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Une maladie du siècle
Troubles musculo-squelettiques (TMS)
Jura agricole et rural
Publié le:  12 mars 2009
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Qui d’entre vous n’a pas déjà souffert d’une tendinite ou d’un mal de dos ? 85% des maladies professionnelles déclarées à la MSA sont des TMS. Ces affections sont reconnues comme maladies professionnelles pour les fromagers depuis 1994. Année depuis laquelle elles n’ont cessé d’augmenter. Quel est leur impact sur le fonctionnement de votre coopérative ? Quelles en sont les causes ? Quels sont les moyens de les prévenir, les aider ?

Une partie du coût des TMS est facilement identifiable, même s’il n’est pas intégralement supporté par l’entreprise dont les salariés sont affectés : soins, interventions chirurgicales, consultations…

Cette part est par contre répercutée dans le montant global des cotisations sociales versées par les entreprises. Abaisser le nombre des TMS revient donc à diminuer le montant des cotisations sociales qui permettent leur prise en charge !

Lorsque la maladie professionnelle occasionne un licenciement pour inaptitude physique, l’entreprise supporte directement l’indemnité de licenciement et l’indemnité de préavis que le salarié ne peut généralement pas effectuer.
Rappelons que l’indemnité de licenciement est du double de l’indemnité légale dans ce cas et que cette dernière a elle-même été doublée par la loi de modernisation sociale votée durant l’été 2008.

Le coût du licenciement d’un fromager pour inaptitude physique liée à une TMS est donc quatre fois plus élevé que le coût d’un licenciement autre ne l’était début 2008. Rappelons également que l’indemnité prend en compte l’ancienneté du salarié dans l’entreprise. Faut-il en arriver là avant de mettre en place des mesures de prévention ?

Enfin, les TMS occasionnent des coûts plus difficiles à mesurer, mais bien réels : diminution de l’efficacité économique liée à l’absentéisme, perte de qualité des produits liée à la souffrance au travail, pertes de compétences dans l’entreprise en cas de licenciement.

Quoi qu’il en soit, la prise en charge de la prévention est toujours moins coûteuse que celle du traitement de la maladie, même si la prévention n’a pas forcément d’effets immédiatement mesurables.

Pourquoi fait-on des TMS ?

L’explication n’est pas complètement connue mais une chose est sûre, les déterminants qui provoquent les TMS se trouvent moins dans les personnes que dans le travail qu’elles effectuent et la façon dont elles le réalisent. Lorsque l’on travaille stressé, on travaille crispé. Le tonus musculaire s’intensifie. L’organisme produit des substances inflammatoires qui détériorent les gaines protectrices des tendons et provoquent des tendinites.

Les cadences ont également un effet soit direct par la fréquence des gestes à effectuer, soit indirect en favorisant le stress.  Les facteurs biomécaniques sont ceux liés au fonctionnement des articulations : la force déployée, la répétition des gestes, l’angulation articulaire dans le mouvement, la monotonie des tâches.

La prévention des TMS
La prévention des TMS passe donc par la prise en compte de tous ces facteurs.
Il est important d’aboutir à des compromis entre les contraintes économiques, d’organisation et la prévention.
Par exemple : développer des marges de manœuvre dans l’organisation du travail par un management approprié, avoir un esprit de prévention au moment de la conception des ateliers qui permette d’intégrer la manutention, les gestes répétitifs, déterminer les séquences de travail favorables à l’apparition des TMS.

Adopter des gestes et postures adaptées
Le principe de base repose sur la limitation de l’effet levier. Le port d’une charge de 25 kg, avec le dos droit, correspond à une pression de 75 kg (X3) sur la surface des disques intervertébraux.
Cette pression passe à 375 kg (X15), avec le dos courbé car l’on réduit la surface de contact des disques intervertébraux.

L’objectif est donc de fléchir les jambes, pieds suffisamment écartés, pour maintenir la colonne vertébrale droite. Toute la surface des disques intervertébraux doit être utilisée. Pour arriver à cette fin il faut chercher à superposer, sur la verticale, les centres de gravités du porteur et de la charge.

Un exemple des préconisations pour le travail en cave : ne pas commencer le travail sans un minimum d’échauffement des articulations. Commencer le travail suffisamment habillé pour tenir les muscles et tendons au chaud. Il n’existe pas de geste parfait pour le retournement.

Mais si l’ancien fromager est encore en activité c’est que le geste qu’il a adopté est assez bien adapté. Le fromage pivote grâce à un coup de genou.

La fluidité et le fait que le fromage soit toujours en mouvement limitent la portée et les temps d’exposition à de mauvaises postures. Ce geste est possible entre les troisième et sixième rangs de fromage. Mais il est impossible à réaliser sur les deux premiers rangs et sur le septième rang en restant au niveau du sol. Il y a des solutions moins coûteuses que l’achat du robot, du reste pas toujours possible : la suppression des premiers rangs, l’utilisation de tables d’élévation sécurisées et adaptées.




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