Dans un long courrier qu’il vient de faire parvenir au réseau, Jean-Michel Lemétayer demande au Gouvernement la mise en place de mesures d’accompagnement pour les exploitations fragilisées et oubliées par les mesures d’application du bilan de santé de la Pac.
Face aux multiples réactions suscitées par les modalités d’application du bilan de santé en France, Jean-Michel Lemétayer vient de faire parvenir un courrier à tous les membres du réseau de la FNSEA dans lequel il demande la mise en place de mesures d’accompagnement.
« J’estime qu’après analyse des situations, il nous faut maintenant nous mettre au travail pour exiger des mesures d’accompagnement, mesures qui doivent apporter oxygène, espoir et durabilité à nos exploitations, à ceux qui seront fragilisés ou sont oubliés de ce bilan de santé », déclare-t-il.
Si certaines mesures décidées répondent aux attentes du syndicalisme majoritaire, d’autres en revanche peuvent porter préjudice à la pérennité de nombreuses exploitations, estime le président de la FNSEA.
Dans sa missive, Jean-Michel Lemétayer revient longuement sur la genèse de ce bilan de santé, les débats syndicaux et les choix qui ont été faits au final par le Gouvernement. Il ne cache pas que ce bilan de santé est « une lourde épreuve » pour la FNSEA.
D’abord parce que l’agriculture française est diversifiée et que les demandes des différentes productions, des territoires sont multiples et loin d’être convergentes.
Difficile de trouver une synthèse entre les besoins des uns et des autres et d’élaborer un consensus quand on travaille « à enveloppe constante ».
Cavalier seul
Surtout, le président de la FNSEA regrette l’attitude de certaines associations spécialisées qui n’ont pas hésité à jouer leur propre carte en contradiction avec les travaux et réflexions internes de la FNSEA. « Des associations spécialisées ont, sans présentation ni débat dans les instances ad hoc de la FNSEA, affiché des exigences sur l’application du bilan de santé et chiffré leurs attentes », observe-t-il.
« Comment accepter que de multiples délégations se soient succédé au ministère de l’Agriculture et ailleurs
pour présenter leur solution ? » déplore-t-il. « Tout ce qui a été fait de façon non concertée, non organisée, en ordre dispersé nous a affaiblis. Tous ceux qui sont allés proposer leurs solutions, exposer leurs demandes sans utiliser la FNSEA comme lieu d’échanges, de concertation, d’arbitrage, sont aujourd’hui déçus », constate-t-il amer.
Malgré tout, la FNSEA est néanmoins parvenue à faire prévaloir un certain nombre de ses priorités comme l’accompagnement de l’herbe, le soutien spécifique à la production ovine, le développement de l’assurance et de la gestion des risques....
Et surtout, l’arbitrage favorable du Gouvernement en faveur du non-désengagement de l’État du financement de la politique agricole commune dans le deuxième pilier. Ce qui a permis de sauver 300 millions d’euros qui avaient disparu dans les prévisions budgétaires pour 2010, 2011 et 2012. « Qu’aurait alors été le bilan de santé si les nouveaux moyens ouverts par l’augmentation de la modulation n’avaient servi qu’à se substituer à un financement national défaillant ? » s’interroge-t-il. Pour dire que le résultat du bilan de santé aurait été bien pire si la FNSEA n’avait pas été là.


