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Les GDS comtois interpellent le ministre de l'Agriculture
Stratégie FCO de l'État
Jura agricole et rural
Publié le:  05 novembre 2008
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Alors que la vaccination contre la FCO est annoncée depuis plusieurs mois comme devant devenir obligatoire à partir de novembre 2008, malgré les nombreuses questions posées par les GDS, la stratégie de l’État reste peu lisible et les modalités organisationnelles non définies. Les GDS de Franche-Comté interpellent donc l’État au travers d’un courrier qu’ils adressent au ministre de l’Agriculture et dont le contenu est reproduit ci-dessous.

Depuis plusieurs mois déjà, la vaccination contre la FCO est annoncée comme devant devenir obligatoire à partir de la campagne 2008/2009.
 
Les GDS se sont dès lors interrogés sur cette décision.En divers lieux, ils ont fait état de leurs interrogations à l’égard d’une stratégie dont ils perçoivent mal la lisibilité et dont les objectifs ne leur semblent pas clairement posés.

Après l’annonce de la détection du sérotype 6 aux Pays-Bas et la découverte d’un foyer de sérotype 1 en Bretagne, les GDS de Franche-Comté souhaitent interpeller plus directement l’État afin qu’il clarifie les objectifs assignés à sa stratégie de rendre obligatoire la vaccination contre les sérotypes 1 et 8 de ce mois de novembre.

Nous le faisons modestement au travers d’une liste de nos principales interrogations.

• L’objectif français est-il l’éradication ? Qu’en est-il au niveau de l’Union européenne ?
• L’éradication est-elle possible ? Nos connaissances actuelles, limitées, notamment vis-à-vis des différents vecteurs, permettent-elles de le dire ? Contre combien des 24 sérotypes existants faudra-t-il vacciner, pour peu que des vaccins soient disponibles et administrables dans des conditions acceptables sur le terrain ?
• Si c’est l’objectif affiché, quels indicateurs a-t-il été prévu de mettre en place concomitamment avec la vaccination obligatoire pour suivre l’efficacité de la stratégie et permettre, le cas échéant, de la modifier ?
• Les études réalisées sur les vaccins disponibles permettent-elles d’assurer qu’ils arrêteront la circulation virale et pas seulement l’expression des symptômes ?
• La faiblesse du recensement des détenteurs non professionnels de petits ruminants n’est-elle pas un handicap à prendre au sérieux ?
• Quelles dispositions l’État (ou plutôt l’UE) met-il en œuvre pour limiter considérablement le risque d’apparition (ou de réapparition si l’éradication est obtenue) de sérotypes sur son territoire ?
• La FCO n’étant pas une zoonose, il est légitime de s’interroger sur l’absence d’étude portant sur le rapport coût/bénéfice de la stratégie d’éradication. Au bout de combien d’années sans FCO et sans vaccination, l’investissement aura-t-il été rentable ?
• L’immunité acquise après l’infection naturelle a-t-elle été prise suffisamment en compte ?
• L’évolution de la réglementation européenne permettra-t-elle de combiner vaccination obligatoire et liberté de circulation des animaux ?
• Des stocks vaccinaux sont-ils constitués pour anticiper l’apparition potentielle des sérotypes aux portes de la France métropolitaine ?
• Est-il envisageable de prévoir une éradication (et la certification commerciale) sans assurer la traçabilité individuelle informatique des animaux vaccinés et de s’en remettre uniquement à une traçabilité manuscrite sur le passeport ?

Nous ne disposons pas nécessairement des réponses à cette sélection de questions et n’attendons pas que l’État y répondent dès aujourd’hui. Mais au minimum, nous souhaiterions l’entendre se les poser ! Or nous avons le sentiment qu’il reproduit plutôt des schémas de lutte pour une maladie qui n’a rien à voir avec les Maladies réputées contagieuses « historiques ».

Autant les GDS de Franche-Comté ont été en première ligne – les enquêtes montrent que nous avons eu raison – pour inciter les éleveurs à vacciner cet été dans l’objectif de protéger les troupeaux de la maladie, autant ils restent circonspects sur le contexte de la prise de la décision de l’État.

Atténuer l’impact sanitaire était notre premier objectif. Il est localement atteint. Une deuxième phase s’engage désormais. Entre le « vivre avec » et l’éradication, le choix nécessite beaucoup de réflexion. Ne tenant d’aucune idéologie, nous ne sommes opposés ni à l’une ni à l’autre de ces alternatives. Nous souhaiterions seulement que les décisions soient réfléchies, étayées et mises en perspective. Ce n’est pour l’instant pas le cas.

Enfin, il nous apparaît nécessaire que la communication sur les objectifs recherchés et les modalités pratiques intervienne rapidement avec toutes les précisions requises pour assurer la meilleure organisation possible.

Signé : les présidents des GDS de Franche-Comté : Jean-Pierre Jacquemin (GDS du Doubs), Claude Métraille (GDS du Jura), Claude Sperka (GDS de Haute-Saône), Bruno Crave (GDS du Territoire de Belfort)




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