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La montbéliarde, une vieille histoire de passion
La Chaux-de-Fonds
Jura agricole et rural
Publié le:  04 décembre 2008
Page 6 

Les deux exploitants, Jérôme Hirschy (au premier plan) et Éric Matthey

Située dans les montagnes suisses, la montbéliarde était tout indiquée pour les exploitations de Jérôme Hirschy et Éric Matthey. Ces derniers ont accueilli un bus d’éleveurs, à l’occasion du Festival des groupes.

La montbéliarde de Jura-Bétail, présente ici grâce à la FSBB (Fédération suisse de bétail
bovin) a le plaisir de t’accueillir ici, toi l’éleveur venant de différentes régions ; toi qui t’intéresses à notre élevage. »
 
Éric Matthieu, associé depuis 2004 à Jérôme Hirschy à La Sagne près de La Chaux-de-Fonds – attention ce n’est pas un Gaec comme en France, ils travaillent ensemble mais chacun possède ses propres vaches et dispose de sa propre comptabilité – se fait lyrique en accueillant le bus du circuit 21, organisé dans le cadre du Festival des groupes. « Mon père est parti en politique ; j’ai repris l’exploitation en nonante-deux », entame Jérôme Hirschy. « En quoi ? » « En quatre-vingt-douze. » L’interrogation est légitime. Les visiteurs viennent de l’Orne, du Pas-de-Calais, de la Sarthe, de l’Ille-et-Vilaine, du Var, de Vendée… Autant de départements situés à quelques distances du pays neuchâtelois.

En rencontrant Éric Matthey, il découvre la montbéliarde avec ce précurseur. « La montbéliarde est venue par l’importation clandestine », assure l’éleveur. « J’y ai participé quand j’avais 16 ans. Quand on porte un veau sur son dos et qu’on se retrouve avec le canon du revolver d’un gendarme sur la tempe, on n’a plus peur de rien ; même du pape. »
 
Autant dire que ça forge le caractère et qu’on n’hésite pas à vanter les qualités de cette race. Au point que Jérôme, qui héritait d’un troupeau de tachetées rouges, s’est mis à inséminer en montbéliarde. « D’abord avec Umotest puis Jura-Bétail en 1997. » L’éleveur achète aussi des veaux et des vaches. « Pour que ça aille plus vite. » Naturellement, un visiteur ne peut s’empêcher de s’interroger sur le changement d’unité de sélection. « Jura-Bétail est une entité plus petite, plus familiale. Umotest, c’est plus gros et c’est plutôt l’argent qui compte », estime-t-il.
 
« Parallèlement, les techniciens de Jura-Bétail connaissent mieux les mères à taureaux. De plus, Umotest a fait l’erreur de mettre un peu de sang red holstein. » Aujourd’hui, le troupeau atteint une moyenne de 6 000 à 6 500 kg de lait pour une production totale de 265 000 kg. « Mais notre contrat d’achat reste pour l’instant  à ce niveau. Après, on verra. »

En quête d’autonomie
On parle encore de pâtures et de coupes. « Nous donnons un peu de foin pour les génisses. Le reste est en ensilage, en balles rondes enrubannées. » Ça fait 25 ans que l’exploitation d’Éric Matthey est en système PRP (Procédé Roland Pigeon SA). « J’ai accepté car c’est en relation avec la géologie des sols », assure ce dernier. « Ça m’a permis d’améliorer mon pH. C’est extensif au niveau du sol. C’est intensif au niveau du rendement. » « On a de bonnes prairies naturelles avec un bon rendement », poursuit Jérôme Hirschy. « Nous pourrions ne pas le faire mais nous renouvelons quand même deux hectares par an en y mettant plusieurs espèces pour avoir au final un bon mélange. »
 
Blé mature et orge récolté humide puis aplati complètent la ration. « Nous cherchons à être au maximum le plus autonome possible. » Les deux agriculteurs se tournent vers l’extérieur pour acheter de la paille et un peu de tourteau de colza, soja et gluten de maïs. « Notre objectif est d’avoir une production la plus économique possible. » Sans chercher la performance laitière. « On ne cherche pas des bêtes à 8 000 kg à cette altitude. On veut travailler le plus en autosuffisance possible et la montbéliarde, une race mixte, correspond bien à notre système. »

Pour améliorer les rentrées financières on vend des vaches – « celui qui en désire a le choix entre cinq ou six bêtes » – ou des veaux d’un mois pesant au moins 70 kg. « À comparer à une autre race que je ne blâme pas, c’est 500 francs suisses en plus », annonce Éric Matthey.
Soit 333 euros. « Aujourd’hui, on élève tous les veaux femelles et on fait vêler pratiquement tout le monde », ajoute Jérôme Hirschy. « Puis on vend les bêtes fraîches ». « T’en vends une bonne, c’est cinq personnes qui le savent et un deuxième client qui arrive », appuie Éric Matthey.




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