Le Jura Agricole et Rural
La FNSEA réclame de nouvelles règles de prix
Dérégulation du secteur laitier
Jura agricole et rural
Publié le:  04 septembre 2008
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Jean-Michel Lemétayer a rencontré Michel Barnier le 27 août au sujet de la dérégulation du secteur laitier décidée par le gouvernement, avec la fin des recommandations nationales sur le prix du lait. La FNSEA attend du ministre de nouvelles règles de fixation du prix

Le ministre a parfaitement pris conscience des enjeux pour les producteurs laitiers », a indiqué à la sortie de sa réunion avec Michel Barnier, Jean-Michel Lemétayer qui, accompagné du président des JA, William Villeneuve, et de celui de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), Henri Brichart, a rencontré le ministre de l’Agriculture, le 27 août. Au menu : tenter de remédier aux tensions qui secouent le secteur laitier. Pour le président de la FNSEA, le dossier dépasse largement la situation des producteurs du groupe Entremont dans l’Ouest, en conflit avec l’entreprise qui avait décidé de baisser pour juillet, août et septembre la hausse du prix du lait. Après deux semaines d’actions des éleveurs bretons, Entremont a finalement reculé.
Le groupe fromager s’est en fait engouffré dans la brèche ouverte par une décision de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a choisi en mai de déréguler le secteur. Elle a enjoint au Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel), au motif d’une distorsion de concurrence, de mettre fin au système de fixation du prix sur une base trimestrielle, via des recommandations nationales de prix, mis en place en 1997 par les producteurs et les industriels. « La remise en cause du schéma interprofessionnel est une erreur grotesque de l’administration française, tempête Jean-Michel Lemétayer, le gouvernement doit la corriger. » Il demande donc que « le gouvernement précise à nouveau sa position sur les règles de la concurrence », et il attend de Michel Barnier de nouvelles règles pour fixer le prix du lait. La FNSEA, JA et la FNPL veulent ainsi « dans les semaines qui viennent des modalités pour le prix du lait et des références sur lesquelles les producteurs seront payés ces prochains mois. Il ne peut y avoir de solutions qu’en s’appuyant sur des cotations », a martelé le président de la FNSEA.
Quel rôle pour les interprofessions ?
Michel Barnier, lui, a confirmé à Jean-Michel Lemétayer, William Villeneuve et Henri Brichart sa « volonté d’aider l’interprofession à trouver les nouveaux outils de pilotage ». Le ministre devait rencontrer, après les représentants nationaux de la production, les transformateurs laitiers et les coopératives. Pour le ministère, il faudra travailler « dans un calendrier raisonnable » sur « la question des indicateurs utilisés pour permettre de définir au cas par cas le niveau de rémunération des éleveurs », et « sur la question de la contractualisation nécessaire » entre les éleveurs et leurs collecteurs et transformateurs,
« afin de maintenir un niveau de production stable », explique-t-il dans un communiqué.
Mais Michel Barnier peut-il revenir sur une stratégie inscrite dans la loi de modernisation de l’économie (LME), adoptée par le Parlement fin juillet, et voulue par Nicolas Sarkozy, qui vise l’amélioration du pouvoir d’achat des Français, leitmotiv du gouvernement depuis les premiers mois de l’année 2008, en faisant baisser les prix via la dérégulation de certains secteurs de notre économie.
Selon Jean-Michel Lemétayer, le ministre va « dans des délais très brefs » réunir les instances de l’interprofession. Pour le président de la FNSEA, ce dossier doit être « porté par le Cniel ».
« Comment peut-on déposer un mémorandum à Bruxelles sur le rôle des interprofessions (adressé par le gouvernement mi-janvier, ndlr) et remettre en cause le schéma interprofessionnel par la même occasion à Bercy (ministère de l’Economie, ndlr) », s’indigne-t-il. Une interrogation qui concerne toute l’agriculture et non pas le seul secteur laitier. La crainte de la FNSEA étant que le comportement d’Entremont puisse inspirer d’autres entreprises comme Lactalis. Une crainte qu’ont relayée pendant deux semaines, par leur mobilisation, les éleveurs laitiers de l’Ouest.


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