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La filière vit une crise sans précédent
Marchés des bois
Jura agricole et rural
Publié le:  04 mars 2009
Page 7 

Les entreprises du meuble enregistrent une baisse d’activités de plus de 40 %

Amorcé cet automne, le ralentissement d’activité s’est accéléré en ce début d’année. Si les entreprises de travaux forestiers, les scieries de feuillus et le secteur de l’ameublement sont les plus touchées, les autres professions ne sont pas épargnées.

En Franche-Comté, la filière forêt-bois est le cinquième employeur industriel. Elle représente 2 300 entreprises, soit 12 800 salariés. C’est donc un poids économique loin d’être négligeable.

C’est pourquoi, l’Association pour le développement de la forêt et des industries du bois (Adib) a lancé une enquête de conjoncture auprès d’un échantillon d’entreprises représentatives de la filière bois régionales, afin d’évaluer la situation.

D’après les premiers éléments de cette étude, « il semblerait que la crise touche la filière avec un décalage de quelques mois par rapport à d’autres secteurs d’activité. Ceci s’explique par le fait que les entreprises ne sont pas en prise directe avec le consommateur final et subissent donc le contrecoup des effets ressentis chez leurs clients grossistes ».

Aujourd’hui, l’heure est grave. « Tous les indicateurs sont au rouge », analyse Christian Dubois, délégué général de l’Adib . « Il y a déjà eu des périodes de crise mais avec un secteur plus touché que les autres et donc la filière parvenait à un certain équilibre. Là tout le monde est touché en même temps. »

En première ligne : les scieries et l’ameublement
« On constate un très net ralentissement de l’activité des scieries depuis fin décembre. L’activité des scieries de feuillus a baissé en septembre et octobre. Depuis la fin d’année, il y a un réel coup de frein. Dans le résineux, la situation n’est pas meilleure », commente Christian Dubois. Les scieries de feuillus sont aujourd’hui contraintes de stocker leur production qui ne s’écoule plus. Les scieries de résineux qui continuent de scier de la matière première achetée sur la base des prix du sciage du printemps dernier ne peuvent plus être compétitives sur le marché. Conséquence.

« La première mesure a été une réduction du volume horaire. Les scieries qui étaient pour la plupart à 39 h passent aux 35 h. Elles vont écluser les congés. Mais ce n’est pas dans la tradition d’entamer des procédures de licenciement économique », rassure le délégué général de l’Adib.

« Les scieries sont donc obligées de stocker toute une partie de leur production qui ne se commercialise plus pour l’instant comme l’emballage. » En effet, les fabricants d’emballage affichent une baisse d’activité de l’ordre de 5 à 20 %. En fait, « la baisse de l’activité dans l’industrie entraîne une très forte chute de la consommation du bois d’emballage », analyse l’Adib.

Déjà concurrencées depuis plusieurs mois par les pays asiatiques, les entreprises du meuble enregistrent une baisse d’activités de plus de 40 % depuis cet automne. « La situation est très grave », affirme même Christian Dubois. « Des sociétés de Haute-Saône annoncent des mesures de chômage technique et des procédures de licenciement économique.» La situation est identique pour la tournerie tabletterie, avec toutefois quelques entreprises du jouet qui parviennent à résister.

Compte tenu de la chute d’activité dans le secteur du meuble et de la construction, les entreprises du panneau sont en surproduction et doivent envisager des mesures de chômage partiel.

Petites éclaircies sur quelques secteurs
Le domaine de l’agencement semble peu touché car les commandes ont été signées avant les prémices de la crise.
L’impact de la crise semble moins fort également dans le secteur de la construction bois que dans celui des maisons traditionnelles.

« Les carnets de commande sont déjà bien garnis et les délais de livraisons sont assez longs, ce qui devrait permettre de maintenir un niveau d’activité acceptable pour le premier semestre », souligne Christian Dubois.
« Par contre, les constructeurs sont assez inquiets pour le second semestre. Il y a moins de devis et d’autre part, les particuliers rencontrent des difficultés pour avoir des prêts bancaires. »

Alerter les Pouvoirs publics
L’interprofession vient de rencontrer les représentants de l’État et de la Région.
Le préfet a rappelé les mesures mises en place par le gouvernement pour enrayer la crise financière. « Il a invité les professionnels à alerter le trésorier-payeur général et le secrétaire général pour les affaires régionales en cas de difficultés », indique Christian Dubois.

« Le vice-président du conseil régional nous a assurés du maintien du niveau d’investissement pour maintenir le niveau d’activités des entreprises », poursuit-il.
Globalement, l’interprofession demeure vigilante. Elle souhaite « que les compagnies d’assurance-crédit revoient leurs méthodes de cotation et que les banques respectent les engagements pris dans le cadre des mesures gouvernementales ». De plus, elle réclame « la mise en place de mesures d’accompagnement spécifiques pour le financement du stockage des bois non commercialisés ».




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