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«Diviser par deux les gaz à effet de serre»
Témoignage
Jura agricole et rural
Publié le:  12 février 2009
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Jean-Gabriel Nast préside le PNR du haut Jura

C’est l’objectif que se fixe le Parc naturel régional du haut Jura d’ici 2022.

En milieu rural, les défis à relever sont multiples. Jean-Gabriel Nast, président du Parc naturel régional du haut Jura en témoigne.
 
La future charte du PNR (2010-2022) vise à diviser par deux les gaz à effet de serre. Un objectif ambitieux qui nécessite l’implication de tous, élus et habitants, pour y parvenir. L’un des premiers problèmes à régler est celui du transport. « Chez nous on a le choix entre la voiture et… la voiture ! »

Jean-Gabriel Nast croit en un système de parkings sur des communes proches de la frontière, comme Les Rousses, qui seraient reliées à un tramway et qui permettraient aux travailleurs frontaliers de rejoindre la Suisse. Le covoiturage peut aussi être développé. «Nous avons identifié cinq pôles industriels, ce peut être facile à mettre en œuvre. »
 
Pour l’aspect touristique, le PNR met en place un projet de vélos électriques sur la vallée de la Valserine (entre Belgarde et le col de la Faucille). Autre piste envisagée, celle des circuits courts. « Il est nécessaire de développer l’emploi au niveau local. Dans ma commune à Longchaumois (1 200 habitants), un tiers de la population active travaille au village.»
 
Autre domaine où les collectivités ont les moyens d’agir, l’architecture. « Il y a un vrai boulot à faire. » Avec l’office habitat de Saint-Claude, une maison de retraite et des logements sociaux sont équipés en géothermie qui produit 70 % de l’énergie. De plus, la maison de retraite a un toit végétalisé qui régule la chaleur en été.

Avoir une vision globale
L’urbanisme est un autre chantier. L’implantation de routes, de maisons, de lotissements… doit être pensée en fonction de l’imperméabilisation des sols, des réseaux électriques, des réseaux d’eau, des égouts… « Le problème de l’eau est central et va toucher notre portefeuille demain. A-t-on besoin d’une eau assainie lorsque l’on tire la chasse d’eau ou pour arroser son jardin, laver sa voiture ? »

Pour le chauffage, des solutions peuvent être mises facilement en œuvre, notamment les réseaux de chaleur qui permettent de chauffer plusieurs équipements communaux (école, mairie, ateliers communaux) ainsi que des appartements, une maison de retraite, La Poste, comme c’est le cas à Longchaumois.

« On a diminué de 30 % nos dépenses énergétiques dès la première année », souligne-t-il. Là encore, le choix d’une chaudière à bois déchiqueté n’est pas anodin. « Le bois est déchiqueté sur place, ce qui évite de transporter de la matière première.» Et d’insister : «Il faut donner la priorité aux circuits courts. » Pour Jean-Gabriel Nast, si la biomasse a des atouts, elle a aussi des conséquences qui ne peuvent être négligées : «On ne va pas tout remplacer par le bois.

Il faut gérer la ressource. » Une combinaison des sources d’énergie peut être la solution.
L’homme est plutôt optimiste. « Le Grenelle, j’en attends beaucoup. C’est une super-démarche qui a permis de mettre les gens ensemble. Ça ne s’était jamais fait en France! » Il attend des mesures du Grenelle II, notamment dans le domaine de l’incitation d’économie d’énergie. « Les gens sont prêts. Mais pour l’instant c’est du luxe. »




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