Publié le 11/09/2019 à 00:00 / Jura Agricole

VIE SYNDICALE

Au regard de la situation météorologique de l'été passé et des régions voisines cette année, les représentants des agriculteurs jurassiens réunis en conseil d'administration s'estiment heureux d'avoir bénéficié d'orages salvateurs sur le mois d'août. Pour autant, si le moral est meilleur de ce point de vue, bien d'autres sujets sont motifs d'inquiétudes en cette rentrée syndicale...

La rentrée de la FDSEA

Lors de la rentrée syndicale, le président de la FDSEA du Jura, Christophe Buchet a rappelé que sa structure a été très vigilante sur l'évolution climatique durant les dernières semaines. Elle est intervenue auprès de l'administration sur deux problématiques. Tout d'abord, concernant l'irrigation, en demandant au préfet de maintenir les autorisations d'arrosage sur les productions de semences, de maïs et de soja en journée. Et en demandant une nouvelle fois d'avoir une gestion dissociée des bassins hydrographiques avant la prise d'arrêté sécheresse. Ensuite concernant la viticulture ; en demandant l'exonération de la taxe sur le foncier non bâti (gel puis sécheresse) et en demandant la mise en place d'un dossier calamité pour perte de fonds pour prendre en charge la mortalité de pieds de vignes de cet été.

 

Corbeaux et « corbeaux »


De leur côté, les espèces nuisibles continuent de pulluler - que ce soit les sangliers ou les corbeaux - et génèrent des pertes de plus en plus importantes dans le Jura. Au printemps 2019, les corbeaux freux et les corneilles noires ont provoqué des dégâts très importants sur les semis de printemps... Dégâts estimés par la FDSEA entre 200 000 et 300 000 € l'an passé. Face à cette situation, la FDSEA va relancer une démarche de lutte globale comprenant du piégeage avec cages individuelles ou grandes cages et des campagnes de tir. L'objectif étant d'anticiper les risques pour la campagne 2020. Une réunion préparatoire aura lieu début octobre avec la Fredon, les services de l'administration concernés, la fédération de chasse, les louvetiers, les piégeurs, les coopératives et la chambre d'agriculture.
Dans un autre genre, les agriculteurs sont également de plus en plus victimes de « corbeaux » bien attentionnés reconnus sous le titre de lanceurs d'alertes. Chaque individu pouvant désormais assouvir sa soif de justice, les auditions d'agriculteurs ayant curé un fossé ou coupé une haie se multiplient. Le Jura n'est pas épargné par ce phénomène et dans la plupart des cas, les sanctions sont disproportionnées par rapport à l'impact réel de leur intervention.
Dans certains cas remontés à la FDSEA, le seul reproche « recevable » pouvant être fait aux exploitants est de ne pas avoir fait de demande administrative au préalable. Pourtant les transactions pénales proposées par la DREAL restent ahurissantes (plusieurs milliers d'euros d'amendes et compensations environnementales incongrues...).
La FDSEA engage ses adhérents à la solliciter dès le début de la procédure pour analyser la situation et le cas échéant monter un dossier de refus de transaction pénale. Face à la montée en pression des agriculteurs, le syndicat n'exclut aucun mode d'action syndicale sur le sujet dans les prochaines semaines.


ZNT riverains


Alors que la consultation publique sur les zones de non traitements à proximité des habitations vient d'être lancée (cf ils revendiquent), la FDSEA du Jura s'est posée la question sur la stratégie à adopter pour limiter les impacts pour l'agriculture.
Faut-il mettre en place une charte des riverains pour éviter des zones de non traitement trop importantes ? Faut-il faire valoir des compensations financières ? Le combat médiatique semble perdu d'avance pour bon nombre d'exploitants autour de la table. Pour autant, il est hors de question pour la FDSEA de laisser n'importe qui dire n'importe quoi. Les positions extrêmes de maires, cherchant à aller dans le sens du vent, en prenant des arrêtés interdisant l'utilisation de phytos à six mois des élections municipales, ne sont pas acceptables. Jusqu'où va aller l'agribashing ? C'est la question qu'a posée la semaine dernière Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, lors de son entrevue avec le ministre de l'Intérieur. «Un jour c'est certain, un agriculteur va péter un câble » semonçait-elle alors au premier flic de France. Une analyse partagée par les responsables syndicaux jurassiens qui font également remonter aux services de renseignements chaque acte de malveillance à l'encontre des agriculteurs.


PE.Brunet