Unanimité pour l'abattoir de Champagnole
Jura agricole et rural
Publié le: 02 octobre 2008
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À la tribune, de gauche à droite : Francis Blondieau, Dominique Chalumeaux, Patrick Elvezi, Jean Raquin et Esio Perrati |
Réouverture de l’abattoir de Champagnole-Equevillon, tracé de la branche sud de la ligne LGV… les dossiers d’actualité ont été au centre des débats de la dernière session de la chambre d’agriculture du Jura…
Ambiance de rentrée à la chambre d’agriculture du Jura qui, ce lundi siégeait en session ordinaire, à la Maison des agriculteurs à Lons-le-Saunier, sous la présidence de Dominique Chalumeaux. Une session où l’actualité a fait passer un peu au second plan la thématique retenue : la réforme des politiques publiques (voir l’éditorial de Dominique Chalumeaux en page une).
Et, parmi les dossiers brûlants de cette rentrée, celui de l’abattoir de Champagnole qui a motivé l’intervention déterminée de Gilles Tonnaire, lequel accuse l’administration « d’avoir cassé l’abattoir… »« Le 12 août, vous avez cassé le dynamisme local de l’agroalimentaire carné et ralenti, peut-être même enterré, le pôle agroalimentaire de Champagnole, lance-t-il à l’adresse du secrétaire général de la préfecture. L
es mêmes services qui ont préconisé et suivi l’élaboration de l’outil, l’ont fermé en brandissant le spectre du danger… comme si toutes les viandes issues d’Équevillon étaient impropres à la consommation ! Avec 4,5 millions d’euros pour huit mois de fonctionnement, avec la salle de découpe, c’est du gâchis, du gaspillage. C’est lamentable pour la profession et pour les contribuables… »
Un mois et demi étant passé depuis la fermeture, Gilles Tonnaire regrette qu’il n’y ait toujours pas de travaux et espère d’un nouveau projet de reprise…
Des propos repris par Frédéric Perrot, le président de la FDSEA du Jura qui a déposé une motion dénonçant « une décision dont les conséquences économiques sont catastrophiques pour les agriculteurs (une perte de 12 à 15 millions d’euros de valeur ajoutée), pour les acteurs économiques, les consommateurs locaux et les contribuables.»
Exigeant la réouverture immédiate de l’abattoir, la motion demande également que la chambre d’agriculture, la FDSEA, les JA et les autres organisations qui le souhaitent, soient systématiquement associées aux débats relatifs à cet abattoir, menés par le propriétaire du site : la communauté de communes Ain-Angillon. Cette motion a été votée à l’unanimité.
Échéance fin octobre…
Face à ces revendications, Francis Blondieau, le secrétaire général de la préfecture du Jura, a effectué quelques rappels : « L’agrément qui avait été donné à l’abattoir d’Équevillon était provisoire et renouvelable, pour éviter toute rupture… Des pistes de travail avaient été données par la DSV mais les conditions ne s’amélioraient pas ! L’inspection nationale du mois de juin a dressé un rapport ravageur et l’ordre est venu du ministère de fermer sans délai cet abattoir… » Le représentant de l’État a annoncé qu’un dialogue s’était installé entre le président de la communauté de communes et un nouvel exploitant sur les conditions de la poursuite de l’activité, le président de la communauté de communes s’étant donné jusqu’à la fin du mois d’octobre pour que le projet aboutisse… Et de souligner que « l’intérêt de tous était que cet abattoir rouvre vite et qu’il remplisse les conditions. Et il est bien évident que nous ne demanderons pas au nouvel exploitant de tout faire tout de suite. Mais il faudra qu’il s’engage sur un calendrier… »
Divergences sur la LGV sud
Autre dossier brûlant de l’actualité, celui de la banche sud de la LGV Rhin-Rhône qui a provoqué diverses interventions. Pour François Lavrut, « cette branche sud aura un impact très important sur le territoire et les décisions sont en train de se prendre actuellement. Pour qu’il y ait le moins d’impact possible, je souhaite qu’une large concertation soit engagée dès maintenant pour éviter que les problèmes ne se retrouvent au moment de la réalisation de la ligne… »
Autre dossier brûlant de l’actualité, celui de la banche sud de la LGV Rhin-Rhône qui a provoqué diverses interventions. Pour François Lavrut, « cette branche sud aura un impact très important sur le territoire et les décisions sont en train de se prendre actuellement. Pour qu’il y ait le moins d’impact possible, je souhaite qu’une large concertation soit engagée dès maintenant pour éviter que les problèmes ne se retrouvent au moment de la réalisation de la ligne… »
