Le Jura Agricole et Rural

Joël Morin préside la coopérative viticole d’Arbois depuis 2001

Un homme, une voix
Fruitière vinicole d’Arbois
Jura agricole et rural
Publié le:  04 septembre 2008
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Le 26 novembre prochain, dans le cadre du festival des groupes organisé par la FNGEDA en Franche-Comté, un des 21 circuits thématiques proposés aux participants sera consacré aux vins du Jura : « une appellation qui réussit face à la crise viticole mondiale ». La fruitière vinicole d’Arbois sera l’une des étapes de ce circuit.

Créée en 1906, la fruitière vinicole d’Arbois est une des premières coopératives agricoles françaises : « Elle a été fondée sous l’impulsion d’une douzaine de vignerons précurseurs, relate l’actuel président Joël Morin : aujourd’hui la fruitière réunit 127 adhérents pour une surface de 260 ha (250 des 800 ha de l’AOC Arbois). » En cave, 1,2 million de bouteilles sont produites chaque année. Depuis 1906, les fondamentaux n’ont pas varié : apport total, rémunération en fonction des volumes et de la qualité du raisin, application de la règle « un homme, une voix », qui octroie à tous les sociétaires le même pouvoir de décision, quelle que soit la surface de sa vigne.

Coordination
Les exploitations vont de quelques ares à 21 ha pour les plus gros apporteurs. Tous les trois ans, le conseil d’administration d’une douzaine de membres est renouvelé. Quant au président, il remet chaque année son mandat en jeu, « la présidence est une tâche assez lourde, reconnaît Joël Morin, car nous n’avons pas de directeur général. Ça correspond à peu près à un mi-temps, ce qui est considérable car on continue à avoir le souci de sa propre vigne. Mais c’est aussi un travail d’équipe stimulant et motivant. » Tous les mois, le conseil d’administration se réunit pour définir les orientations stratégiques et prendre des décisions. « Dans une coopérative viticole, la planification de la récolte est très importante : il faut parvenir à coordonner tout le monde pour des raisons logistiques et préserver l’aspect qualitatif. » En amont, le comité technique viticole veille à l’état sanitaire des vignes par des inspections régulières des parcelles et des préconisations de traitement. Des commissions techniques composées de vignerons visitent les parcelles pour vérifier la qualité de la taille, estimer les volumes et déterminer la date optimale de récolte.
Côté production, une équipe de sept permanents renforcée par des saisonniers pendant l’été et la période des vendanges. « Les sociétaires participent à la vie de la coopérative, ils sont sollicités pour différentes corvées : nettoyage, mise en bouteille pour les produits spécifiques… » Depuis trois ans, la coopérative est certifiée ISO 9001, une démarche qualité dans laquelle tous se sont impliqués. « ça nous ouvre des portes, notamment celles de la grande distribution, où il y a une exigence de suivi et traçabilité. » De fait, le segment GMS représente un tiers du chiffre d’affaire de la fruitière. « Outre la taille, notre principal atout, c’est d’avoir un encépagement bien réparti et équilibré sur tous les terroirs de l’appellation Arbois, ce qui nous permet de répondre à des commandes importantes pour tous les produits de la gamme. »

Un marché de niches
Projet d’avenir, muscler l’exportation, qui pour l’instant ne représente que 2,5% du chiffre d’affaires. « Nous nous sommes associés pour cela avec six autres coopératives d’autres régions viticoles françaises, de tailles équivalentes, pour mettre de moyens en commun et notamment embaucher un commercial », précise Joël Morin, qui attribue la réussite des vins du Jura à leur originalité. « Le vignoble du Jura, c’est à peine 80 000 hectolitres… avec une gamme de produits très étendue : on est donc sur un marché de niches, et nos vins sont moins exposés à la concurrence internationale. Mais cet atout est aussi un frein pour aller à l’exportation. Les vins du Jura sont très typés, il faut les expliquer et ça demande beaucoup de temps. »
Alexandre Coronel


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