Le Jura Agricole et Rural
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Une priorité : le service aux adhérents
Serge Lepage (Ratho)
Jura agricole et rural
Publié le:  24 avril 2009
Page 13 

Serge Lepage, directeur de la station régionale horticole

Directeur de la station expérimentale horticole de Brindas (Rhône), depuis 1996, Serge Lepage a vécu de nombreuses évolutions.

Lorsque le Comité national interprofessionnel de l’horticulture a disparu en 1996, il a fallu repenser les structures d’aide technique. Une réflexion a été engagée et nous avons souhaité que les professionnels soient partie prenante.

Par ailleurs, les contrats de plan ont été un signe fort pour asseoir la technique dans les bassins de production ».

Serge Lepage le constate : aujourd’hui, le Ratho est un outil technique incontournable, plébiscité par huit cents professionnels adhérents. Mais il a été nécessaire de repenser aussi la stratégie d’accompagnement financier. « La Région pourvoit à notre budget à hauteur de 35 %, l’État, via Viniflhor y contribue pour 25 %. 45 % de notre budget est autofinancé par les adhérents, le mécénat, les crédits d’impôts recherche… Nous pouvons être accusés de réaliser une politique clientéliste, mais nous répondons aux attentes des adhérents ».

Pour Serge Lepage, le rôle de chasseur de prime est parfois prenant. « Mais cela nous a permis d’anticiper et de bien coller aux demandes de la profession. Les horticulteurs ont besoin d’un pôle technique dans lequel travaillent des hommes proches d’eux et de leurs inquiétudes. Ils attendent d’une station d’expérimentation des résultats concrets et facilement transposables en entreprise. Notre travail a permis de fédérer une profession, car la technique fédère les hommes ».

Un lieu d’échanges
Le succès des journées techniques en témoigne : les professionnels suivent de près les expérimentations. « Sans nos huit cents adhérents, je me poserais la question de l’utilité de notre travail. Nous sommes des catalyseurs, notamment pour le développement de la technique « fournisseurs », en validant l’innovation et en la diffusant. De plus, notre structure est souple et s’adapte très vite, offrant ainsi aux professionnels une grande réactivité ». Pour l’équipe dirigée par Serge Lepage, les actions d’expérimentations conduites à Brindas doivent permettre aux adhérents de retrouver leur investissement.

« Si nous avons persisté dans la durée, c’est que nous avons marqué l’horticulture par la recherche appliquée et la vulgarisation. Notre écoute de la profession et de la société, nous a aussi toujours permis d’avoir une longueur d’avance. Aujourd’hui, nous pouvons aller plus vite plus loin, car nous n’avons pas à découvrir des fondamentaux ».

En 25 ans, Serge Lepage a aussi mesuré l’inflation technocratique. « Nous sommes dix dans la barque, mais un seul rame. L’inverse serait mieux. Hier, l’on fonctionnait avec une enveloppe. Aujourd’hui, j’ai jusqu’à 11 décrets pour piloter une opération ! C’est difficile d’asseoir une station sur la durée ».

Dans la semi-privatisation qui est celle du Ratho, Serge Lepage voit deux intérêts majeurs. « Avec le soutien des professionnels, nous pouvons construire l’avenir. Rechercher des idées et des fonds oblige à aller toujours de l’avant. Nos partenariats renforcent notre crédibilité et nous produisons de l’expérimentation pour produire de l’information ».




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