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Compétences agricoles au service de la société
Filières biomasse
Jura agricole et rural
Publié le:  04 décembre 2008
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À l’EARL Jeandot, 5 000 tonnes de déchets verts du Sictom de Lons-le-Saunier sont transformées en compost chaque année

Le 26 novembre dernier, une trentaine de personnes a pris part au circuit consacré aux filières biomasse dans le cadre du Festival des groupes. Nathalie Marchand, vice-présidente de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine s’inspirera des initiatives franc-comtoises pour défendre ses projets.

Avec l’épuisement annoncé des ressources énergétiques fossiles (pétrole, gaz, mais également charbon et uranium), la valorisation de la biomasse revient sur le devant de la scène.

Outre le caractère renouvelable de cette ressource et son impact positif sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, c’est aussi une véritable opportunité de diversification pour l’agriculture !
Ainsi à l’EARL Jeandot, première étape du circuit consacré aux filières biomasse, les visiteurs ont pu découvrir un exemple original : depuis septembre 2007, les exploitants traitent les déchets verts provenant du Sictom de Lons-le-Saunier (11 déchetteries), ceux de cinq paysagistes du secteur, plus du bois de classe 2 (palettes, chaises).
 
«C’est mon fils Jean-Marc, aujourd’hui installé sur l’EARL, qui nous a mis en contact avec la société Ain Environnement qui cherchait une exploitation susceptible d’accepter des déchets verts. En 2000, nous avons entreposé 700 tonnes de déchets verts broyés entreposés en bout de champ pour être ensuite épandus. »

Au fil des années, le projet d’une plate-forme de compostage voit le jour, et la société Vert Énergie 39 est créée en association avec les gérants de Ain Environnement. Cette plate-forme revient à 450 000 euros, et comprend une chargeuse, un pont-bascule, un chalet, et 5 000 m2 de terrain stabilisé. Sur le plan social, cette diversification a permis l’installation du fils aîné. La valeur fertilisante du compost constitue aussi un véritable atout dans une période de renchérissement des engrais.

Jouer la complémentarité
Nathalie Marchand, éleveuse de porcs et cultivatrice à Noyal-sur-Vilaine en Bretagne, vice-présidente de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, est enthousiaste. « Nous produisons depuis un an du miscanthus pour fournir un combustible de substitution à une entreprise locale de déshydratation, et nous réfléchissons aussi à une station de méthanisation pour nous adapter à la nouvelle contrainte de la construction du LGV, qui va nous prendre des terrains d’épandage du lisier.
 
«C’est l’occasion de valoriser l’expérience agricole en matière de traitement des déchets, de mettre ses compétences au service de la société. L’important dans de tels projets, et on l’a vu tout au long du circuit, c’est d’arriver à convaincre les collectivités locales de l’intérêt du partenariat avec les agriculteurs : un réseau de chaleur peut, par exemple, permettre de recréer des liens entre la population et le paysan.  Au cours des visites, j’ai pu noter qu’il y a en Franche-Comté davantage d’écoute des décideurs et des administrations pour faire avancer les projets. Nous devons en Bretagne faire face à une pression très forte des associations écologistes ! »
 
Certes, le projet de l’EARL Jeandot a été soutenu par la commune, mais néanmoins certains riverains se plaignent des nuisances (odeurs de thuya…) et ont fait circuler une pétition ! « C’est pour ça qu’il est impératif de trouver des alliés, pour faire accepter nos projets. Avec la crise énergétique, on a sans doute l’occasion unique de réconcilier le consommateur et le citoyen ! » conclut Mme Marchand.




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