«Dans l'intérêt de l'agriculture»
Point de vue de Luc Guyau
Jura agricole et rural
Publié le: 25 septembre 2008
Page 11
Président de la FNSEA à l’époque de l'affaire Unigrains, Luc Guyau ne regrette rien. Les actions qui ont été menées l’ont été avec l’accord des Pouvoirs publics et dans l’intérêt de l’agriculture française.
« On nous reproche d’avoir mis en place des mécanismes de solidarité et de promotion au sein de l’agriculture, depuis plus de 30 ans. Ce dont nous sommes fiers. On nous reproche également d’avoir cogéré ces fonds avec les Pouvoirs publics dans l’intérêt de l’agriculture. Pour ce qui me concerne, et dans les responsabilités que j’ai exercées en tant que président de la FNSEA, j’ai contribué à cette solidarité entre céréaliers et éleveurs et à la promotion de l’agriculture française. Notamment avec la création d’une cellule européenne à Bruxelles destinée à défendre les intérêts de l’agriculture vis-à-vis des instances européennes et vis-à-vis du Gatt, à l’époque.
Ce procès est certes celui de la solidarité et de la cogestion. Il est aussi celui d’élus professionnels qui ont pris leurs responsabilités pour des actions qui ont bénéficié à l’ensemble des agriculteurs, quelle que soit leur sensibilité syndicale. On parle beaucoup de ce soi-disant détournement de fonds au profit de la FNSEA, mais on passe sous silence toutes les autres actions auxquelles Unigrains a participé pour venir en aide aux agriculteurs. Je pense aux aides accordées aux agriculteurs sinistrés par des inondations, la sécheresse ou des crises économiques, dans le porc par exemple.
Nous avons demandé que les ministres soient entendus, dans la mesure où il s’agissait de la gestion de crédits d’État. D’ailleurs qu’ils soient de droite ou de gauche, aucune dépense n’a pu être engagée sans leur accord. Je ne comprendrais pas que des professionnels soient condamnés.
Les agriculteurs n’ont pas à douter, ni à rougir de leurs responsables professionnels. Ni d’ailleurs à regretter tout ce qui a été fait. Cette affaire ne doit pas être un frein à leur élan de solidarité. Et il n’y a aucune raison à ce qu’ils soient ébranlés dans la poursuite de leurs actions, d’autant que dans le contexte européen actuel et les échéances qui se présenteront à nous, nous avons plus que jamais besoin de cette solidarité pour défendre et promouvoir l’agriculture. »
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