Publié le 17/10/2019 à 00:00 / Jura Agricole

AGRICULTURE DE CONSERVATION

Le 15 octobre dernier, une délégation de responsables professionnels agricoles jurassiens participait à une projection débat sur l'agriculture de conservation et de régénération des sols autour du film, « Bienvenue les vers de terre ». Alors que l'agriculture conventionnelle et l'agriculture biologique sont souvent placées en opposition, l'agriculture de conservation pourrait bien constituer une nouvelle voie répondant à la fois aux besoins économiques et sociaux des agriculteurs et aux exigences de la société et des consommateurs.

L'agriculture de conservation : une voie médiane ?

Au travers de cette démarche, les trois députés, Jean Marie Sermier, Gérard Menuel et Rémi Delatte, organisateurs de cette soirée ont souhaité présenter ce qu'est l'agriculture de conservation à leurs collègues parlementaires et faire témoigner des agriculteurs, qui pour certains, pratiquent cette technique agronomique depuis plusieurs décennies.
Sarah Singla, Présidente de l'association Clé 2 sol en a rappelé les fondamentaux : Une couverture de sol qui implique le maintien des résidus de culture en surface et l'implantation de couverts végétaux durant l'interculture ; des semis sans travail du sol pour limiter au strict minimum la perturbation de l'activité biologique lors du dépôt de la semence dans le sol, favoriser la porosité verticale naturelle et d'augmenter le taux de matière organique. Enfin, la diversification des cultures et l'organisation de rotations pour réduire les maladies grâce à la complémentarité des espèces.
Dans un contexte où les questions d'érosion des sols, de biodiversité, de gestion de la ressource en eau ou encore de réduction des gaz à effet de serre, constituent des sujets de préoccupation majeurs pour la société, cette forme d'agriculture apporte des solutions concrètes et transposables. L'agriculture de conservation pourrait faire l'unanimité tant elle apporte de réponses aux problèmes sociétaux. Néanmoins elle nécessite l'utilisation d'un minimum d'herbicides. Cette nécessité repose la question de la hiérarchisation des enjeux. Vaut-il mieux se passer totalement du glyphosate et tomber dans une forme d'idéologie radicale, voire d'hystérie collective, ou ne peut-on pas envisager d'autres voies comme l'agriculture de conservation, y compris en maintenant autorisée l'utilisation de certaines molécules ?
Les enjeux liés à l'alimentation de demain, avec des évolutions climatiques importantes ne nécessitent ils pas une réflexion plus globale sur la captation du carbone et la gestion de l'eau plutôt qu'une approche réductrice des solutions à ce problème planétaire ?
Ces questions sont essentielles et méritaient d'être posées dans les murs de l'Assemblée. Alors que la représentation nationale méconnait de plus en plus la technique agricole, cette soirée débat a eu le mérite de rappeler certains fondamentaux de l'agriculture en rentrant par l'agronomie et en détaillant sa contribution aux trois piliers du développement durable : économie, social et environnemental.
D'autres parlementaires susceptibles de porter ce débat central au sein du gouvernement étaient également présents et notamment, Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse et rapporteur du projet de loi Egalim et Julien Dive, député de l'Aisne et président d'une mission d'information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate. A noter également la présence d'Anne Sander, députée européen et Marie Christine Chauvin, sénatrice du Jura.