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C’est Marcel Marguet, secrétaire général de la FDSEA qui a débuté cet entretien en abordant le problème de l’explosion des charges : « Depuis plus d’un an, l’activité agricole prend de plein fouet la hausse du prix des matières premières et certains phénomènes nous paraissent tout de même difficilement explicables : le prix du pétrole est passé de 147 dollars à 95 dollars entre le 11 juillet dernier et aujourd’hui et le prix à la consommation est loin d’avoir diminué dans les mêmes proportions.
Ce constat est valable pour l’énergie mais c’est exactement la même chose pour les produits agroalimentaires ! Il n’est plus acceptable que les pétroliers et la distribution répercutent les hausses très rapidement et trainent en longueur pour répercuter les baisses et engranger des profits ».
Face à cette situation, le ministre de l’Agriculture organise une conférence sur le revenu qui aura lieu d’ici la fin du mois et nul ne peut présager de ce qu’il en sortira. Mais quelques mois après l’adoption de la loi de modernisation de l’économie, il faudra certainement faire preuve de beaucoup de détermination pour faire évoluer encore le cadre réglementaire sur la transparence des marges de la grande distribution.
Bilan de santé de la Pac et rôle des interprofessions
Concernant le bilan de santé de la Pac à mi-parcours, FDSEA et JA ont souhaité rappeler les orientations fortes auxquelles ils sont attachés : la mise en place d’une véritable politique économique de soutien aux systèmes herbagers, la revalorisation d’urgence des soutiens à la brebis et le maintien d’instruments de gestion des marchés.
Ces revendications très concrètes semblent être partagées par les Pouvoirs publics mais au préalable, le Président de la République, Président de l’Union européenne souhaite qu’à l’occasion du bilan de santé de la Pac, les états redonnent un cadre politique au dossier agricole en débattant des objectifs fondamentaux de la Pac. « Il s’agit également de redonner de la cohérence à cette politique par plus d’équité entre ce que l’on produit et ce que l’on importe », rappelle Christophe Malvesin. D’un côté des règles de plus en plus strictes en matière de droit social, de protection de l’environnement, de bien être animal […], de l’autre, beaucoup d’interrogations de la part des consommateurs.
Concernant les moyens de cette politique, « il n’est pas question de revenir au principe de découplage des soutiens, en revanche les soutiens seront rééquilibrés pour garantir la production sur tout le territoire pour garantir un vrai soutien de compensation ».
En matière d’organisations économiques, l’équation peut sembler simple : « il est important de maintenir des interprofessions fortes, quel que soit le secteur de production, en évitant toute condamnation de Bruxelles pour entente illicite ». Pour cela, les négociations interprofessionnelles ne doivent pas avoir lieu à l’échelle nationale mais à une échelle plus restreinte, en distinguant bien le rôle du syndicalisme de celui des interprofessions.
À propos de la politique d’installation, Christophe Buchet, président des JA réitère l’ultimatum lancé à Michel Barnier concernant la règlementation sur le nouveau parcours. Depuis plusieurs mois la signature des textes traine en longueur et bloque l’ensemble du dispositif au niveau départemental. M. Malvesin semble relativement optimiste quant à l’issue de ce problème et confirme que le budget 2008 de l’État permettra de financer la totalité des installations.
Retraites agricoles : il reste encore beaucoup à faire
En matière de retraites agricoles, Jean-Pierre Bailly, vice-président de la Section des anciens exploitants du Jura, considère les récentes annonces du Premier Ministre, comme « un premier pas, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs de la loi Fillon ». À ce jour, trois possibilités sont à l’étude : création d’une taxe, augmentation des cotisations ou augmentation du déficit du fonds de financement des retraites. M. Malvesin rappelle que le Président de la République s’est engagé à remettre à niveau les retraites agricoles au cours de son mandat. Nul doute que la section des anciens exploitants saura lui rappeler régulièrement.
Enfin, problème récurrent pour lequel aucune solution financière sérieuse n’a été proposée par les services de l’État : l’indemnisation des pisciculteurs d’étang pour les dégâts de cormorans. Un dossier sera transmis à l’Elysée dans les meilleurs délais pour tenter de faire évoluer la situation.
Sur la forme, chacun a pu apprécier le caractère franc et direct de l’échange. Sur le fonds, ce n’est qu’au terme des différents rendez-vous qui auront lieu dans les semaines à venir qu’il sera possible de juger concrètement si les actes sont à la hauteur de l’ambition affichée.
Une motion des viticulteurs
En parallèle à cette initiative syndicale de la FDSEA et des JA, la Société de viticulture du Jura, par l’intermédiaire de son président Alain Baud, a remis au Président de la République, la motion votée 48 heures plus tôt, lui demandant de résoudre au plus vite l'insécurité dans laquelle se trouve la filière face au vide juridique concernant la publicité des vins sur internet.
Selon vous, la crise financière actuelle aura-t-elle un impact sur l'agriculture ?






