Une année à oublier au plus vite !
Coopérative apicole du Jura
Jura agricole et rural
Publié le: 04 mars 2009
Page 10
|
Des apiculteurs amateurs touchés à plus de 50% par les mortalités hivernales de 2007-2008 |
La mortalité hivernale a été catastrophique pour le cheptel des apiculteurs jurassiens. Et lourde de conséquences pour le fonctionnement même de leur coopérative…
L’année 2007-2008 a été catastrophique ! ». Alain Bonvalot a donné le ton en ouverture des travaux de l’assemblée générale de la coopérative apicole qu’il préside. Assemblée qui avait réuni un bon parterre au lycée agricole de Montmorot.
Une année qui a été marquée par une mortalité hivernale qui atteint 50 % du cheptel des départements de l’est de la France, voire 70 % chez les amateurs. À ceci, il faut ajouter une production moyenne de miel en baisse par rapport aux années précédentes. Et, conséquence logique, une baisse des ventes de la coopérative de l’ordre de 14 % pour un chiffre d’affaires redescendu à la barre des 850 000 euros.
Dans cette année « à oublier au plus vite », les responsables de la coopérative tirent néanmoins quelques notes plus optimistes : les bonnes relations avec le syndicat, l’ouverture de dépôts en Haute-Saône et dans le Doubs qui traduit la volonté des responsables d’être encore plus près des apiculteurs.
Belle satisfaction également avec le rucher-école dont les cours ont repris au printemps 2008 pour une quinzaine de stagiaires, ainsi qu’avec les portes ouvertes qui ont permis d’accueillir de nouveaux adhérents.
Parmi les autres activités de l’année, à noter le voyage en Suisse, la participation au congrès national à Villefranche, le cinquantième anniversaire de France Miel, l’édition de quatre numéros du bulletin de l’apiculteur…
L’exemple savoyard
Bernard Manonviller, le président du syndicat des Allobroges a présenté la situation des apiculteurs savoyards qui « ont pris l’habitude de prévoir les pertes, plutôt que de les attendre et pleurer dessus… ». Les Savoyards pratiquent beaucoup de renouvellement de cheptel par des professionnels et de petits apiculteurs.
« Et ça ne marche pas si mal, se réjouit-il en donnant le chiffre de 500 à 1000 ruches supplémentaires par an. C’est un gros travail et je souhaite que vous puissiez le faire vous-mêmes. »
Les responsables savoyards travaillent également à la formation des nouveaux apiculteurs (de 150 à 200 chaque année, répartis sur neuf ruchers-écoles) ainsi qu’à entretenir de bonnes relations avec les agriculteurs : « À force de rencontres et de dialogue, nous avons mis en place 1 000 hectares de prairies naturelles fleuries, avec des emplacements réservés aux apiculteurs. C’est une manière de conserver la biodiversité, de donner à l’apiculture un certain allant et de garder un tissu important de petits producteurs… »
Une interprofession
Raymond Borneck, le président du syndicat apicole du Jura et du GDSA a fait un point rapide sur l’orientation de l’apiculture mondiale, rappelant que « le cheptel apiaire était en diminution dans tous les états du monde et qu’il n’y avait pas de barrières pour arrêter la propagation des maladies… »
Et de souligner les conclusions du rapport Saddier qui montre la nécessité de créer une interprofession et un institut technique, avec le soutien de l’État, tout en commentant que « cette bataille n’était pas gagnée d’avance ! »
Autres articles associés
Archives
Newsletter GRATUITE


