre de raccourcir le cycle de culture et limiter ainsi le développement du piétin échaudage.
Peu d’effet de la densité de semis
Plus que la densité de semis, c’est l’importance du chevelu racinaire qui conditionne la présence et la transmission du piétin échaudage. L’impact de la densité de semis sur la mise en place du système racinaire est marginal et son incidence est donc faible. Le champignon progresse uniquement par contact de racines en racines. Sa progression maximum n’est que de 15 cm. Pour limiter sa transmission, le semis en poquets distants de 15 cm a donné de bons résultats (INRA) mais sa mise en œuvre est difficile.
Le traitement de semences recommandé dans les situations à risque
Le produit Latitude (matière active silthiofam) procure la meilleure efficacité sur cette maladie (environ + 8 q/ha en blé/blé). Néanmoins, elle n’est pas totale (maximum 60 %) et sur les parcelles présentant de très fortes infestations, il peut se révéler insuffisant pour contrôler les attaques. Pour tous les blés sur blés, il est conseillé d’utiliser du Latitude. En revanche, dans nos essais, son intérêt économique n’a pas été démontré sur orge ou triticale. De plus, afin de limiter le risque d’apparition de résistance, il est interdit d’utiliser sur une même parcelle des semences traitées avec Latitude 2 saisons consécutives.
En conclusion, le piétin échaudage est une maladie complexe dont le développement est dépendant de multiples interactions. Il n’existe malheureusement pas de solution miracle. Il est donc impératif de ne pas le laisser s’installer en utilisant toutes les possibilités pour limiter son développement.
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