Le Jura Agricole et Rural

Jean-Paul Crinquand préside la Cuma des Bodines

Une Cuma viticole intégrale
Cuma des Bodines
Jura agricole et rural
Publié le:  04 septembre 2008
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Jean-Paul Crinquand préside la Cuma des Bodines à Arbois. L’utilisation d’un parc matériel commun, au-delà de l’intérêt technique et économique qu’y trouvent les adhérents, est aussi source d’échange, de partage et de convivialité.

Si il n’y avait pas la Cuma, je ne serais peut-être plus viticulteur aujourd’hui… déclare Jean-Paul Crinquand, président de la Cuma des Bodines. Partager du matériel avec d’autres agriculteurs, ça a des côtés très contraignants, c’est sûr. Mais au final c’est très positif, ça motive. » La Cuma a été créée en 1995, avec l’achat d’un enjambeur d’occasion pour réaliser les traitements de la vigne. « De voir que certains arrivaient à faire leur foin avec du matériel en commun dans le Doubs nous a rassurés : si eux y arrivaient, ça devait être possible ! »
Au fil des années, d’autres viticulteurs rejoignent le groupe initial, et le renouvellement du parc matériel se fait dans le cadre de la Cuma. « Petit à petit nous sommes arrivés à une Cuma intégrale. Nous sommes huit maintenant, pour une surface de 45 ha. Je pense que c’est la bonne dimension pour le fonctionnement, limiter les distances, etc… », poursuit le viticulteur. Désormais, du matériel du travail du sol à la machine à vendanger et la benne de récolte, en passant par celui de traitement, tout est investi en commun. « Si j’avais un conseil à donner, tempère le président, c’est de privilégier les outils indispensables, ceux qui servent régulièrement. Il y a toujours la tentation d’acheter du matériel qui n’a qu’une utilité ponctuelle, et qui génère des coûts. »
Sur le plan du fonctionnement, c’est un rendez-vous hebdomadaire, le lundi matin, qui permet aux adhérents de la Cuma des Bodines de définir un planning d’utilisation. Pour limiter les opérations de montage-démontage et rationaliser la circulation des matériels d’une parcelle à une autre, les adhérents en sont venus à se rendre service mutuellement. « On a fini par formaliser ça en banque de travail, pour éviter les déséquilibres. »

Banque de travail
Les achats de produits phytosanitaires sont également réalisés en commun, après avoir pris conseil auprès du technicien de la coopérative d’approvisionnement. « Ça permet de limiter les rinçages de cuve. Quand on traite à une période donnée, on utilise tous le même produit. »
L’équité de traitement entre adhérents pour la répartition des charges reste le fil directeur des règles de fonctionnement : « On a acheté une benne qui suit la machine à vendanger pour faciliter le travail, la facturation se fait au prorata du nombre de voyage plutôt qu’à la distance pour ne pas désavantager ceux qui sont plus loin du siège de la Cuma. », explique Jean-Paul Crinquand.
A.C. 


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