Le Jura Agricole et Rural
Deux approches qui rapprochent…
Système bio et conventionnel
Jura agricole et rural
Publié le:  02 octobre 2008
Page 7 

Les membres du GVA du pays des lacs, prêts à partager leurs expériences…

Le 26 novembre prochain, dans le cadre du festival des groupes organisé par la FNGEDA en Franche-Comté, un des 21 circuits thématiques proposés aux participants, sera consacré aux réflexions menées au sein d’un GVA par des adhérents qui, sur un même territoire, travaillent aussi bien en bio qu’en conventionnel…

Franck et Françoise Bérépion, Dominique Thiébaud, Béatrice Richard et Dominique Banderier adhèrent au GVA du Pays des lacs. Régulièrement, tous se retrouvent au sein du groupe. Pour travailler, pour partager leurs expériences, pour échanger…

Qu’est-ce qui vous rapproche, qu’est-ce qui vous éloigne ? La question leur est posée de manière quelque peu abrupte. Les réponses ne sont pas spontanées. Tous réfléchissent et commencent par évoquer leurs expériences respectives.

A Nogna, Dominique Thiébaud, la présidente du GVA, est installée en Gaec, avec sa sœur. Après le lait industriel, elle a entrepris une conversion en comté en 2006. Elle réalise un quota de 300 000 litres qui part à Entremont…

A Thoiria, Franck Bérépion avait repris l’exploitation familiale. En lait à comté, conventionnel… Jusqu’à cette année 1998 où, dans le même temps, il constitue une Earl et se convertit au bio. « C’est grâce à mon épouse qui n’est pas issue du milieu agricole, se souvient-il. Elle en avait assez de voir tous ces traitements phytos, cette chimie sur l’exploitation… C’est à ce moment que je me suis approché du groupe de Saint-Maurice qui organisait des formations à l’homéopathie… »

Sa capacité d’investissement étant limitée, Franck a alors opté pour un séchage en balles rondes, beaucoup moins onéreux que le séchage en vrac. La solution est satisfaisante. Il produit un quota de 180 000 litres qu’il livre à la fruitière jurassienne, coopérative qui travaille 2 millions de litres de lait bio dans son atelier de Saffloz. Outre un marché à l’exportation assez conséquent sur l’Allemagne, le comté bio est plutôt rare dans les linéaires de la grande distribution. On le retrouve essentiellement en crémeries et magasins spécialisés…

Sensibles aux arguments du bio
Au sein du groupe Franck côtoie Béatrice Richard, aujourd’hui vice-présidente du GVA. Elle est installée en Gaec avec son mari Jean, à Cogna. En conventionnel, ils produisent 300 000 litres de lait industriel qui sont livrés à Danone. Pour le séchage de leurs fourrages, ils ont choisi de sécher leur vrac par ventilation, les balles rondes étant laissées en séchage naturel. « Grâce aux contacts avec les autres membres du groupe, nous avons été sensibilisés aux arguments du bio, reconnaît Béatrice. Surtout en ce qui concerne les soins aux animaux. Nous avons même accueilli, chez nous, des formations en homéo, phyto et ostéo qui étaient ouvertes aux bios. Avec un peu de recul, je reconnais que ces contacts sont plutôt bons et  nous souhaiterions qu’ils se développent de plus en plus… »

Dominique Banderier est installé, depuis 2001, en conventionnel, à Denezières, un autre village de ce pays des lacs. Après être passé par le lait industriel, il s’est converti au lait à comté en 2001. Sur ses 90 hectares, il produit quelque 250 000 litres qui sont ensuite livrés à Entremont. Depuis cette conversion, il a installé un système de balles rondes séchées. « Mon objectif était d’améliorer la qualité de la ration de base, en introduisant de la luzerne, explique-t-il. J’ai voulu m’inspirer un peu du bio par rapport à certaines méthodes de soins ou à certaines techniques culturales. Mais je ne suis pas passé au bio, faute de temps. Je suis seul sur l’exploitation et le bio demande beaucoup plus de temps, plus de technicité, ne serait-ce que pour la surveillance et les soins aux animaux. En fait, je suis un peu un bio à temps partiel, selon comme ça se passe ! »

