Le Jura Agricole et Rural
Les divergences européennes s'affichent
Réunion des ministres européens de l'Agriculture à Annecy
Jura agricole et rural
Publié le:  02 octobre 2008
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Michel Barnier est pressé de faire adopter le cadre de la réforme. Mais Mariann Fischer Boel estime que les discussions débutent seulement…

La réunion informelle des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne à Annecy a surtout montré les divergences profondes qui subsistent sur la Pac de l’après 2013. La commissaire Mariann Fischer Boel veut justifier le budget européen de l’agriculture alors que Michel Barnier estime qu’on parlera des moyens budgétaires lorsque les choix politiques auront

été faits.

À la mi-temps de la présidence française de l’Union européenne, le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier a réuni à Annecy les 22 et 23 septembre ses vingt-six collègues ministres de l’agriculture et Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne à l’Agriculture. Le ministre de l’Agriculture avait convié ses homologues européens sur ses terres savoyardes.

Entre les berges du lac d’Annecy et les alpages du Beaufort pour montrer « la réalité d’une agriculture difficile, volontariste, de qualité et durable » à laquelle il est attaché.

Trois approches idéologiques
Après deux jours d’échanges, Michel Barnier a dû se résoudre à reconnaître que les Vingt-sept « ne sont pas tous d’accord sur la Pac de l’après 2013 » telle que la propose la présidence française. Les clivages se cristallisent autour de trois conceptions : « vingt pays, veulent garder l’esprit de la Pac et mettre les hommes et les territoires en son centre. D’autres veulent y mettre les marchés et d’autres encore l’écologie et l’environnement », analyse le ministre de l’Agriculture.

Ces différences d’approches « idéologiques » se sont une nouvelle fois exprimées à Annecy. Seule la volonté des pays de l’Union européenne de conserver, après 2013, une politique agricole commune a réuni l’unanimité des pays. Sans définir toutefois le modèle agricole et alimentaire, les outils de régulation et le budget de cette Pac…
Budget agricole européen

Devant les journalistes, aux côtés de Michel Barnier qui ne voulait pas évoquer la question budgétaire « car ce n’est pas le moment », la commissaire européenne s’est interrogée sur les moyens qu’il faudra dégager pour financer des politiques européennes stratégiques comme celle de la recherche et du développement « et nous devrons expliquer pourquoi nous avons besoin d’argent public pour l’agriculture ». Sur la question laitière, Mariann Fischer Boel tranche : « il n’y aura pas de nouveau budget pour le secteur laitier » et si l’élevage doit disposer de nouveaux moyens, « ils viendront de la modulation ».

Calendrier serré
À Annecy, Michel Barnier a fait l’amer constat que les propositions de la France sur la Pac ne recueillent pas une large approbation européenne. Il fait ses comptes et s’en remet aux règles de fonctionnement de l’Union en rappelant qu’il suffit « de la majorité qualifiée pour adopter la réforme de la Pac ». C’est déjà renoncer à convaincre tous les Etats de l’Union européenne et à se préparer à de douloureux compromis.

Les prochains rendez-vous sont fixés. Ils auront lieu à la mi-novembre, avec, le 19 novembre, un débat au Parlement européen sur les propositions de la présidence française et, dans la foulée, une nouvelle réunion des ministres de l’Agriculture. Michel Barnier est pressé de faire adopter le cadre de la réforme qu’il propose avant la fin de la présidence française et Marianne Fischer Boel prend son temps : « nous ne sommes qu’aux débuts des discussions » et semble privilégier un autre calendrier qui lui donnerait une présidence moins influente. Le ministre de l’Agriculture tchèque, Petr Gandolovic, succédera au 1er janvier 2009 à Michel Barnier. Il espère que la question sur l’avenir de la Pac sera « tranchée avant la fin de l’année ».

Sans trop y croire cependant, puisqu’il annonce, pour le premier semestre 2009, une nouvelle réunion sur la Pac, chez lui, en République tchèque.


Vous avez dit ciblage ?
Au cours de la réunion de travail des ministres de l’Agriculture à Annecy, un nouveau terme, comme l’Europe sait en produire, est apparu dans la perspective de la politique agricole pour l’après 2013 : le ciblage. La nouvelle politique agricole serait, selon la commissaire Marian Fischer Boel, « découplée et ciblée ». La question est de savoir ce que l’on met dans le terme ciblage. Pour Michel Barnier, « si le ciblage consiste à mieux prendre en compte les secteurs de production comme l’élevage ou les ovins, je ne suis pas contre ».�

 

Michel Barnier a souhaité, sur ses terres savoyardes, montrer la réalité d’une agriculture difficile à ses vingt-sept collègues


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