RSS
Reconnaître la spécificité des produits laitiers de montagne
Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel)
Jura agricole et rural
Publié le:  23 décembre 2008
Page 3 

Le Cniel souhaiterait faire reconnaître par Bruxelles la spécificité « produit de montagne » à tous les laits et produits laitiers issus des zones de montagne. Elle a reçu l’appui d’Euromontana et de l’Association nationale des élus de la montagne.

L’élevage laitier, qui représente une exploitation agricole sur trois en zone de montagne, joue un rôle essentiel dans le maintien de la densité du tissu rural et la protection de l’environnement », observe Anne Richard, directeur Économie et qualité du Cniel.

Alors que la fin des quotas laitiers est programmée en mars 2015, le Cniel réfléchit à plusieurs initiatives pour mieux valoriser les produits laitiers issus de la montagne. L’objectif étant bien entendu de maintenir des exploitations laitières et une activité économique dans ces zones qui pourraient être balayées par la concurrence des autres régions. En effet, les coûts de production du lait sont de 4 à 15 % plus élevés qu’en plaine pour les éleveurs et les entreprises laitières doivent assumer un surcoût moyen de 12 euros pour 1 000 litres pour la collecte du lait. Bref, La survie de la filière laitière en zone de montagne passe par la production de produits différenciés.

C’est déjà le cas des AOC fromagères (sur 44 AOC,  26 sont en totalité ou en partie en zone de montagne). Mais elles ne permettent de valoriser que 30 % du lait produit.

Il y a aussi la dénomination « produit de montagne ». Le logo est porté par l’association Altitude qui réunit outre la filière laitière, la viande bovine, la viande porcine et les eaux. Une vingtaine d’entreprises utilisent déjà ce logo. Mais la production laitière ainsi identifiée reste encore confidentielle : 220 millions de litres de lait sont ainsi valorisés, soit 1 % seulement de la collecte nationale. Au final, « c’est un tiers du lait qui est valorisé seulement, ce qui signifie que les deux tiers restants sont banalisés et soumis à la concurrence  des autres régions », constate Anne Richard.
 
Reconnaissance européenne
D’où le souhait de la filière laitière de développer non seulement ces initiatives mais également de porter de nouveaux projets pour valoriser les laits issus de la montagne.
Ainsi le Cniel milite pour l’adoption d’un signe distinctif officiel pour les produits de montagne qui soit reconnu par Bruxelles. Le logo actuel « produit de montagne » relève, en effet, d’une démarche privée qui est portée par l’association Altitude.

L’initiative du Cniel a reçu le soutien d’Euromontana (1). « Les produits alimentaires de qualité issus de nos régions font consensus au sein d’Euromontana. Il y a un vif intérêt du consommateur pour les produits de montagne qui ont un fort potentiel », observe André Marcon, le président.
Au-delà des déclarations d’intention, Euromontana a lancé un programme de recherche pour caractériser les produits agroalimentaires de montagne de qualité avec le concours de la Commission européenne. Et elle vient d’adopter une charte européenne des produits agro-alimentaires de qualité qui a été signée par 70 organisations issues de 12 pays. Celle-ci prévoit que la matière première doit provenir d’une zone de montagne, que la transformation doit être réalisée en zone de montagne.
 
Les productions doivent prendre en compte les préoccupations liées au développement durable. Elles doivent chercher à maintenir la biodiversité en zones de montagne et les producteurs doivent être en mesure de garantir la transparence des informations au consommateur (traçabilité).
L’appui de l’Association des élus de la montagne en France est également acquis. Son président Henri Nayrou,
député de l’Ariège, ne veut pas faire de la montagne « un sanctuaire » mais « des territoires de développement ». Pour que « la montagne soit accueillante, il faut qu’elle soit économiquement viable et il ne peut y avoir d’économie montagnarde sans agriculture », a-t-il conclu. Toutes les initiatives qui vont dans ce sens sont donc les bienvenues.


(1) Euromontana est une association européenne multisectorielle regroupant 72 organisations (collectivités territoriales, organisations agricoles, agences environnementales, agences de développement régional…) issues de 17 pays d’Europe (y compris la Suisse et la Norvège) ouverte à tous les secteurs d’activité destinée à promouvoir la coopération et le développement des territoires de montagne. 




Newsletter GRATUITE