Le bio : une stratégie gagnante
Élevage laitier
Jura agricole et rural
Publié le: 12 février 2009
Page 20
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Une soixantaine d'éleveurs sont venus visiter l'exploitation laitière de Xavier Monnin |
La demande française pour du lait biologique augmente régulièrement, plus rapidement que la production. L'EARL Monnin, à Fontenoy-les-Montbozon, ouvrait ses portes le 28 janvier dernier pour une journée d'information sur ce thème.
« Produire du lait bio, pourquoi pas vous ? »
C'est une question qu'apparemment beaucoup d'éleveurs se posent aujourd'hui, si l'on en juge par l'affluence à la journée porte-ouverte à l'Earl Monnin, le 28 janvier dernier.
« 60 personnes ont participé ! Du jamais vu. », se réjouit Christelle Triboulot, animatrice Interbio Franche-Comté. A l'origine de cette opération, la société Lactalis.
Le groupe laitier souhaite en effet renforcer sa collecte de lait de consommation biologique sur le grand-Est afin de satisfaire une demande croissante. « Alors qu'il y a quelques années une partie du lait produit en agriculture biologique ne trouvait pas de valorisation dans le circuit bio, faute de débouché, depuis la fin 2006 on manque de lait bio. Aussi bien en lait de consommation qu'en emmental grand cru, comté, produits frais (yahourts, fromage blanc, crème...) », précise l'animatrice.
« Ce retournement de tendance s'explique par une différence de rythme entre la croissance de la demande, de l'ordre de 10 % par an, et la conversion des exploitations qui a connu un fort ralentissement ces dernières années ». Conséquence de ce déséquilibre entre l'offre et la demande, les cours sont porteurs et pas seulement en lait.
Ainsi en 2008, tandis que le lait biologique était payé 442 euros la tonne par Lactalis, le triticale bio valait 300 à 320 euros la tonne, le blé panifiable 360 à 400 euros/t, et la viande 30 à 50 ct de plus au kg qu'en conventionnel.
Ainsi en 2008, tandis que le lait biologique était payé 442 euros la tonne par Lactalis, le triticale bio valait 300 à 320 euros la tonne, le blé panifiable 360 à 400 euros/t, et la viande 30 à 50 ct de plus au kg qu'en conventionnel.
Xavier et Marielle Monnin ont fait le choix de l'agriculture biologique en 2001.
« Nous étions en production intensive et en situation de dépassement de quota. Nous étions arrivés à la fin d'un cycle. De plus c'était la période de 'vache folle' et mon épouse m'a sensibilisé à une autre façon de produire. Nous nous sommes posés la question du passage en bio et comme Lactalis collectait du lait bio, nous avons fait le pas. Nous ne reviendrions pas en arrière. », explique l'éleveur.
Excellente efficacité du système
Bien éloigné de certains clichés encore attachés à l'agriculture biologique, l'élevage Monnin affiche d'excellents résultats technico-économiques.
Avec une conduite plutôt intensive en termes de chargement (1,2 UGB/ha de SFP), les performances des 50 montbéliardes n'ont rien de ridicule : 6 210 litres/VL à 31,8 de TP produits en 2007. Les niveaux de concentrés distribués sont modestes : 770 kg par vache.
Le plus remarquable, c'est l'efficience du système, avec un rapport EBE sur Produit brut de 51% ! « La clé de cette efficacité économique, c'est l'autonomie fourragère, explique Christelle Triboulot. Les exploitants ont fait le choix de l'intensification laitière en s'appuyant sur le maïs ensilage, une première fauche précoce enrubannée et la luzerne enrubannée.
Le second élément d’explication, c’est une bonne maîtrise de la santé animale qui s’appuie sur une approche préventive et des préparations à base de plantes distribuées aux animaux en fonction de la période de l’année et de la météo. » L’enrubanné de luzerne donne un fourrage appétant, riche en azote et favorable à la salivation.
Il permet de substantielles économies de correcteur azoté. Ainsi en 2008, Xavier Monnin a pu se passer de concentrés achetés.
Les grandes cultures sont entièrement tournées vers les besoins du troupeau, avec une rotation sur sept ans : trois ans de prairie temporaire ou luzerne, un an de triticale ou avoine, un maïs, un mélange orge-pois, et enfin un seigle. « Cette rotation longue permet un bon contrôle des adventices, des maladies et des ravageurs, assure Luc Frèrejean, en charge du dossier agriculture biologique à la Chambre d’agriculture de Haute-Saône.
Xavier Monnin ne laboure qu’après une prairie temporaire ou une luzerne, autrement il déchaume avec un actisol. Les visiteurs ont été surpris par les rendements atteints en cultures de printemps : 11 tonnes de matière sèche à l’hectare en maïs ensilage. Il y a eu aussi beaucoup d’échange sur les techniques culturales et les différents outils utilisés en agriculture biologique : herse étrille, houes rotatives, etc. »
Repères technico-économiques
SAU : 89 ha dont : 42 ha de prairie permanente ; 30 ha de prairie temporaire ; 17 ha de Scop.
Production laitière : 310 500 litres de lait produits ; 4 140 litres /ha de SFP ; 770 kg de concentré /vache ; 123 kg de concentré /1000 litres.
Coût du concentré : 41 euros/1000 litres
Coût du concentré acheté : 12 euros/1000 litres
Frais vétérinaires : 15 euros/UGB
Minéraux et préparations à base de plantes : 83 euros/UGB
Avant rémunération :
EBE = 91 971 euros
EBE /Produit Brut= 51%
Annuité = 37 090 euros
A /PB = 20%
A /EBE = 40%
Production laitière : 310 500 litres de lait produits ; 4 140 litres /ha de SFP ; 770 kg de concentré /vache ; 123 kg de concentré /1000 litres.
Coût du concentré : 41 euros/1000 litres
Coût du concentré acheté : 12 euros/1000 litres
Frais vétérinaires : 15 euros/UGB
Minéraux et préparations à base de plantes : 83 euros/UGB
Avant rémunération :
EBE = 91 971 euros
EBE /Produit Brut= 51%
Annuité = 37 090 euros
A /PB = 20%
A /EBE = 40%
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