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L’une des visites se déroule en Suisse, à la Chaux-de-Fond |
Le 26 novembre prochain, dans le cadre du Festival des groupes organisé par la FNGEDA en Franche-Comté, deux des 21 circuits thématiques proposés aux participants seront consacrés au lait à comté, aux différents systèmes laitiers en montbéliardes et à l’après-quotas.
Premier des 21 circuits à être décortiqué dans les 14 articles qui seront publiés d’ici au 26 novembre, celui intitulé « du lait à comté pour des fromages et des AOC » est sous la responsabilité de Frédérique Jeanningros la présidente du CETAF de Pontarlier. « Nous avons déjà réalisé des pré-visites et l’objectif de ce premier circuit est de présenter notre système de fruitières avec des producteurs qui se sont largement investis dans les filières pour conserver la plus value » commente d’abord la présidente du seul groupe féminin du département.
La première visite de l’après-midi pour les participants qui viendront de Dole aura lieu chez Michel et Béatrice Pritzy à Chapelle-d’Huin. Une exploitation familiale avec 25 montbéliardes 78 ha et 172 000 litres de quota qui recherche de pratiques respectueuses de l’environnement, une maîtrise de débouchés, le tout en essayant d’avoir une certaine qualité de vie. « C’est une exploitation avec un petit troupeau et nous allons montrer aux participants une pratique sans doute peu courante ailleurs qui est la traite aux champs. » Le groupe n’aura pas " le temps de se poser ", ou presque, que la soirée concoctée par le CETAF lui permettra de découvrir un diaporama de la région réalisé et présenté par Jean-Paul Gurtner, le conseiller général de Levier. En marge de la visite de la fruitière de Frasne le lendemain, une table ronde avec les partenaires de la filière comté permettra d’aller plus loin et de décortiquer cette économie laitière particulière. D’en mesurer son intérêt, sa réussite et les conditions de sa poursuite en faveur de producteurs et de la filière tout entière.
Régimes et quotas
Avec une même race à quelques dizaines de kilomètres de distance, les systèmes laitiers la transformation du lait, la politique laitière sont différents. Il est donc tentant d’examiner les conditions dans lesquelles les exploitants travaillent et au delà, le pourquoi de ces choix. C’est ce qui incombe au circuit numéro 21 placé sous la responsabilité de Thierry Chabod, le président du Ceta de Morteau.
Avec son équipe, ce dernier ne s’est pas longtemps posé la question de savoir ce qu’il convenait de faire découvrir aux participants du Festival venus de toute la France. « Nous nous trouvons dans le berceau de la race, nous nous devions donc de partir sur les différents systèmes laitiers utilisés en montbéliarde à partir et ce d’autant que nous sommes bien placés avec la Suisse. » En fait il s’agit pour ce circuit, d’examiner deux systèmes d’alimentation différents, l’un à partir d’une ration sèche, l’autre à partir de l’ensilage et de greffer à partir de là toute une série de questions sur les conditions dans lesquelles travaillent les exploitations. « La première visite se déroulera donc en territoire helvétique à la Chaux de Fond chez Jérôme Hirschi qui est en communauté d’exploitation avec son père avec une quarantaine de montbéliardes alimentées à partir de l’ensilage de maïs. » « Outre les aspects techniques liés à l’alimentation du troupeau, l’intérêt de cette visite réside dans la politique laitière suisse et dans l’après-quota qui se met en place puisque nous aurons M. Geiser, un responsable de la gestion des marchés » commente encore Thierry Chabod.
L’occasion de voir l’approche faite par la profession suisse à partir d'un système de gestion des marchés laitiers par les laiteries elles-mêmes. Autre question qui passionnera sans doute les producteurs de lait que celle de voir comment l’exploitation s’est adaptée à ce nouveau contexte avec des montbéliardes.
L’autre visite aura lieu au Gaec Taillard aux Fins qui réunit trois associés avec un quota de 300 000 litres de lait à comté. Il s’agira là, après une présentation de la race montbéliarde et de ses particularités de montrer comment elle s’est adaptée à son environnement pour faire face aux évolutions de la politique agricole. Mais ce sera aussi l’occasion de voir comment trois ménages parviennent à vivre avec un tel niveau de quota.
André Nayene
Le CETAF de Pontarlier
Avec ses 15 adhérentes, le Cetaf de Pontarlier sont le suivi technique est assuré par Aline Migeon de la Chambre est un groupe qui fonctionne bien. La preuve ? Quel groupe peut se targuer de partir deux jours pour son assemblée générale ? « Depuis trois ans c’est ce que nous faisons, nous n’avons pas envie d’être en assemblée le soir, alors nous partons ailleurs, cette année nous sommes allées en Haute-Savoie, là-bas, la FDgeda nous a préparé de très intéressantes visites » commente la présidente. Ce groupe est pour ces femmes de 35 à 50 ans quelque chose de précieux dans leur vie : « Sans lui, on se sent un peu perdue, isolée, on retient toujours quelque chose et puis ça donne un coup de fouet » prétend Frédérique Jeanningros qui en assure la présidence depuis deux ans. Des formations spécifiques qui à l’occasion peuvent se réaliser avec les hommes du Ceta sont organisées chaque année mais la vie du groupe est aussi rythmée par des visites techniques. Au moins trois chaque année sur les exploitations des membres avec cet hiver un regard sur les questions liées à la sécurité sur l’exploitation. Bref de quoi « repartir motivée, avec des idées » ne se lasse pas de dire la présidente.
Le CETA de Morteau
« Le groupe ? Ce n’est jamais au sortir de l’école que les jeunes y adhérent, ils n’ont pas envie de se remettre à l’écrit » explique Thierry Chabod dont le père a créé le Ceta à la fin des années 70. Avec Mathieu Cassez pour technicien, ce sont neuf journées sur le terrain qui ont eu lieu l’an dernier, mais les douze adhérents ont la particularité d’échanger leurs chiffres. « C’est une pratique qui n’a cours que dans le Doubs et c’est un point fort qui permet de voir où il est possible d’améliorer les choses ». Et d’ajouter que « c’est aussi dans la mentalité, car on reste de petits exploitants qui prennent encore le temps de se rencontrer. » Et puis, le fait d’être un groupe restreint facilite aussi les échanges. Passé le Festival, le groupe va reprendre ses activités cet hiver par exemple pour apprendre à bien déchiffrer une étiquette d’engrais et pour réfléchir aux stratégies à mettre en place pour substituer une partie des céréales dans l’alimentation face à leur augmentation. De quoi permettre sans doute d’attirer de nouveau adhérents. C’est au moins le vœu de Thierry Chabod.
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