Roland Berthelier met en garde : « Ne croyez-pas que dans la région, il n’y a pas de réaction, pas de remise en cause des deux gares jurassiennes… » Et d’inviter à « défendre les anciens tracés qui pourraient être réutilisés intelligemment… » Le sénateur Gilbert Barbier redit son accord pour une gare sur le secteur de Dole, mais n’est pas « favorable à un tracé le long de l’A 39 car, de par les différences de sinuosité, les délaissés seraient trop importants ». Et de suggérer, en précisant que « les choses n’étaient pas définitives », que « les études se poursuivent pour un tracé plus à l’ouest, par le centre de la Bresse… »
Jean Raquin, le président du conseil général du Jura n’est pas de cet avis : « Je suis favorable à ce tracé, si on a les deux gares. Celle de la région de Lons est importante pour le Jura. Il y a danger avec la levée de boucliers de Courlaoux. Le président du conseil général de Saône-et-Loire a annoncé qu’il la prenait. Battons-nous pour avoir ces deux gares et mettons en place une convention pour devancer les événements et prévoir les mesures compensatoires… »
Ils ont dit
• Intervention assez inhabituelle que celle d’un groupe de salariés de la chambre qui, par la voix d’Éric Menouillard, voulait exprimer « la lassitude et la colère des salariés qui perdent du pouvoir d’achat ». Ceux-ci ont bénéficié d’une hausse de 1,6% du « point chambre » - indice de calcul des salaires – alors que l’inflation est prévue, pour l’année 2008, à 3,2% minimum. Ils déplorent que leur demande de renégociation se soit heurtée à une fin de non-recevoir. Ils demandent donc que dix points soient accordés à chaque salarié et que de nouvelles négociations soient ouvertes en ce sens.
• Frédéric Perrot, le président de la FDSEA, demande à la DDAF de « ne pas revenir en arrière » dans la redéfinition des cours d’eau dans le département. Il ne veut pas de cours d’eau qui génèrent de nouvelles bandes enherbées… Gérard Bailly insiste : « Nous avons une police de l’eau très sévère dans le Jura… Je souhaite que l’on dise où il doit y avoir des bandes enherbées et que ce soit clair pour tout le monde… » Et le sénateur « d’attendre les prochaines lois sur l’environnement pour que le sujet soit repris… et pour qu’on avance également sur le dossier des prédateurs. »
• Michel Cêtre qualifie d’« excessif » le projet d’arrêté de biotope définissant « les 3 000 hectares pour la protection des écrevisses à pattes blanches, dont 2 000 de SAU… On veut bien faire les choses, mais ne tirez pas trop sur la corde ! »
• Pour les céréaliers, Yves Camuset juge « optimistes » les chiffres présentés sur les bilans de campagne, par rapport aux résultats réels qui sont en train d’être établis et la chute des cours… Il déplore le retard de la procédure d’aménagement foncier pour la zone pilote de la Loue.
• Au nom des JA, Christophe Buchet évoque le nouveau parcours à l’installation et la volonté de réunir tous les partenaires de l’installation dans un même service. Il dit son souci avec le chamboulement des zones défavorisées et les répercussions sur les montants de DJA et prêts, qui concerneront beaucoup de jeunes…
• Outre le gaspillage des terres agricoles sur les projets de lignes à grande vitesse, Louis Bidaut dénonce certaines « aberrations », en particulier le montant d’impayés MSA : 52 600 euros de dettes, remontant à plus de vingt ans, pour un couple jurassien qui doit rembourser des pénalités plus élevées que les cotisations restant dues : « Même au nom de la solidarité, jusqu’où doit-on aller ? »
• Président du syndicat des propriétaires, Georges Vossot informe sur les nouveaux indices de calcul des fermages et dit son incompréhension face « au plan prévisionnel des risques d’inondation (PPRI) qui gèle l’extension des communes… »
•Pour le syndicat des agrobiologistes, Emmanuel Kovarik parle du développement du bio et de ses enjeux. Dans le Jura, l’objectif est d’augmenter la SAU bio de 6% en quatre ans, sur des productions comme les légumes, les fruits, le porc… « C’est réalisable si des moyens sont dégagés pour assurer l’accompagnement… »
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Frédéric Perrot a présenté la motion de la FDSEA et des JA exigeant la réouverture immédiate de l’abattoir de Champagnole-Équevillon |
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