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« Nous avons été entendus, ces mesures vont dans le bons sens » a déclaré Jean-Michel Lemétayer après sa rencontre avec le Président de la République |
Les mesures annoncées par Michel Barnier, le 23 février dernier, induisent une redistribution conséquente des aides, estime l’Inra.
Principales régions bénéficiaires, les zones situées au sud d’une ligne Bordeaux-Metz où se trouve la quasi-totalité des zones défavorisées et de montagne.
D’une façon générale, la redistribution se fait aux dépens des producteurs de grandes cultures et au bénéfice des éleveurs herbivores, dès lors que ceux-ci ont recours à l’herbe de façon suffisamment importante.
Ainsi selon l’Inra, les producteurs de grandes cultures vont enregistrer une diminution du montant total d’aides directes de 5 900 euros en moyenne nationale, un montant qui correspond à une baisse des aides directes perçues en 2007 de 16 % et à une baisse du revenu quinquennal (2003 à 2007) de 17 %. Les producteurs les plus pénalisés étant ceux des zones intermédiaires, où les rendements et les revenus sont déjà plus faibles.
Géographiquement, ce sont les céréaliers de Midi-Pyrénées et de Bourgogne (- 24 % de baisse du revenu), qui sont les plus frappés, davantage que ceux d’Île de France et de Picardie (-17 % et -16 % respectivement).
Pour les exploitations laitières, l’effet de la réforme est globalement neutre en moyenne nationale (+2 %). Avec cependant des évolutions très contrastées selon le système de production.
Ainsi les éleveurs bovins laitiers herbagers vont enregistrer une augmentation du montant total des aides directes de 5 700 euros par exploitation (+22 % d’aides directes et +23 % sur le revenu) alors que les unités laitières diversifiées ou spécialisées (maïs ensilage) sont perdantes (- 6 % à -3 % sur le revenu, respectivement).
Au final, ce sont les exploitations laitières herbagères auvergnates (+30 % du revenu) et franc-comtoises (+28 %) qui sont parmi les principales bénéficiaires des décisions prises le 23 février dernier.
Évolutions contrastées
Pour les éleveurs bovins viande, le gain est plus modeste. Selon l’Inra, l’augmentation du montant total des aides directes atteint 2000 euros par exploitation (hausse des aides directes de 5 % et du revenu de 8 %). Explication : les exploitations bovins viande sont particulièrement concernées par le prélèvement opéré au titre de l’article 63 : la moitié des 25 % du montant de la PMTVA est utilisée pour abonder les fonds alloués à la prime à l’herbe.
Les exploitations diversifiées de viande bovine sont d’ailleurs perdantes de la réforme (-1000 euros par exploitation et - 4 % du revenu).
Notamment dans les régions où l’activité bovine est associée aux grandes cultures, comme c’est le cas en Picardie (-20 % du revenu) ou en Champagne-Ardenne (-12 %). En revanche, dans le Limousin (+21 %) et en Midi-Pyrénées (+6 %), les éleveurs sont gagnants, du fait de la nouvelle prime à l’herbe et de la revalorisation de l’indemnité compensatrice de handicap (ICHN).
Enfin les exploitations ovines et caprines sont les grandes gagnantes de la réforme avec une hausse des aides directes de 7800 euros par exploitation (+29 % d’aides directes, +43 % de revenu, voire 60 % en zone de montagne).
Les éleveurs d’ovins et caprins bénéficient non seulement du nouveau soutien à l’herbe, mais aussi de la nouvelle prime ovine et caprine, de la revalorisation de l’ICHN, tout en gardant le bénéfice de l’essentiel de l’ancienne prime à la brebis et à la chèvre.
Les éleveurs d’herbivores gagneront d’autant plus à la redistribution, que la part de l’herbe dans la surface fourragère est importante. Le gain pourra se transformer en perte dès lors que le poids du maïs ensilage est élevé. Ce sera le cas pour les éleveurs de bovins laitiers et de bovins viande de la plaine, qui verront leur revenu diminuer de 5 %, alors que leurs collègues de la montagne enregistreront un gain de revenu de plus de 25 % dans le cas des éleveurs laitiers et d’un peu plus de 12 % dans le cas des éleveurs de bovins viande, explique l’Inra.


