Le Jura Agricole et Rural

Pour l’instant, dans de nombreux villages ruraux ou péri-urbains, seules des initiatives associatives ou individuelles permettent aux personnes âgées ou privées de véhicule de se déplacer

De multiples solutions
Pour adapter les transports
Jura agricole et rural
Publié le:  25 août 2008
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Centrale de réservation, appel aux bénévoles, chèques-transport ou utilisation des taxis : plus de 400 initiatives ont été répertoriées. En voici quelques exemples.

1 - Des chèques pour bouger
Le département du Puy-de-Dôme n’a pas attendu la présente crise pétrolière pour lancer une politique de transports en milieu rural. Dès 1983, il avait mis au point le réseau des bus de montagne qui a fait ses preuves et est maintenant géré localement par les intercommunalités (le Conseil général prend en charge le déficit résiduel – jusqu’à 55 000 euros). Pour la seconde année consécutive, ce sont les chèques-transport qui sont désormais testés. Retraités, Rmistes et jeunes de moins de 26 ans peuvent recevoir jusqu’à 24 chèques nominatifs de 3 euros, valables dans les transports en commun, les taxis et certains garages. Environ 16 000 voyages ont été payés grâce à ces chèques.
2 - Des mob’s pour l’insertion
En 2001, Mobilité 07 créait un service de location de quelques vélomoteurs destiné aux personnes en situation économique difficile. Depuis, des centaines de milliers de kilomètres ont été parcourus et la Drôme a vu une extension de cette initiative. Aujourd’hui, Locamob gère 19 antennes avec une centaine de vélomoteurs en location de longue durée (comprenant les casques, l’antivol et l’assurance) pour 1,5 ? par jour. 250 utilisateurs adhèrent chaque année à l’association soutenue par la Région et les départements (budget 365 000 ?). Cette année, Mobilité 07 passe à la voiture, avec quatre véhicules en location de courte durée et la création d’une auto-école d’insertion. Et poursuit ses autres actions dans la formation ou le logement.
3 - Le TAD comme lien social
À Varilhes, en Ariège, le transport à la demande est devenu un outil de lien social pour les personnes âgées. Géré par une association dans le cadre d’une communauté de communes, il est organisé grâce à un logiciel Mobiter qui permet un suivi très fin des utilisateurs. Ainsi, les responsables de l’association disposent d’un moyen, parmi d’autres, d’alerte sur l’état de santé des personnes âgées. Un habitué qui ne fréquente plus les mini-bus reçoit rapidement un coup de téléphone ou une visite. Essentiellement utilisé pour rallier le chef-lieu de canton, le transport fait l’objet d’une campagne permanente d’animation dans les clubs d’aînés, les mairies, chez les travailleurs sociaux et les commerçants. 350 personnes l’utilisent chaque année.
4 - Une Com’ette en Alsace
Les 30 000 habitants de la région de Saverne disposent d’un service de transport à la demande très performant : 117 000 km et 22 200 voyages assurés en 2007. La communauté de communes a créé un service de réservation qui gère la circulation de deux véhicules entre 101 poteaux d’arrêt (renforcés parfois par des taxis). L’usager réserve au plus tard la veille pour un voyage prévu entre 7 h et 18 h et paie de 1 à 1,90 euro le voyage. Si les recettes avoisinent les 30 000 euros, les collectivités versent 210 000 euros pour ce dispositif qui remporte un réel succès et a désenclavé la région.
5 - Une aide via le taxi
À Loudéac, la Communauté de communes a mis en place Trans’Cideral. Ce système offre, trois demi-journées par semaine, une plate-forme de réservation d’un taxi et la prise en charge de la course au-delà des 2 ? versés par l’utilisateur. Bien sûr, les courses ne sont prises en compte que sur le territoire de la Communauté de communes. Avec 1 500 voyages par an, cette initiative a remporté un bon succès parmi les 28 000 habitants et les 4 artisans taxis participants. Il se révèle d’une grande souplesse pour les utilisateurs, mais assez lourd pour les finances publiques.
6 - Une voiture à 30 euros par mois pour fidéliser les salariés
Dominique Laure, PDG de Laure Transport, a choisi la solution la plus directe : pour fidéliser les chauffeurs de son entreprise de transport, il leur loue une voiture pour 1 euro par jour. Lancée en avril, cette offre a immédiatement séduit 120 salariés sur 135. Outre le gain financier équivalent pour certains à un treizième mois, la voiture est la seule solution pour rejoindre l’entreprise, située en zone rurale à Saint-Étienne-de-Montluc en Loire-Atlantique. En l’absence de transports en commun, le covoiturage était impossible en raison des décalages entre les horaires des chauffeurs.
7 - Mobilinfos : tout pour bouger !
Lancée en 2001, Mobilinfos, la centrale de mobilité de Soissons et de sa proche région, « couvre » aujourd’hui 12 lignes de transports urbains et 14 lignes de transports à la demande pour les 33 communes rurales des alentours et 15 000 habitants. Sur ces dernières lignes circulent 15 bus traditionnels et 15 minibus de type Renault Master de 9 et 14 places, dont certains aménagés pour faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite. Le transport à la demande est organisé en lignes et points de passage fixes. Les bus ne circulent que s’il y a réservation. Mais même structuré de cette façon, souplesse et disponibilité sont à l’ordre du jour : fonctionnant de 8 h 30 à 18 h, il suffit aux utilisateurs de réserver une heure avant le moment du départ souhaité (la veille pour un départ avant 11 h). Mobilinfos fournit également tous les renseignements horaires pour partir de la région en transports en commun et toutes les informations sur l’état du réseau (manifestations, travaux). Réalisée par la communauté d’agglomérations et employant 5 agents, cette centrale de mobilité remporte un vrai succès avec 3 000 voyageurs par mois et 2 400 voyages. L’exploitation est confiée à un exploitant privé et une régie départementale.
8 - Une aide fiscale pour les conducteurs
Moyennant une participation d’1 euro pour une course raisonnable (moins de 30 km et une demi-journée), le Secours catholique d’Amboise transporte des personnes envoyées par les services sociaux (pour respecter des règles évidentes de concurrence). Les trois chauffeurs bénévoles bénéficient d’un « certificat de don » déductible des impôts à raison de 0,20 ruto par kilomètre parcouru. Mais ils n’assurent qu’une vingtaine de voyages par an.


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