L'accompagnement devient problématique
Jura agricole et rural
Publié le: 04 décembre 2008
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Le désengagement de l’État et le plan de professionnalisation personnalisé étaient au cœur des travaux des Journées nationales des Adasea qui se tenaient à Châteauroux les 18 et 19 novembre sous la présidence d’Henri Biès-Péré.
La rigueur budgétaire de l’État n’épargne pas les organisations agricoles et rurales dotées d’une délégation de service public.
Les Adasea/Odasea (1) en savent quelque chose. La loi de finances pour 2009 diminue de 13 % par rapport à l’année précédente les crédits du ministère de l’Agriculture destinés à l’accompagnement des candidats à l’installation et des agriculteurs qui souscrivent des mesures de développement rural. Depuis 2004, la baisse atteint 35 %.
Ce financement d’État est destiné, principalement, à accompagner la politique de renouvellement des générations : faciliter les démarches de tous les candidats au métier d’agriculteur, repérer les exploitations agricoles sans repreneurs familiaux pour les proposer à des jeunes ne disposant pas d’exploitation familiale, mettre en relation cédants potentiels et jeunes repreneurs…
Le financement de l’État facilite aussi la mobilisation des droits à produire, la conclusion de mesures agro-environnementales par les exploitants agricoles, la mise en place d’un soutien aux agriculteurs en difficultés économiques…
Plan de professionnalisation personnalisé
Henri Biés-Péré, président du GIE des Adasea, n’a pas manqué de souligner devant Michel Dantin, conseiller spécial de Michel Barnier, que ce désengagement de l’État « met en péril tout l’édifice d’accompagnement du renouvellement des générations ». William Villeneuve, président de Jeunes agriculteurs, lui a emboîté le pas.
Tout en se félicitant de la priorité donnée à la politique d’installation par les Pouvoirs publics, il a interpellé le ministère de l’Agriculture en demandant que l’accompagnement de la politique d’installation reste également une priorité pour en assurer la réussite. Le nouveau plan de professionnalisation personnalisé (PPP) entrera en vigueur à compter de 2009. Il permettra de mieux valoriser les expériences du candidat agriculteur et de l’accompagner dans la réalisation de son projet économique.
Pour le rendre opérationnel dès son officialisation au Journal officiel, les Adasea/Odasea, dont le cœur de métier est centré sur l’installation et la transmission des exploitations, ont mis en place un plan de formation de leurs agents. En partenariat avec les autres organisations professionnelles, les Adasea/Odasea accueilleront à des points « info installation » les porteurs de projets pour les orienter, participeront à l’élaboration de leurs plans de professionnalisation personnalisés via des diagnostics de compétences et de projets notamment.
Restructurations départementales
Les diminutions enregistrées des crédits d’État depuis plusieurs années ont engendré des restructurations au sein des départements.
Près de 25 départements ont opté pour l’intégration de l’Adasea au sein de la chambre d’agriculture. Ces rapprochements répondent à des demandes locales. Ailleurs, des partenariats se nouent entre chambres départementales et Adasea pour plus d’efficacité et de performance.
Pour Rémy Bailhache, membre du bureau de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, « l’objectif est de parvenir à une stratégie gagnant-gagnant déclinée à tous les niveaux pour répondre aux aspirations des agriculteurs et des jeunes en particulier ».
(1) Les Adasea (Association départementale pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles) intégrées à la chambre d’agriculture deviennent « Organisme départemental et d’aménagement des structures d’exploitations agricoles » (Odasea).
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