Moderniser les réseaux d'irrigation
L'après-sucre dans le Centre-Est
Jura agricole et rural
Publié le: 02 octobre 2008
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« Le train est en train de passer. Après le 31 décembre, il sera trop tard pour faire financer des projets collectifs d'irrigation », alertent les responsables syndicaux Isabelle Pouget |
Un projet de création et de modernisation des réseaux d'irrigation s'ajoute aux projets de restructuration agro-industrielle du bassin betteravier du Centre-Est.
Les présidents des FDSEA et des syndicats d’irrigants du Jura, de Côte d’Or et de Saône-et-Loire ont invité les agriculteurs victimes de la fermeture de la sucrerie d’Aiserey à participer à une réunion de présentation de ce projet.
Le 24 septembre, à Champdivers, les producteurs du Jura ont pu saisir la portée du nouveau dispositif d’aide qui pourrait se mettre en place en faveur de l’irrigation. L’irrigation pour sécuriser l’approvisionnement des filières légumières dans le Centre-Est mais pas uniquement. Tous les projets portés par des groupes d’agriculteurs, voire même par trois ou quatre agriculteurs, anciens planteurs ou non, peuvent être présentés. L’idée est de passer d’une irrigation coûteuse en main-d’œuvre, en carburant et en temps, du fait de la manipulation des tuyaux d’arrosage et de l’utilisation de fuel pour les pompes, à un réseau de canalisations enterrées et une alimentation par des pompes collectives électrifiées.
L’achat de pivots et de rampes pourrait être envisagé pour améliorer l’efficience de l’eau apportée, quand le parcellaire le permet. Le regroupement de parcelles ou l’échange de parcelles devrait permettre un gain de temps et un meilleur amortissement du matériel agricole. Si l’on y ajoute l’aide à l’investissement liée à l’après-betterave, l’opération pourrait être très intéressante pour les irrigants. Un projet test est mené sur la commune de Chemin et des devis d’équipement seront proposés début octobre. Ils devraient permettre de mesurer plus précisément ce qui restera à la charge de l’agriculteur, déduction faite des aides.
« Le train est entrain de passer. Après le 31 décembre 2008, il sera trop tard », alertent Frédéric Perrot, président de la FDSEA et Frédéric Legrand, président du syndicat betteravier du Centre-Est. La possibilité d’utiliser une partie des fonds de reconversion européens pour des projets d’irrigation n’a été annoncée qu’à la fin de l’été et il faut rapidement se positionner pour ne pas voir le financement s’échapper vers d’autres régions, alors que le bassin du Centre-Est est le seul à avoir perdu définitivement sa production de betteraves. Concrètement, il s’agit dans un premier temps, de recenser un nombre de projets potentiels sur la zone pour les rendre éligibles aux fonds de restructuration européens. Des articles paraîtront dans « Le Jura agricole et Rural » et des réunions animées par un collectif Fdsea, chambre d’agriculture,
syndicat des irrigants et syndicat betteravier, se tiendront dans les communes de la vallée de la Loue et du Doubs. Tous les agriculteurs intéressés par des projets d’irrigation collective pourront y participer.
Oignons et pomme de terre
La coopérative Interval et Val Union sont également moteurs dans ce projet d’irrigation qui devrait sécuriser l’approvisionnement en légumes, localement.
Jean-Louis Baudard, président de Val Union compte aussi sur l’engagement de nouveaux producteurs en production d’oignons (+ 650 ha) et de pommes de terre (+ 100 ha) pour pérenniser les outils industriels, les prix étant plus attractifs cette année. « Climat, sol, irrigation, compétences... Nous avons tout pour réussir des productions à haute valeur ajoutée».
La coopérative Interval et Val Union sont également moteurs dans ce projet d’irrigation qui devrait sécuriser l’approvisionnement en légumes, localement.
Jean-Louis Baudard, président de Val Union compte aussi sur l’engagement de nouveaux producteurs en production d’oignons (+ 650 ha) et de pommes de terre (+ 100 ha) pour pérenniser les outils industriels, les prix étant plus attractifs cette année. « Climat, sol, irrigation, compétences... Nous avons tout pour réussir des productions à haute valeur ajoutée».
L’ASA du Bas-Mont (Côte-d’Or)
L’expérience de l’ASA du Bas Mont en Côte d’Or n’est pas totalement transposable dans le Jura car elle utilise des bassins de rétention d’eau et parce que les restrictions d’irrigation sont plus importantes en Côte d’Or.
Mais le principe de base est le même : accepter de gérer l’eau à plusieurs. « Il faut une bonne organisation collective, signale Bernard Paillet. Mais après, quelle facilité d’utilisation, quel gain de temps ! Nous évitons d’irriguer en pleine journée pendant les périodes critiques pour ne pas choquer les citadins, mais nous ne sommes plus restreints par le manque d’eau et nous arrivons à un débit de 60 m3/heure ». Les bassins de récupération d'eau, les 17 km de réseau enterré et les 10 pompes amènent l’eau de l’ASA du Bas Mont à un coût de 35 ct/m3 (subventions d’équipement déduites) , pour 270 hectares irrigués.
Quatre projets agro-industriels
Les projets de reconversion agro-industriels de la sucrerie d'Aiserey concernent la production de granulés pour chaudières à base de biomasse (Miscanthus, ...), une activité de déshydratation de luzerne et la reconversion d'une partie du site pour la meunerie conventionnelle et biologique avec Dijon Céréales, ainsi que la construction d'une usine de transformation de produits agricoles. Deux autres projets de diversification seraient éligibles aux aides de reconversion du bassin : l'accroissement de la production de légumes dans le Val de Saône avec un volet transformation (plats cuisinés, légumes express...) et enfin le projet d'Interval avec AFT plasturgie (matériaux composites à base de chanvre).
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