Le Jura Agricole et Rural
« Il faut du revenu…»
Éric Liégeon, producteur et responsable de la FDSEA du Doubs
Jura agricole et rural
Publié le:  18 septembre 2008
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« Pour que nos régions difficiles vivent, il faut du revenu, c’est indispensable »

TCN : Depuis quelques semaines voire quelques mois, on ressent un certain mécontentement qui s’amplifie chez les producteurs de lait à comté. Pourquoi ?

Je crois que les choses sont simples, on avait promis une hausse du prix du lait à la production, mais aujourd’hui, les producteurs attendent toujours. Il y a donc un fort mécontentement qui se trouve encore renforcé par la hausse des charges, que ce soit bien sûr l’alimentation, les carburants mais aussi les services dont on parle peu. Les trésoreries sont très tendues et quand on voit des factures d’aliments de l’hiver non payées à l’heure actuelle, c’est grave. Cette situation justifie pleinement la rencontre avec les affineurs et les autres partenaires de la filière pour trouver des solutions et faire augmenter le prix du lait à la production.

TCN : Justement ces solutions quelles sont-elles pour retrouver plus de sérénité dans les exploitations ?
L’une des solutions évoquées avec les affineurs est de faire augmenter la MPN. Elle est aujourd’hui à 5 800 euros la tonne, il faudrait qu’elle passe à 6 000 euros, soit une hausse de 0,6 euro du kilo. En attendant, avant qu’elle ne se concrétise dans la grande distribution, il a été obtenue une hausse artificielle de la part des affineurs sur leurs fonds propres. Ce n’est pas facile, mais la courbe de la MPN est à la hausse, il faut donc l’accompagner un peu… L’autre piste, non liée au produit sur laquelle on se bat depuis des mois, c’est bien sûr celle d’une politique en faveur de l’herbe. Là, le dossier est européen et la manifestation de mardi à Clermont-Ferrand pour mettre l’herbe dans le premier pilier de la Pac va dans ce sens. Enfin il faut signaler que cette valeur ajoutée doit être recherchée également dans les exploitations et les ateliers de transformation.

TCN : Comment voyez-vous l’avenir de cette agriculture de montagne avec ses productions sous signe de qualité ? Vous êtes optimiste ?
Je suis effectivement optimiste. Notre agriculture est jeune, les exploitants sont motivés, et le passé nous a montré que l’on était parvenu à moderniser les exploitations et à faire évoluer le prix du lait. Je le reste à condition que l’on arrive à mieux valoriser nos productions et à obtenir une différenciation des prix, dès lors que les cahiers des charges se durcissent aussi. Mais il reste que, pour que nos régions difficiles vivent, il faut du revenu, c’est indispensable.


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