Publié le 22/11/2018 à 00:00 / Jura Agricole

Journée régionale porcine

Sandrine Schwob, ingénieur à l'IFIP, est l'invitée cette année de la journée régionale porcine : elle dressera à cette occasion un tableau de la sélection génétique des porcs. Outre les critères techniques classiques, le levier génétique permet aussi de répondre à d'autres enjeux, tels que le bien-être animal ou la résistance aux maladies...

Le levier génétique

Pour la sixième année, un forum des métiers du porc se tiendra dès 10 heures, le 28 novembre prochain à Saône dans le cadre de la journée régionale de la filière porcine. L'occasion pour tous les publics concernés par l'élevage porcin de se rencontrer : futurs cédants, jeunes en formation qui se destinent au métier ou avec un projet d'installation et salariés agricoles sont ainsi invités à échanger avec les acteurs régionaux en charge de l'installation et de la transmission des exploitations, ainsi que des représentants du monde de la formation et de l'emploi agricole.


Une organisation pyramidale


Le sujet technique retenu cette année est celui de la génétique, avec pour invitée Isabelle Schwob. Ingénieur d'études à l'Ifip – Institut du Porc, elle est en charge avec ses collègues de l'évaluation des reproducteurs, et en particulier de la recherche de nouveaux indicateurs pour sélectionner la qualité du gras intra-musculaire. Le schéma français de production porcine a une structure pyramidale à trois niveaux : l'étage de sélection, fournisseur de reproducteurs de race pure génétiquement améliorés, l'étage de multiplication, chargé de diffuser un grand nombre de reproducteurs croisés jusqu'à l'étage de production où sont produits les porcs charcutiers. Classiquement, les races Large white et Landrace sont utilisées pour la voie femelle, avec des critères de sélection tournés vers la sphère de la reproduction (qualités maternelles, fertilité, prolificité...). Pour la voie mâle c'est principalement le Piétrain qui est utilisé, ainsi que le Duroc, et cette fois la sélection porte sur le volet ''viande'' (indice de croissance, conformation bouchère, rendement de carcasse...) « L'évaluation génétique des reproducteurs s'appuie sur des modèles statistiques, qui sont alimentés par les résultats du contrôle de performances mis en place dans les élevages de sélection et les stations de recherche, ainsi les données d'abattage, explique Isabelle Schwob. Nous utilisons aussi les données génomiques, qui permettent de prédire la valeur génétique d'un animal. »


Anticiper les évolutions


Les attentes en matière de génétique porcine sont multiples, et émanent de plusieurs niveaux. « Les producteurs recherchent l'amélioration des critères technico-économiques, comme par exemple le nombre de porcelets sevrés par truie et par an, ou l'efficacité alimentaire (l'alimentation représente 70% des coûts de production). Le secteur de l'abattage et de la transformation attend des progrès sur certains critères technologiques (homogénéité des carcasses, pH de la viande, taux de gras sur maigre, qualités du gras...) Enfin, consommateurs et citoyens ont aussi des demandes, pour des aspects visuels et organoleptiques par exemple, ou au niveau sociétal l'arrêt de la castration ou l'utilisation de moins d'antibiotiques en élevage. Le travail de généticien est d'anticiper les évolutions futures de tous ces souhaits, de les hiérarchiser et les combiner judicieusement, en pondérant chaque critère retenu dans son schéma de sélection. »
L'émergence des préoccupations environnementales se traduit aussi dans les schémas de sélection... avec une piste de recherche prometteuse, celle de la caractérisation génétique du microbiote intestinal du porc. « Les populations bactériennes hébergées dans le tube digestif du porc jouent un rôle clé, aussi bien pour les aspects santé et résilience qu'en terme d'efficacité alimentaire. Si on parvient à orienter cette flore à travers la ration pour améliorer l'efficacité de la digestion, c'est positif à la fois pour l'éleveur, qui améliorera sa marge, et pour l'environnement, car ça réduit les gaspillages et les émissions de gaz à effet de serre. »


AC