Un accord aux forceps
Filière comté
Jura agricole et rural
Publié le: 18 septembre 2008
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Un accord qui repose aussi sur la capacité à garder des stocks sains |
Producteurs et affineurs sont parvenus à un accord sur le prix du fromage aux coopératives. L’avance a été consentie par les affineurs qui ne savent pas encore quelles en seront les répercussions au niveau de la grande distribution.
Plus que de l’amertume, c’est plus un sentiment mitigé qui a habité les participants à la
réunion de la commission des contrats du Comité interprofessionnel du gruyère de comté (CIGC), qui s’est tenue ce mercredi 10 septembre, dans les locaux de la Fédération des coopératives laitières du Jura, à Poligny…
réunion de la commission des contrats du Comité interprofessionnel du gruyère de comté (CIGC), qui s’est tenue ce mercredi 10 septembre, dans les locaux de la Fédération des coopératives laitières du Jura, à Poligny…
Après trois heures de discussions, un accord a donc été trouvé sur le prix de vente aux affineurs des fromages en blanc produits par les coopératives…
Certes, le contexte de cette discussion était difficile. On ne peut oublier que dès la « grande coulée » qui célébrait le cinquantième anniversaire de l’AOC, des producteurs avaient tiré la sonnette d’alarme en s’invitant à la fête de Champagnole. Et la grogne n’a fait qu’enfler jusqu’à la réunion du 3 septembre où quelque trois cents manifestants se sont retrouvés à Poligny et ont interrompu les travaux de la commission des contrats…
Quelques jours plus tard, alors que le mot d’ordre syndical de retour au calme et à la responsabilité était entendu, les mêmes acteurs se sont donc retrouvés autour de cette table de négociations.
Quelques jours plus tard, alors que le mot d’ordre syndical de retour au calme et à la responsabilité était entendu, les mêmes acteurs se sont donc retrouvés autour de cette table de négociations.
À l’issue de cette réunion, Rémi Hugon, président de cette commission et président de la coopérative de Monnet-la-Ville, dressait un bilan mitigé : « Dans tout accord, il y a une partie espérée et une partie obtenue, commente-t-il. Les producteurs auraient aimé un effort immédiat de la part des affineurs. Mais ils ont également bien compris que l’effort de ces mêmes affineurs s’inscrivait dans le long terme. Tout comme ils ont conscience que ce sont les affineurs qui vont compenser en partie, et pendant plusieurs mois, la différence entre le prix d’aujourd’hui et un objectif de ventes à 6 000 euros/tonne… Il faut être réaliste. C’est un compromis correct que les gars – les producteurs – attendaient ! »
Récupérer la hausse
Il semble évident pour tous que cette hausse accordée par les affineurs ne sera récupérée par ceux-ci que si une augmentation des prix de vente à la grande distribution intervient… Et c’est là toute la difficulté de la chose. De par la volonté des distributeurs de maintenir leurs marges ainsi qu’une politique de prix bas. Mais également de par l’application de la nouvelle loi de modernisation de l’économie, votée en août et « dont on ne sait pas encore de quelle manière elle s’appliquera… de la bouche même de Véronique Rivoire, PDG de l’entreprise d’affinage éponyme. Les négociations pour 2009 ne sont pas entamées avec la grande distribution et il serait prématuré de parler d’en parler car elles restent confidentielles… (sic) ».
Il semble évident pour tous que cette hausse accordée par les affineurs ne sera récupérée par ceux-ci que si une augmentation des prix de vente à la grande distribution intervient… Et c’est là toute la difficulté de la chose. De par la volonté des distributeurs de maintenir leurs marges ainsi qu’une politique de prix bas. Mais également de par l’application de la nouvelle loi de modernisation de l’économie, votée en août et « dont on ne sait pas encore de quelle manière elle s’appliquera… de la bouche même de Véronique Rivoire, PDG de l’entreprise d’affinage éponyme. Les négociations pour 2009 ne sont pas entamées avec la grande distribution et il serait prématuré de parler d’en parler car elles restent confidentielles… (sic) ».
Dix centimes de franc par litre
Même s’il leur est difficile d’évaluer comment se partage précisément la plus-value générée par leur production, les producteurs ont conscience de l’effort consenti par les entreprises… Rémi Hugon prend un peu de recul pour évaluer l’importance de l’accord: « Les producteurs ont du mal à cerner la portée de cet accord. 200 euros/tonne ne leur parle pas de la même manière que quand on leur explique qu’ils vont toucher dix centimes de franc supplémentaires au litre de lait… »
Pour lui, « cette avancée n’a été possible que parce que les stocks de comté étaient faibles et les indices de vente bas. D’où une certaine vigilence à avoir à l’avenir pour garder des stocks sains… C’est la responsabilité de tous les acteurs de la filière. C’est aussi celle des producteurs. Et chacun a conscience qu’il y a plein de paramètres à intégrer pour trouver des équilibres qui sont souvent difficiles à atteindre… »
Rémi Hugon rappelle aussi les conditions déplorables de production depuis le début de l’année : la mauvaise qualité des fourrages et des rendements fromagers faibles qui se sont confirmés sur les mois d’été. Il espère une remontée de ces rendements à l’automne… « pour redonner confiance aux producteurs ».
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