Des situations contrastées
Ensilage maïs
Jura agricole et rural
Publié le: 25 septembre 2008
Page 7
|
Pour obtenir une valeur alimentaire intéressante, l’idéal est de récolter entre 30 et 35 % de matière sèche, c’est-à-dire quand les épis sont un tiers laiteux, un tiers pâteux, un tiers vitreux |
La météorologie a compliqué la culture du maïs en 2008 : fraîcheur et humidité pendant la première décade de mai, pluviométrie très supérieure à la normale au début du cycle, et risques de gelées dès la mi-septembre…
Nous sommes globalement dans une année à potentiel plutôt élevé, mais avec une très forte hétérogénéité, note Jean-Claude David, de la coopérative Interval.
Premier élément déterminant, la date de semis : jusqu’au 5-6 mai on a de très beaux maïs, ceux qui ont été faits du 10 au 15 sont plutôt en retard. Dans la période intermédiaire, où la levée s’est faite dans des conditions venteuses et froides, il y a beaucoup d’irrégularité et des phénomènes de double levée. Certains se sont affolés de ne pas pouvoir semer tôt et ont travaillé en conditions humides, ce qui a dégradé la structure des sols… » Pour ne rien arranger, l’importante pluviométrie des mois d’avril, mai et juin a créé localement des problèmes d’hydromorphie qui ont freiné le développement de la culture.
« Maintenant en fin de cycle on voit apparaître de l’helminthosporiose, et encore plus inquiétant, un risque de gel (-2°C à Langres en début de semaine). Sur une parcelle gelée, la seule chose à faire est d’ensiler dans les trois jours, quel que soit le stade, avec toutes les difficultés d’organisation de chantier que cela pose. » Dans les zones basses du Jura et le Graylois, les variétés précoces semées début mai ont déjà atteint le stade optimal de récolte. Ailleurs, les teneurs en matière sèche évoluent doucement, freinées par les températures basses. « Pour les semis tardifs des zones plus froides de la région, on devrait arriver à maturité autour du 25 septembre. »
Stade optimal de récolte
L’ensilage de maïs permet de réaliser d’importants stocks de fourrage. Cette technique nécessite cependant, pour être pleinement efficace, de respecter un certain nombre de précautions, notamment à partir de la récolte : stade de récolte, organisation du chantier, taux de matière sèche, stockage étanche…
L’ensilage de maïs permet de réaliser d’importants stocks de fourrage. Cette technique nécessite cependant, pour être pleinement efficace, de respecter un certain nombre de précautions, notamment à partir de la récolte : stade de récolte, organisation du chantier, taux de matière sèche, stockage étanche…
Difficile, Compte tenu des difficultés climatiques évoquées plus haut, et notamment du risque de gel, de parler de « stade optimal » de récolte. Pourtant c’est entre 30 et 35 % de matière sèche « plante entière » que le maïs fourrage offre le meilleur compromis entre productivité, sécurité de la récolte, intégrité maximale de la tige, conservation optimale, avec un niveau d’ingestion élevé qui permet une forte production de lait ou de viande.
En dessous de 30 %, le niveau de rendement est plus faible, et surtout les quantités ingérées chutent : une vache laitière n’est capable d’ingérer qu’une douzaine de kilos d’ensilage maïs à 25 %, contre 18 à 20 à 35 % de MS. Au-delà de 35 %, la limite est plus technique qu’alimentaire : le silo est plus délicat à tasser, et la conservation plus difficile. 30 à 35 % est donc le niveau de matière sèche qu’il faut viser, et pour cela l’observation des différents types d’amidon lors du remplissage du grain est un précieux indicateur. Mais cette année les cas particuliers sont nombreux. Les décisions de récolte sont alors à adapter à chaque situation.
Les maïs desséchés pauvres en grains doivent être récoltés rapidement : l’ensemble des plantes ne peut que continuer à se dessécher. Les maïs en retard risquent de ne jamais atteindre le stade favorable risque de ne jamais être atteint : il faudra ensiler avant le risque d’éventuelle gelée.
Organisation du chantier
L’organisation du chantier d’ensilage est primordiale : toute interruption au moment de mise en silo favorise en effet le développement d’organismes nuisibles. Le principe du procédé repose sur un stockage étanche et en anaérobiose. Une fois le silo tassé et refermé, l’acidification doit être rapide et suffisante (pH < 4), ce qui limite les risques de post-fermentation. Le tassement régulier permet de chasser un maximum d’air pour provoquer la fermentation. La fermeture hermétique bloque les échanges avec l’air atmosphérique : il faut garder à l’esprit que les levures et les moisissures ne se développent qu’en présence d’oxygène.
Récolte : déterminer le stade optimal
Dans le cas du maïs, l’apparence de la plante entière peut être trompeuse et notamment des feuillages bien verts peuvent induire en erreur. L’examen d’une vingtaine d’épis consécutifs sur trois rangs contigus permet de se faire une bonne idée du stade moyen atteint. Les épis sont coupés en deux dans le sens de la longueur. L’observation des grains du côté de la pointe de l’épi permet de repérer les différents types d’amidon. Le remplissage d’amidon dans le grain se fait progressivement et les différents types d’amidon sont repérables par leur couleur : jaune foncé pour l’amidon vitreux, jaune clair pour l’amidon farineux et blanchâtre pour l’amidon laiteux, blanchâtre.
Pour les variétés cornées, l’apparition de l’amidon vitreux à la périphérie du grain est le premier indice sérieux : le taux de matière sèche « plante entière » se situe alors autour de 25 à 26 %. Pour les variétés demi-tardives et tardives, à grains dentés, le stade de 25 à 26 % de matière sèche est atteint lorsque la dépression caractéristique du grain denté apparaît au sommet du grain.
Une répartition égale de l’amidon vitreux, de l’amidon farineux et de l’amidon laiteux correspond à un niveau de matière sèche « plante entière » de 32 %. Le niveau d’humidité du grain est alors de 45 %. Les spathes sont desséchées. Il n’y a plus qu’une ou deux feuilles vertes sous l’épi. C’est le stade optimal pour ensiler.
Une bonne connaissance des données météorologiques journalières ou historiques permet de suivre l’évolution de la matière sèche. En effet, les températures conditionnent l’évolution de la matière sèche. De 20 à 25 % de matière sèche, il faut 25 degré-jours pour gagner un point de matière sèche alors qu’il n’en faut que 24 lorsque la matière sèche se situe entre 25 et 30 % et seulement 20 lorsque l’on est entre 30 et 35 % de MS.
Autres articles associés
Archives
Newsletter GRATUITE
Articles les plus lus
Sondage
Selon vous, la crise financière actuelle aura-t-elle un impact sur l'agriculture ?






