Le Jura Agricole et Rural
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La riche histoire des moulins et de leurs meuniers
"Le bassin de la Vallière" de Jean Brayard
Jura agricole et rural
Publié le:  18 décembre 2008
Page 24 

Jean Brayard, un regard posé sur toute une vie passée dans l’atmosphère si particulière des moulins

Ancien meunier à Sagy, Jean Brayard a passé sa vie dans les moulins. Il y a acquis des compétences bien utiles au moment de réaliser cette véritable encyclopédie des moulins de la Vallière et de ses affluents. Rencontres entre Bresse et Revermont…

Le travail du meunier était particulièrement pénible. Dès l’âge de 15 ans, Jean Brayard a dû porter quotidiennement sur le dos, des sacs de grain ou de farine de cent kilos. Pendant plus de vingt ans, il a travaillé dans les courants d’air, respiré les poussières de la farine.

Ce métier l’a pourtant passionné. Il garde en mémoire l’odeur si agréable des céréales écrasées et un souvenir ému des longues et épuisantes journées rythmées par le tic-tac caractéristique du moulin.

C’est le souvenir de ces années passées au moulin de Chantemerle, à Sagy, qui lui a donné l’idée d’écrire un livre consacré aux moulins de la Vallière.

Un inventaire du patrimoine
« Les usines hydrauliques ont représenté un élément essentiel des économies rurales, jusqu’au milieu du XXe siècle, explique l’auteur. La plupart ont aujourd’hui cessé de fonctionner : il était temps de dresser l’inventaire de ce patrimoine, des activités qu’il entraînait et de son influence sur l’environnement. Mon ancien métier de meunier et mes responsabilités, pendant plus de vingt ans, au syndicat d’aménagement de la Vallière, m’ont permis d’aborder plus facilement le sujet. D’anciens meuniers, amoureux comme moi de leur métier, m’ont permis d’obtenir de très nombreuses informations au cours de mes enquêtes, par des contacts humains toujours très cordiaux… »

Essor et déclin
L’ouvrage est divisé en deux parties historiques. L’une correspond à la première moitié du XIXe siècle, époque du plus grand développement de ces usines. L’autre à la seconde moitié du XXe siècle, période de leur déclin.
 
L’auteur a limité ses recherches à la Vallière et à ses affluents, de l’amont à l’aval, commune par commune… « Chaque rivière, chaque ruisseau, chaque bief, si petits soient-ils, des étangs même, disposait d’un tournant faisant fonctionner ces petites usines, chaque fois qu’il était possible de retenir l’eau.
 
Les petits moulins ont disparu, certains depuis plus de cent ans. Il n’en reste parfois même aucun vestige. J’ai également indiqué comment ont évolué les établissements qui subsistent encore aujourd’hui, bâtiments d’exploitation et logement des meuniers… »

Pour être complet, Jean Brayard a cité les moulins qui, n’utilisant pas l’eau (machines à vapeur, moulins à manèges, diesel ou électricité) participaient néanmoins à la vie économique des localités concernées par cette étude. Il a voulu placer tous ces moulins dans leur environnement naturel, en présentant leurs caractéristiques écologiques, leur flore et leur faune, l’utilisation et l’entretien des rivières qui les faisaient fonctionner.

Enfin, après avoir expliqué le fonctionnement d’un moulin, il a tenté de faire vivre avec eux ceux qui en assuraient le fonctionnement : les meuniers.




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