|
Outre le bardage bois qui rappelle la nature, cette construction entre dans une démarche de haute qualité environnementale |
Non seulement, Lons-le-Saunier est le fief de production de la célèbre marque de fromage fondu depuis bientôt un siècle mais dès l’année prochaine, la capitale jurassienne sera aussi un lieu de mémoire vachement bien en honneur de sa star.
Le Jura est le berceau de la Vache qui rit. Le célèbre fromage en portions qui fond dans la bouche des petits et des grands depuis trois à quatre générations maintenant est né dans une cave du centre-ville de Lons-le-Saunier. Puis la production s’est déplacée sur le site actuel sur la route de Lyon. Arrivée à maturité, la Vache qui rit fait son grand retour dans sa maison d’origine, au 25 de la rue Richebourg, en plein cœur du centre historique de Lons-le-Saunier. Une aubaine, pour la fréquentation touristique de la ville, que ce musée. Il devrait accueillir 60 000 visiteurs par an.
Une famille, un territoire
La famille Bel a souhaité créer un musée vivant pour rappeler l’histoire de ce fromage qui a fait la notoriété non seulement de leur nom Bel mais contribué aussi à celle du Jura. « Bel a commencé petit ici. Cette maison de la Vache qui rit, c’est une façon de réaffirmer sa présence, son attachement à la région, à ses origines. C’est un hommage à une longue histoire », indique Guillaume Jouët, directeur de la communication du groupe Bel lors de la visite de chantier, le 17 juillet. Un attachement qui se traduit aussi par l’affectation des travaux majoritairement à des entreprises de la région.
D’un montant de plus de 10 millions d’euros, ce projet est financé par le groupe Bel à hauteur de 9 millions d’euros, par la Région et le conseil général pour 500 000 euros chacun et par la ville de Lons-le-Saunier qui apporte 250 000 euros.
En harmonie avec la nature
Ce projet de Maison de la Vache qui rit lancé en 2007 est en plein chantier. « Les fondations, le gros œuvre et la pose de charpentes sont terminés. Le second œuvre vient de commencer et sera fini à l’automne prochain », explique Philippe Vinay, directeur de Bel industries et directeur du projet. D’une superficie totale de 3 450 m2, ce lieu culte comprend 2 350 m2 de nouveaux bâtiments et 1 350 m2 de jardins extérieurs. Les locaux comprendront un espace muséal de 1100 m2. En sous-sol, les deux caves d’affinage d’origine retraceront l’histoire de La Vache qui rit mais également le process de fabrication. Cette maison comprendra également une salle d’exposition temporaire, un auditorium de 80 places pour la projection de films ou la tenue de conférences et une salle multimédia. Une cafétéria avec terrasse de 150 m2 sera aménagée afin de déguster quelques recettes à base de Vache qui rit et produits régionaux. Et pour conserver un beau souvenir de cette visite, la boutique présentera 200 produits frappés à l’effigie de la sympathique vache.
Cette construction englobe une démarche de haute qualité environnementale notamment en matière de consommation d’énergie. Isolation thermique renforcée, pose de 170 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit, géothermie, éclairage basse consommation, bardage bois, tout est fait pour s’intégrer dans l’espace naturel et surtout respecter l’environnement d’autant que cette maison est implantée dans un parc arboré. De plus, de l’intérieur, les visiteurs seront toujours en lien avec la nature ; que ce soit grâce au mur végétalisé ou aux grandes baies vitrées de la salle de repas qui offre une vue plongeante sur les espaces verts.
Une mise en scène vachement bien
Si la construction des bâtiments est bien avancée, le projet culturel reste à affiner. « La scénarisation est en cours de finalisation. On est contents de ce que l’on va développer. L’installation de la muséographie, de la scénographie et l’espace multimédia est attendu par la suite pour une ouverture prévue au printemps 2009 », confie Philippe Vinay. Convivial par excellence, ce fromage s’offre un plateau vivant qui touchera tout le monde de 7 à 77 ans.
Les enfants, très attachés à ce fromage fondu et à cette vache rigolote, auront un espace qui leur sera entièrement consacré. « C’est une volonté de la famille Bel de créer un jardin des enfants à l’extérieur avec un parcours santé et des jeux pédagogiques imaginés en lien avec la Cité des sciences de Paris-la Villette », précise le directeur du projet. A l’extérieur, les petits pourront se dépenser et à l’intérieur, ils pourront découvrir les différentes facettes de leur héroïne.
« Ce sera un musée différent de ce que l’on voit ailleurs. Nous n’allons pas nous contenter de présenter des collections sur des murs ou dans des vitrines. Ce sera un spectacle interactif avec un côté émotionnel », promet Philippe Markarian, directeur depuis le 1er juilllet dernier de la Maison de la Vache qui rit. Rendez-vous au printemps prochain pour découvrir cet univers coloré et souriant, à l’image de la belle.
A. K.
La Vache rit depuis 87 ans
Tout commence en 1865 à Orgelet dans le Jura par la création des établissements Jules Bel. En 1897, les fils de ce maître-affineur, Jules et Léon fondent la société Bel frères à Lons-le-Saunier qui deviendra les Fromageries Bel. Léon Bel crée en 1919 l’ancêtre du fromage « tendrement bon », fabriqué à partir de meules de comté découpées et malaxées à haute température pour obtenir une pâte fondante présentée en portions. Ce n’est qu’en 1921 qu’est déposée la marque qui deviendra célèbre aux quatre coins de la planète, la fameuse La Vache qui rit. il faudra attendre 1922 et le dessin de Benjamin Rabier pour découvrir la cocasse vache au cuir rouge, au large sourire qui arbore de magnifiques boucles d’oreilles en forme de boîtes de fromage ! Ce personnage charismatique et attachant doit sa notoriété à une campagne de communication avant-gardiste puisque dès 1923, des affiches publicitaires humoristiques sont placardées dans les rues, métro, bus… En 1926, la société se dote même d’un service publicité.
Aujourd’hui, La Vache qui rit est connue sur les cinq continents dans 120 pays. Le groupe Bel demeure toutefois attaché à ses racines puisqu’il possède un centre de production à Dole et un à Lons-le-Saunier, site qui possède également un centre de développement. Celui-ci possède une trentaine de filiales dans le monde, emploie 11 000 personnes, dispose de nombreuses marques La Vache qui rit mais aussi, Boursin, Kiri, Leerdammer, Apéricube, Port Salut… Avec un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros pour le groupe Bel, gageons que La Vache qui rit affichera sa mine réjouie encore longtemps sur ces boîtes rondes car c’est un poids indéniable pour l’économie régionale.
Selon vous, la crise financière actuelle aura-t-elle un impact sur l'agriculture ?





