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Un gel temporaire des quotas en 2009-2010
Assemblée générale de la FNPL
Jura agricole et rural
Publié le:  02 avril 2009
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Jean-Michel Lemétayer a été très direct dans son intervention : « la situation est intenable. Les producteurs sauront se mobiliser et sortir de leurs fermes »

Les producteurs de lait ont accueilli avec soulagement l’annonce de Michel Barnier le gel de 1 % de quota supplémentaire prévu par le bilan de santé de la Pac.

«Je propose de geler temporairement la distribution du 1% de quota supplémentaire pour la campagne 2009/2010 », a annoncé Michel Barnier à l’assemblée générale de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) qui s’est déroulée au Mans, les 24 et 25 mars.

En effet l’accord du 20 novembre sur le bilan de santé de la Pac prévoit une augmentation de 1 % par an et pendant cinq ans du quota national jusqu’au démantèlement complet des quotas en 2014/2015. Pour maîtriser davantage la production, le ministre a proposé de démarrer la campagne 2009/2010 avec des règles de gestion des allocations provisoires très strictes. Le taux final d’allocations provisoires qui sera notifié à chaque producteur ne pourra excéder 3 %. Il était compris entre 2 et 10% lors de la campagne 2008/2009.

Ces mesures sont assorties d’une clause de rendez-vous avec la filière laitière au début de l’été pour confirmer ou assouplir le dispositif en fonction de l’évolution du marché des produits laitiers, à ce moment-là.

Henri Brichart, le président de la FNPL a accueilli favorablement les propos de Michel Barnier : « Il s’agit d’un signe fort de maîtrise de la production », a-t-il indiqué, même si la FNPL aurait souhaité une neutralisation totale des allocations provisoires. Reste que cela ne sera certainement pas suffisant pour redresser durablement les marchés, la Commission de Bruxelles n’ayant donné aucun signe dans le sens d’une maîtrise de la production, lors du Conseil des ministres européens du 23 mars. Et les principaux producteurs lait bradent leurs excédents de beurre et de poudre.

La bataille du prix
La prochaine bataille va s’engager avec les transformateurs. Elle porte sur les modalités de fixation du prix du lait pour le deuxième trimestre 2009 et les suivants dans une conjoncture laitière « catastrophique ». « Il y a des limites que nous ne franchirons pas », a d’ores et déjà averti Henri Brichart. « J’appelle les entreprises à faire preuve de sagesse et qu’elles ne s’alignent pas sur le moins disant pour arriver à une situation acceptable. On ne peut imaginer un seul instant que le raisonnement des industriels porte seulement sur le marché du beurre et de la poudre », a insisté le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer. À ce stade, les Pouvoirs publics ont donné leur accord à la mise en place d’une série d’indicateurs au niveau national qui seront suivis par l’interprofession laitière afin de faciliter les négociations au niveau régional.
À plus long terme, la FNPL a pris acte de la disparition des quotas en 2015.

Les délégués ont consacré une bonne partie de leur ordre du jour à une réflexion prospective sur les nouvelles valeurs de la FNPL « dans un contexte laitier nouveau » et sur les nouveaux outils de régulation à mettre en place. Pour remplacer les quotas, les producteurs défendent la mise en place de contrats avec les entreprises sous l’égide de l’interprofession qui doivent comporter des indications de volumes et de prix. On s’en doute, les entreprises ne veulent pas aller si loin, et si elles sont d’accord sur des contrats, elles ne veulent pas qu’ils soient trop contraignants.


Rebâtir le syndicalisme laitier
La FNPL a décidé de lancer « une réflexion ambitieuse » sur l’avenir du syndicalisme laitier appelée « FNPL 2015 ». Un point d’étape de cette réflexion qui est encore en construction a été présenté au congrès de la FNPL, le 24 mars au Mans. Les objectifs sont multiples.

Il s’agit pour la FNPL de « bâtir un programme politique », « se saisir des grands enjeux », « se projeter comme acteur », « refonder les valeurs sous-jacentes du positionnement de la FNPL » et « préparer l’accompagnement des producteurs ». En un mot, l’ambition pour le syndicat est de « développer le leadership » de la FNPL. Cinq groupes de travail ont été mis en place et coordonnés par Thierry Roquefeuil, secrétaire général du syndicat. Parmi les propositions : « La nécessité de faire évoluer la réglementation nationale des quotas pour permettre le passage d’une politique de pénurie à une politique de surplus ». « Aujourd’hui le quota laitier ne correspond plus à une capacité d’écoulement correctement valorisée pour les producteurs », explique Thierry Roquefeuil.

« Preuve en est : 5 % de sous-réalisation cette campagne et des marchés au plus bas ! ». Si le quota ne joue plus son rôle, « le DPU n’est pas suffisant pour servir de politique agricole » non plus. Le choix est « de nous investir de manière forte dans l’organisation économique des producteurs », conclut le secrétaire général.




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