Des populations en recrudescence, impossible à contenir, qui exercent de très fortes pressions sur la faune comme sur les cultures.
Le cormoran met en péril l’écosystème de la Dombes » affirme avec force Jean-Luc Payet Pigeon, président du syndicat des propriétaires exploitants des étangs de la Dombes.
Sa population est estimée à environ 20 000 individus. Présents de novembre à avril, ils occupent des zones dortoirs sur la Saône, l’Ain et le Rhône. Ils s’installent en particulier dans les réserves comme Miribel Jonage où ils sont à l’abri et qui ne sont situés qu’à quelques kilomètres des étangs de la Dombes.
« Depuis leur arrivée dans les années 90, notre activité n’a cessé de décliner avec une baisse de rentabilité par hectare. Nos revenus sont passés d’une moyenne de 800 à 450 euros à l’hectare » décrit le président du syndicat des propriétaires exploitants.
« Un cormoran ingurgite 700 à 800 g de poisson par jour. Ils s’attaquent aux brochets et aux carpes qui sont des poissons statiques. Ceux qui en réchappent sont souvent blessés et contractent des virus devenant ainsi impropres à la vente. On peut dire que cela occasionne un stress chez les poissons avec pour conséquences la diminution de la fertilité. » Il y a bien sûr des opérations de régulation effectuées contre les vols. Des canons sont installés pour effrayer les volatiles.
Cette méthode, loin d’être idéale, a aussi un impact non négligeable sur les autres espèces d’oiseaux qui finissent par déserter les étangs, sans oublier les habitants qui doivent subir les désagréments des détonations régulières. En hiver, lorsque les étangs sont gelés, les cormorans s’installent aux abords des rivières et déciment les populations des cours d’eau.
Un prédateur malin
Autres volatiles nuisibles, la corneille noire et dans une moindre mesure le corbeau freux. Alain Rousset, directeur de la fédération des chasseurs de l’Ain explique que la corneille noire est un animal opportuniste particulièrement malin. Elle exerce une forte pression à la fois sur l’agriculture et sur la faune.
La corneille pille les nids en se nourrissant des œufs de canards, de perdrix et de faisans. Il lui arrive même de s’attaquer à des lapereaux. Avec le corbeau freux, qui lui n’est que végétarien, la corneille noire peut mettre à mal les cultures en ponctionnant une forte proportion des semis. S’ils profitent des graines laissées lors des moissons, ils ne se privent pas d’intervenir avant la levée d’où un manque à gagner pour l’agriculteur.
« Les becs droits sont en recrudescence, mais il est impossible d’évaluer le nombre, nous avons tout de même récompensé au moins 10 000 prises, ce qui ne représente rien par rapport à la population présente sur notre territoire » précise Alain Rousset. « La régulation est très difficile parce que l’accès des propriétés privées nous est souvent interdit. De plus, depuis 1986, le tir au nid est interdit, il reste le piégeage et le tir en vol, la récompense est de 0,080 centimes d’euro pour chaque prise.
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