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Le CIGC est là pour gérer l’AOC et ses membres nommés par décret ministériel sur proposition des différents collèges seront renouvelés début 2009 |
Il est indispensable que nous puissions échanger avec le CIGC sur les préoccupations de terrain et sur les orientations prises par l’interprofession concernant le plan de contrôles, le décret, le prochain plan de campagne... » précise Alain Mathieu, président de la FDCL 39. Une nécessité qui a poussé les FDCL du Jura et du Doubs à organiser trois réunions le 20 octobre à Valdahon, le 27 octobre à Censeau et le 30 octobre à Poligny, avec la participation des représentants du CIGC et les responsables des coopératives. Claude Vermot-Desroches ne s’en cache pas : « l’interprofession du comté souffre du manque de rencontres avec les producteurs ». Pour le président du CIGC, ces réunions doivent permettre de renouer le dialogue et d’ouvrir le débat sur l’avenir de la filière comté.
Craintes sur les stocks
Les indicateurs du comté sont bons avec +4% de vente sur les 12 derniers mois et une MPN qui franchit la barre des 6 euros le kilo, soit une augmentation de +8,7% par rapport à l’année d’avant. « Le système porte ses fruits, même si l’on a le sentiment que cette hausse arrive trop tard », explique Claude Vermot-Desroches. Mais il ne faut pas se réjouir trop vite. « Les stocks actuels ne permettent pas de satisfaire toutes les demandes et le comté risque de perdre des parts de marché », alerte le président du CIGC. « Il ne faut pas se cacher les difficultés, estime Alain Mathieu. Le potentiel de production de la filière peut nous faire basculer très rapidement d’une situation de sous-stock à une situation de sur-stock !»
Rester sur le fil
Le CIGC crierait-il trop souvent au loup pour freiner la production ? Les producteurs constatent pourtant la capacité de la filière à augmenter la production et les ventes en parallèle. 47% des ménages français consomment du comté à un prix moyen de 11 euros le kilo (prix 2006). Difficile de faire plus, analysent les représentants du CIGC, à moins de prendre la place d’un autre fromage ou de baisser les prix. L’export offre des perspectives mais ne représente que 5 à 6% de la production et s’appuie sur un créneau haut de gamme. « Les évolutions du décret avec la limitation de la production à l’hectare et l’augmentation de la qualité vont d’ailleurs dans ce sens », précise Claude Vermot-Desroches.
« Le rôle de l’interprofession est d’éviter les crises. La situation idéale est de rester toujours sur le fil, de coller au marché », précise Jean-Jacques Bret, directeur du CIGC.
Un revenu en baisse
Les producteurs s’interrogent sur la répartition de la valeur ajoutée : « la réussite de la filière ne se traduit pas toujours sur la fiche de paie », constatent-ils amers. « Nous sommes dans un contexte de contractualisation avec un système qui évolue sans cesse depuis 40 ans et qui peut être appelé à évoluer encore », note le président du CIGC. Le renforcement du cahier des charges et l’augmentation des contrôles sont d’autant plus difficiles à accepter par les producteurs que leur revenu est en baisse. « Le cahier des charges traduit dans l’opinion publique le sérieux de notre AOC, argumente le président du CIGC. Limiter la consommation de concentré met en valeur l’herbe dans l’alimentation et n’a pas pour objectif d’aller contre les élevages qui recherchent la performance et pratiquent la sélection avec de super-troupeaux. Eux aussi roulent pour la profession et s’y retrouvent en vendant leurs bêtes pour la reproduction ».
Faut-il faire évoluer le cahier des charges pour faire face aux problèmes de récolte des fourrages en qualité et en quantité ? Mélasse, enrubanné... Le cahier des charges du comté est strict et continue d’interdire leur utilisation dans les ateliers laitiers. « Nous avons fait le choix de ne pas créer la suspicion dans l’esprit du consommateur tout en nous appuyant sur des avis techniques. Nous observons également un débat au sein des AOC fromagères françaises avec un recul des aliments fermentés », signale au passage Claude Vermot-Desroches.
Enfin, les producteurs s’inquiètent du poids de la grande distribution et des conséquences de la loi de modernisation de l’économie, demandant au CIGC de « peser pour faire évoluer la loi ».
La rencontre s’est terminée sur une présentation rapide du nouveau plan de contrôle des AOC qui fera l’objet de réunions d’information et du plan de campagne 2009-2010 actuellement en cours de discussion.
n Campagne laitière
Concernant la campagne laitière en cours, pour atteindre le quota de production lait, il faut que la moyenne de production des six derniers mois progresse de 7,5% dans le Jura et de 3% dans le Doubs ( hausse calculée par rapport à la moyenne de production des trois dernières campagnes et intégrant les 2,5% d'attribution de quota supplémentaire).
n L’après-quota
Le plan de campagne et la notion de « référence laitière comté à l’hectare » qui devrait se mettre en place dès que les quotas auront disparu, sont des verrous pour contingenter la production dans la filière et éviter, tant que possible, les crises qui sont plus souvent dues à des sur-stocks qu’à une pénurie de fromage. Cette « référence laitière comté» pourra être amenée à évoluer selon le marché.
La production par exploitation n’étant plus limitée, il sera nécessaire de trouver des débouchés pour le lait produit au-delà du litrage AOC. « Si l’on produit trop, il existe un risque de déstabiliser les marchés et de tirer le prix du lait vers le bas », remarque le président du CIGC.


