Économie d'énergie dans les serres
Le système hypocauste à l'étude
Jura agricole et rural
Publié le: 05 novembre 2008
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La recherche de l’utilisation d’énergies renouvelables dans les serres est plus que jamais d’actualité. Redistribuer la chaleur issue du soleil au moment opportun dans les serres, c’est-à-dire être en mesure de la stocker, tel est le principe du projet pilote national qui sera réalisé sur le site de Gonthier Horticulture, à Albertville.
Pour l’horticulture, l’emploi énergétique dominant pour les serres est le chauffage au gaz et, assez fréquemment, le fuel.
La préoccupation se faisant plus pressante en ce qui concerne l’emploi de cette énergie fossile a accéléré la réflexion des professionnels même si, pour l’heure, les applications restent encore souvent à l’état de projets à concrétiser. Ainsi, dans les départements de Savoie et de Haute-Savoie, la filière indique que des projets sont d’actualité mais pas encore réalisés.
Jean-Philippe Martinet, associé à son épouse Annie au sein de l’entreprise Gonthier Horticulture basée à Albertville, dans la plaine de Conflans, a engagé une réflexion importante sur le sujet, bien conscient que l’emploi d’énergies renouvelables pour la culture horticole constituait une orientation à examiner de près. « Nous avons ici une surface de 11 000 m2 de serres, sous lesquelles sont cultivées quelque 1 000 variétés de fleurs et plantes à massif, selon une articulation saisonnière », explique-t-il.
Chaque année, un total de 450 000 plantes est produit : primevères, pensées, bégonias, géraniums, chrysanthèmes, cyclamens, bisannuelles… « Ce qui est important, souligne-t-il, c’est de bien comprendre ce que veut le consommateur. Nos critères de production sont donc orientés selon les segments de notre marché. L’entreprise se positionne sur une production de haute qualité. Nos deux marchés essentiels sont les particuliers et les collectivités. Seule exception dans l’année : la période de la Toussaint où notre production est également orientée vers les commerces ».
Un site pilote sur 2 000 m2
Pour lui, la démarche de développement durable ne peut être désolidarisée de l’analyse globale économique et technique de l’entreprise, des questions d’organisation rationnelle du travail, des évolutions possibles en terme de pratiques agronomiques, des impératifs de rentabilité. Le recyclage de l’eau d’arrosage sans effluent, la récupération des eaux de pluie, la PBI ont été adoptés depuis longtemps ici.
Le projet de rénover 2 000 m2 de tunnels obsolètes a donné lieu à une réflexion approfondie sur la problématique du chauffage des serres. Quelle méthode de chauffage autre que le gaz adopter ? Pour cerner une piste, direction la Suisse, et précisément le Valais où il a été possible d’observer le fonctionnement d’une installation via l’utilisation de l’énergie solaire par redistribution selon le principe « échangeur air-sol ». Il s’agit d’un système de tubes enterrés sous la surface cimentée des serres (film double latéral et en toiture) avec une circulation de l’air chaud capté et stocké assurée par des ventilateurs, autrement dit procédé hypocauste.
« Dans le calcul des amortissements d’une installation, il faut bien souligner que la production de fleurs se réalise sur cinq mois seulement, c’est-à-dire chez nous de novembre au 15 avril. L’idée pour chauffer les serres via cette énergie du soleil a été de se dire comment l’utiliser au bon moment et de disposer ainsi d’une période importante d’autonomie énergétique. Il faut donc la stocker pour la redistribuer aux instants souhaités. Cela a été aussi de réfléchir en liant la question du mode de chauffage à l’impératif cultural, correspondant donc au marché ».
La future installation de la société Gonthier sera site pilote national.
L’Astredhor, l’institut technique de l’agriculture, le Ratho et l’Ines sont les partenaires de la société, qui bénéficiera en outre d’un intervenant direct, le Critt. La signature de la convention devrait intervenir dans les prochains jours.
Financée par des fonds publics dans le cadre des missions DAR du ministère de l’Agriculture, cette innovation va permettre une étude scientifique du procédé afin de la diffuser auprès des professionnels. « Ce serait vraiment bien qu’elle puisse être applicable par d’autres horticulteurs au niveau national », conclut l’horticulteur de Savoie.
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