Une nécessaire ouverture
La conversation s’anime. Pour Franck, « le fossé est un peu dans la tête des gens. Certains ne sont pas prêts. Il faut qu’ils se lâchent, lâche-t-il, avec un clin d’œil en direction de Dominique. Ce qui est intéressant, c’est la façon de travailler. Car, économiquement, on gagne à peine plus en bio… ». Puisqu’il aborde l’aspect économique, Franck reconnaît aussi qu’ « il faut bien lier les deux bouts. Je ne suis pas un inconditionnel du bio. Et si je n’arrivais pas à gagner ma vie, je n’exclurais pas un retour au conventionnel ! »

La discussion se poursuit sur l’organisation des marchés du bio, sur le prix du lait bio, sur les outils de vente directe auxquels tous n’ont que très peu de temps à consacrer, sur l’installation de lieux de dépôt « pas évidente car nous sommes loin de tout… »
Dominique, la présidente, prend un peu de recul. « Dès qu’on rentre dans un groupe, on ne peut pas être un intégriste. Le conventionnel et le bio apportent quelque chose à chacun. Ils nous permettent de nous sortir la tête du guidon. Et comme nous ne pouvons pas être enfermés, voire obtus, le ton s’adoucit et tout le monde évolue… »

Tous en ont presque oublié ce qui sera le thème des visites de leurs exploitations respectives : le séchage des fourrages. Thierry pelletier, l’animateur du GVA, les interpelle. « C’est vrai que la qualité du fourrage est importante, constate Dominique Banderier. Nous avons tous le souci de donner du bon foin, que nous soyons en bio ou en conventionnel. Ce qui change, ce sont les techniques. En bio, on intègre des critères comme l’heure de fauche dans la journée, la composition florale des prairies, le nombre et les périodes de coupe qui justifient le choix des techniques de séchage… »
Des techniques que tous ne manqueront pas de présenter lors de la visite des participants au Festival des groupes. Une présentation qui ne sera sans doute qu’un point de départ pour d’autres échanges tout aussi enrichissants !
 
Le Festival des groupes est organisé par Trame – FNGeda (Fédération nationale des groupes de développement agricole et par la Fédération régionale des Geda de Franche-Comté avec le soutien du Conseil régional de Franche-Comté, du Conseil général du Jura et du compte d’affectation spéciale pour le développement agricole et rural. Cet événement est placé sous le haut patronage du ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

Le festival des groupes de développementagricole EN Franche-Comté
Des idées renouvelables, des projets durables


• 21 circuits thématiques agricoles sur toute la Franche-Comté : le 26 novembre
De la production porcine au cheval comtois en passant par les grandes cultures ou la production laitière. Des sujets innovants : les filières bois, bio, biomasse…
Une diversité de thèmes reflétant à la fois les particularités de cette région mais aussi les préoccupations transversales des agriculteurs : conditions de travail, bien-être, territoire, commercialisation ou mécanisation en commun.

• Des débats sur les enjeux de l’agriculture, des pistes pour le futur : le 27 novembre
Avec la participation de Bruno Parmentier, directeur de l’ESA d’Angers.
Un fil conducteur « Comment concilier exigences environnementales, objectifs économiques et enjeux sociaux à titre individuel et collectif ». Des débats sur l’évolution de l’associatif agricole, des itinéraires techniques innovants, la production d’énergies, le recyclage des déchets, le bien être humain sur les exploitations… S’appuyant sur les travaux des groupes de développement agricole.

• Des espaces de documentation et d’information alimentées par nos partenaires
Outils méthodologiques pour les agriculteurs, présentation de produits innovants, sensibilisation au changement de pratiques, prévention, sécurité, formation, outils de communication… pour faire son marché de bonnes idées. (Présentés par Trame, Vivea, l’Ademe, la MSA, Total).

• 1 000 participants attendus
Des agriculteurs issus des groupes de développement de toute la France, leurs animateurs, conseillers et techniciens, des élus locaux venus présenter leurs travaux et découvrir des projets innovants.

• Un Festival des groupes tout en vert
La FNGeda innove et organise « un éco-festival ». Afin d’être en cohérence avec les initiatives qu’elle va montrer aux agriculteurs au cours de ce festival, elle a décidé d’appliquer des mesures pour limiter l’impact de la manifestation sur l’environnement.

Retrouvez notre programme, le descriptif des circuits, nos partenaires et les conditions d’inscription sur www.fngeda.org

Informations pratiques sur le Festival des groupes sur www.fngeda.org.
Contact : Trame – FNGEDA, 6 rue de la Rochefoucauld, 75009 Paris. Tél. 01 44 95 08 21.


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