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« Une aide économique qui va dans le bon sens »
La prime à l'herbe
Jura agricole et rural
Publié le:  26 mars 2009
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Dans le Jura, où l'agriculture est basée sur un système traditionnel d'herbe avec zones défavorisées et de montagne, le plan Barnier « va dans le bon sens », estime Dominique Chalumeaux, président de la chambre d'agriculture. Mais la zone de plaines « intermédiaires » va souffrir du prélèvement de la modulation. « Il faudra en tenir compte ».

Quel est votre point de vue sur cette redistribution des aides dans le cadre du bilan de santé de la Pac ?

« Les annonces faites par le ministre de l'Agriculture le 23 février dernier comportent un certain nombre de leviers et un principe acté : réorienter des aides économiques vers les secteurs d'élevage. Cette réorientation des aides s'est faite selon deux approches : une approche économique - nous savons que, sans soutien, certains secteurs comme l'élevage ovin étaient condamnés - et un rééquilibrage des aides. La profession agricole n'a pas pu trancher sur ce dernier point, le ministre l'a fait. Mon opinion est que si nous voulons sauver une part significative du budget de la Pac, il faudra rééquilibrer les soutiens vers des secteurs qui ont la faveur de l'opinion publique, comme le soutien aux zones de montagne, au développement durable...

Derrière ce débat se cache la légitimité des aides. La réponse complémentaire viendra de notre capacité à organiser les filières et à créer de la valeur ajoutée ».

Mais la prime à l'herbe a évolué au fil des réformes ?

« On ne peut plus asseoir les aides sur des références historiques. En 1992, nous avions obtenu une prime à l'herbe, certes petite, ( 45 euros par hectare), en contrepartie des céréales autoconsommées.
Cette mesure ouvrait le principe d'une aide économique à l'hectare.
Mais le dossier a évolué vers l'écoconditionnalité de cette prime qui est devenu la PHAE, prime herbagère agro environnementale.

La création d'une prime à l'herbe telle qu'annoncée aujourd'hui est intéressante pour des zones comme les nôtres, basées sur des systèmes traditionnels d'herbe, puisqu’elle rajoute à la PHAE une aide économique. Cette réforme aurait pu faire davantage en apportant un soutien plus significatif à l'herbe et s'appliquer de manière plus progressive dans le prélèvement. J'ajoute que la solidarité céréaliers - éleveurs peut aller dans les deux sens ».

Par rapport à la PMTVA, êtes-vous pour le maintien d'outils de régulation ?

« Le risque, en faisant basculer la PMTVA dans le système de DPU, c'est que ce découplage de l'aide aura une incidence sur la production bovine avec de possibles abandons de production. On ne peut pas être à la fois pour le maintien des quotas et pour le découplage de la PMTVA. Ce sont deux outils de régulation.
Ou on les maintient ou on enlève tout ».

Le débat n'est donc pas fini ?

« Sortir d'une référence historique et revenir à une aide économique, est globalement une bonne chose pour nos régions d'élevage. Mais tout n'est pas tranché.
Nous n'échapperons pas à l'obligation de nous remettre autour de la table pour débattre des aides, cette fois, dans la perspective du budget agricole de la Pac 2013-2020. Avec en toile de fond des craintes sur le budget global attribué à l'agriculture et un rééquilibrage entre pays. Il nous faudra nécessairement être unis et soudés.




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