Michel Barnier sauve des priorités
Budget agricole
Jura agricole et rural
Publié le: 13 octobre 2008
Page 12
« Nous prenons notre part de la rigueur », a expliqué le ministre de l’Agriculture Michel Barnier en présentant le 26 septembre les grandes lignes de son budget pour 2009. « Je ne m’en réjouis pas mais j’ai essayé de donner un sens à tout cela ».
L’agriculture paie sa part d’un budget de crise pour la France, selon le propre terme utilisé par le Président de la République.
Avec 5,04 milliards d’euros, soit une hausse de 2,4 % des crédits de paiement (dépenses effectivement engagées sur l’année) cela devrait représenter une stabilité globale en euros réels (inflation à environ 2 % selon le gouvernement pour 2009).
Après 4,92 milliards en 2008 le plafond des crédits du ministère devrait ultérieurement évoluer en baisse. De fait, une nouvelle fois, les agents publics vont payer leur écot à la politique de redressement des finances de l’État : 550 postes seront supprimés via des départs à la retraite non remplacés, a annoncé le ministre, auxquels s’ajouteront une centaine de postes de vacataires non renouvelés.
Autres dépenses fortement réduites ou supprimées : le financement de l’hydraulique publique, les dépenses de traitement et de stockage des farines animales, les subventions aux Adasea qui sont en voie de regroupement, les préretraites… Les autorisations d’engagement (limites supérieures de dépenses, éventuellement reportables sur les années suivantes) sont elles aussi en baisse, de 6,7 % et atteignent 4,8 milliards d’euros. La réduction ou la maîtrise de ces dépenses permet de définir des priorités pour 2009.
C’est d’abord le renouvellement des générations et donc l’installation des jeunes. Le budget est en hausse de 13 % soit 152 millions d’euros contre 134 en 2008. Ces crédits d’installation (stages, prêts installation, dotation JA, FICIA…) représenteront ensuite 157 Meuros en 2010 et 163 Meuros en 2011. Dès 2009 sera mis en place le nouveau parcours à l’installation (PPP).
Autre priorité, le bio. Sur le plan fiscal, le crédit d’impôt en faveur de l’agriculture bio sera déplafonné, c’est-à-dire qu’il pourra passer de 1 200 euros/an à 2 400 euros, majoré de 400 eur/ha cultivé en bio. Un dispositif qui s’appliquera sur les impôts dus au titre de 2009. De plus, 3 millions d’euros par an sur cinq ans seront consacrés au fonds de structuration des filières bio et 12 millions à la mise en œuvre du plan de développement lancé il y a un an.
Toujours dans le domaine environnemental, Michel Barnier a confirmé le doublement de la taxe sur les phytos d’ici trois ans, dans la lignée des mesures liées au Grenelle de l’environnement. Le fruit de cette augmentation devrait représenter 33 millions en 2009, 54 millions en 2010 et 37,5 millions en 2011. Cette somme restera au sein du monde agricole et financera la certification des exploitations, des dispositifs de veille des cultures ou encore les diagnostics énergétiques des fermes (100 000 prévus). Autre priorité de Michel Barnier, la gestion des crises et des aléas. Le Fonds national de garantie contre les calamités agricoles (FNGCA) bénéficiera d’une dotation initiale.
Le Fac (Fonds d’allégement des charges) et la procédure Agridiff verront leur dotation augmenter de 4 millions d’euros. Le dispositif d’incitation à l’assurance récolte sera également augmenté.
Concernant la FCO, Michel Barnier a annoncé que les efforts seront prolongés en 2009, tant pour la vaccination des animaux que pour l’indemnisation des exploitants.
La recherche et l’enseignement connaissent également des augmentations de crédit. Le budget d’investissement pour la recherche et l’enseignement supérieur est en hausse de 7 %.
Sur le plan social, enfin, le ministre de l’Agriculture a rappelé les récentes augmentations de retraite et la mise en place du minimum retraite égal au minimum vieillesse. L’État s’engage à reprendre à son compte la dette du Ffipsa (7,5 milliards d’euros).
« Une apparence trompeuse », selon la FNSEA
« Les changements de présentation n’y peuvent rien, l’optimisme de Michel Barnier non plus : le budget de l’agriculture est bel et bien en baisse sur le moyen terme », estime la FNSEA dans un communiqué diffusé le 26 septembre après la présentation du budget de l’agriculture. Selon elle, « malgré une hausse pour 2009 », le budget du ministère de l’Agriculture et de la Pêche « est bel et bien en baisse sur le moyen terme ». « La hausse annoncée pour cette année de 2,4 % n’est qu’une apparence trompeuse », selon le syndicat qui dit « ne pouvoir être d’accord avec un tel budget ». « Insuffisant pour préparer l’avenir », le syndicat « attend des moyens pour moderniser notre agriculture » et permettre aux éleveurs « de traverser une crise très difficile ». Concernant la suppression de la défiscalisation des biocarburants, cette décision est « incompréhensible », selon Philippe Tillous-Borde, président de Diester Industrie et DG de la Fop (fédération des oléoprotéagineux), car elle ne pourra que « favoriser les importations en provenance d’Argentine et des États-Unis, qui eux subventionnent leurs exportations de biocarburants ».
Jeunes agriculteurs : l’installation « grande gagnante »
« Grande gagnante du budget, affirment les Jeunes agriculteurs dans un communiqué l’aide à l’installation des jeunes en agriculture bénéficie, malgré l’austérité générale, d’un montant en hausse (13,3 %) de ses crédits, soit 149 millions d’euros contre 134 millions l’an dernier ». C’est donc, selon le président de JA William Villeneuve, un budget « porteur d’avenir. » Il permettra notamment de mettre en place le nouveau Plan de professionnalisation personnalisé (PPP) pour augmenter la part d’installations aidées parmi 10 000 déclarées chaque année. Il garantit également, selon JA, une enveloppe de prêts bonifiés à l’installation stabilisée à hauteur de 130 millions d’euros par an sur la période 2009-2011. « Tout comme l’enveloppe consacrée à la Dotation aux jeunes agriculteurs (DJA) adaptée pour répondre au regain d’installations attendu. »
Autres articles associés
Archives
Newsletter GRATUITE
Articles les plus lus
Sondage
Selon vous, la crise financière actuelle aura-t-elle un impact sur l'agriculture ?






