Le Jura Agricole et Rural
Un objectif minimum de 7 000 hectares
Irrigation en réseaux
Jura agricole et rural
Publié le:  13 octobre 2008
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«Les planteurs qui ont dû arrêter la betterave vont bientôt recevoir l'aide européenne liée à cet arrêt. Pourquoi ne pas l'orienter vers un investissement d'avenir ?»

Emmanuel Schouvey, responsable du syndicat betteravier du Centre-Est, est membre de la commission qui travaille sur les projets «après sucre». La modernisation et la création de réseaux d’irrigation en font partie.

Connaît-on les taux de subventions pour ces investissements ?

E S : Ils seront sans doute définis selon le nombre de dossiers déposés. Nous espérons 6 à 8 millions d’euros pour la reconversion industrielle du bassin betteravier Centre-Est. Les financements pour l’équipement et la modernisation des réseaux d’irrigation viendraient s’ajouter à ce montant. Ils devront être très incitatifs pour que les agriculteurs sautent le pas et s’équipent. Il faut utiliser les fonds européens disponibles car ce n’est qu’un juste retour des choses pour notre région.

Les agriculteurs intéressés devront-ils se décider rapidement ?
E S : L’important est de connaître le nombre de projets, sans entrer tout de suite dans les aspects techniques. L’idée est qu’en 2010 nous puissions avoir fini d’installer ces sites de pompages électrifiés dans le Jura avec des réseaux enterrés. Nous devrons sans doute passer par des systèmes collectifs (ASA, Cuma) pour mutualiser les coûts.

Quels avantages apportent les réseaux enterrés ?

E S : Une irrigation avec pompage électrique et réseaux enterrés est plus facile à mettre en œuvre et permet d’intervenir au bon moment, ce qui est essentiel pour la gestion de la ressource en eau, et en particulier pour les cultures légumières. Un défaut d’irrigation peut faire perdre plusieurs tonnes de légumes. Là, nous n’aurons plus de concurrence entre les travaux, surtout en période de moisson, et nous aurons une meilleure efficience de l’eau apportée. Ces arguments sont valables pour d’autres productions. Nous pourrions valoriser nos terres argilo-calcaires ou certains limons blancs drainés en apportant juste ce qu’il faut d’eau. Le maïs est une culture traditionnelle et importante pour les éleveurs de la plaine qu’il faut consolider. Dans la région de Bletterans, qui n’irrigue pas encore, il existe une opportunité avec des légumes de plein champ pour répondre à la demande de la ville de Lons.

Le parcellaire émietté peut être un frein...

E S : Amener un projet porteur peut servir de déclic pour faire un aménagement parcellaire. Des devis sont en cours de réalisation avec deux projets fictifs d’irrigation enterrée, un de 200 ha et un de 300 ha, avec plusieurs options : avec des canalisations primaires en se projetant sur la réalisation d’un aménagement foncier dans les 15 à 20 ans qui viennent ; ou, deuxième option, des canalisations secondaires pour desservir toutes les petites parcelles, avec des bouches d'irrigation tous les 100 mètres. Il serait intéressant de comparer le gain réalisé également au niveau du matériel agricole entre deux parcelles de 25 ha et une seule de 50 ha. Les économies réalisées vont peut-être faire réfléchir ceux qui refusaient des regroupement ou des échanges de parcelles jusqu'ici.

Quels sont les agriculteurs concernés par ce projet ?

E S : Ce projet d’irrigation ainsi que les projets de restructuration industriels et de diversification suite à l’’arrêt de la sucrerie concernent tous les agri-
culteurs des plaines du Jura, de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire, ce qui correspond aux vallées de Saône, du Doubs et de la Loue. Sur 30 000 hectares de surfaces irrigables, l'objectif est d’arriver au minimum à 6 000 - 7 000 hectares irrigués. Nous en sommes actuellement à 4 500 - 5 000 ha par an, notamment en légumes qui représentent environ 3 000 ha. Jusqu’à l’année dernière, nous avions également 2 500 ha de betteraves irrigués.


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