Publié le 12/06/2018 à 00:00 / Jura Agricole

GENDREY

Si les orages de grêles sur Nozeroy ont fait les titres des journaux la semaine dernière, la FDSEA du Jura fait le constat que de nombreux autres secteurs ont été touchés à différents niveaux par les orages de ces dernières semaines. Elle était sur le terrain au nord du département vendredi dernier pour faire un état des lieux des pertes.

Les orages frappent aussi le nord Jura

De la terre dans les foins, du colza grêlé, des orges couchées, de la fusariose dans les blés, des sojas et maïs en partie noyés dans les baissières, voilà en quelques mots le constat fait vendredi dernier par les agriculteurs du secteur de Gendrey lors d'une tournée de terrain initiée par Eric Druot et Christian Poux, les responsables FDSEA locaux.

Sans vouloir noircir le tableau, les agriculteurs ne cachent pas leur déception et s'attendent à une année compliquée « jusqu'à il y a un mois tout était beau, depuis il n'arrête pas de pleuvoir » résume Sébastien Thiou avant le départ pour le tour de plaine à Thervay, Gendrey, Taxenne et Sermange.
Un constat qui aurait pu être pire d'après les agriculteurs de Thervay s'ils n'avaient pas pu nettoyer et entretenir les cours d'eau récemment. « Grâce à l'entretien des fossés, l'eau dans les champs est partie en deux jours, sinon il y en aurait encore dans les parcelles » résume l'associé du Gaec Val Saint Jean. « Il devient urgent de faire des travaux sur l'Ognon et de faciliter ces entretiens » appui Patrick Emery à l'attention des représentants de la DDT ayant fait le déplacement.
Ce qui frappe le plus à la description des faits, c'est l'intensité des orages, jusqu'à 100 millimètres en une heure ! Le souvenir de 2016 est encore dans toutes les têtes et le changement climatique semble se vérifier d'année en année. L'assurance climatique est un investissement conséquent qui est loin d'être parfait. Mais elle semble tout de même rentable sur le long terme assurent plusieurs exploitants présents sur le terrain.

 

Ne pas reproduire l'itinéraire de l'année précédente


D'un point de vue technique, Patrick Chopard, le technicien grandes cultures de la chambre d'agriculture du Jura, a fait part des résultats des derniers comptages de maladies sur blés et constate de vraies différences de potentiel de qualité en fonction du nombre de traitements fongicides réalisés. «Chaque année est différente et la plus grosse erreur est de reproduire l'itinéraire cultural de l'année d'avant, souligne le technicien. Mais étant donné le manque de trésorerie dans certaines exploitations, l'impasse sur un traitement est parfois un non-choix ». La FDSEA a rappelé son combat syndical sur le sujet notamment pour la reconnaissance d'une épargne de précaution sans taxes les bonnes années, qui pourrait être réinjectée en trésorerie les mauvaises années. Au niveau administratif, il a également été rappelé qu'une procédure calamité allait être lancée pour les pertes sur herbe. Il faut pour cela justifier une perte en quantité d'au moins 30% et une perte sur le chiffre d 'affaires d'au moins 13% par rapport aux barèmes de la petite région agricole. Enfin, la DDT a rappelé l'obligation de faire des modifications d'assolement pour la Pac par papier uniquement, sans quoi, les exploitants pourraient être sanctionnés en cas de contrôles.


PE Brunet