Publié le 09/11/2018 à 00:00 / Jura Agricole

Bilan Météo

Après plus de six semaines de sec, la fin du mois d’octobre a été marquée par d’importantes précipitations du Sud Rhône-Alpes remontant par la vallée du Rhône jusqu’à Lyon. Cependant, ces pluies ne compensent pas les manques des semaines précédentes.

Les pluies d’octobre ne sont pas suffisantes pour enrayer la sécheresse

Le mois d'octobre 2018 a été marqué par un temps très contrasté. Jusqu'au 20 octobre, dans la continuité du mois de septembre, les conditions anticycloniques ont dominé sur une grande partie du pays. Les températures ont été encore très élevées pour la saison et l'ensoleillement remarquable. Les passages pluvieux ont été peu fréquents hormis sur les régions méridionales qui ont été frappées par plusieurs épisodes pluvio-orageux intenses, notamment les 14 et 15 dans l'Aude et sur le pourtour méditerranéen. En fin de mois, le temps s'est complètement inversé. Les températures ont nettement chuté et la France a connu un premier épisode hivernal précoce avec des chutes de neige jusqu'en plaine du Massif central au Grand Est. Le 29 octobre les premières pluies importantes sont tombées sur l'Ouest et le Sud du pays arrosant le Massif central jusqu'à l'Arc alpin.


Une sécheresse encore d'actualité


Si sur certains sols lourds, les pluies de fin octobre sont encore visibles dans les trente premiers centimètres, dans les sols plus drainants, l'impact de cet épisode pluvieux n'est déjà plus visible. C'est que les sols et la végétation de la région Rhône-Alpes, Bourgogne et Jura ont toujours soif après plus de six semaines, parfois jusqu'à dix semaines d'absence totale de précipitations significatives. C'est dans le Nord-Est de la zone Rhône-Alpes Bourgogne et Jura que la situation est la plus difficile comme dans le Grand Est de la France. Seules exceptions, l'extrême Sud de la zone Sud-Est Centre, dans les environs de Montélimar et Lanas, où les épisodes méditerranéens ont apporté des cumuls importants. Ces deux stations météo ont d'ailleurs enregistré de bonnes pluies avec 230 mm à Lanas et 170 mm à Montélimar soit pour les deux stations un excédent de pluie de 27 % par rapport à la normale mensuelle. Quelques pluies ont réussi à remonter jusqu'à Bourg-Saint-Maurice qui affiche également un petit surplus de 5 % par rapport à la normale avec 64,3 mm. Toutes les autres stations de Rhône-Alpes, Bourgogne et Jura affichent des cumuls de précipitations inférieurs à la normale.


Des précipitations inférieures aux normales


Ces stations se divisent en trois groupes, celles qui limitent la casse avec moins de 15 % de déficit, celles qui n'ont reçu que deux tiers des pluies et celles qui affichent des cumuls proches ou inférieurs à la moitié de la normale. S'il manque quelques millimètres d'eau pour atteindre la normale à Grenoble et à Lyon, les stations d'Ambérieu, de Chambéry et Les Sauvages affichent un déficit de plus de 30 %. Il est par exemple tombé que 75 mm à Chambéry pour une normale de 111 mm. Enfin, trois stations météo affichent des cumuls de précipitations très bas pour un mois d'octobre. À Dijon, il n'est tombé que 40 mm d'eau pour une normale de 80 mm. Plus à l'Est, à Lons-le-Saunier, les pluviomètres n'ont récolté que 50 mm pour une normale de 107,4 mm. Dans les Alpes du Nord, à Thonon, les précipitations ne représentent que 30 mm pour une normale de 93 mm, soit à peine un tiers des pluies d'un mois d'octobre normal. Ces faibles cumuls dans de nombreuses stations météo renforcent le déficit cumulé depuis le début de l'année 2018. Sur les treize stations suivies, seules cinq affichent un excédent de précipitations depuis janvier, Lanas et Montélimar dans le Sud Rhône-Alpes, Dijon et dans les Alpes Bourg-Saint-Maurice et Thonon. Quand on observe les cumuls de précipitations depuis septembre qui marque le début de la période de recharge des nappes phréatiques, toutes les stations sont en déficit. Le Nord-Est de la région est particulièrement touché, sur une ligne reliant Thonon, en passant par Lons-le-Saunier et jusqu'à Dijon.


Des températures supérieures à la normale


Les températures d'octobre sont restées supérieures aux normales la majeure partie du mois. Sur un large quart Nord-Est, la température moyenne a souvent été 2 à 4 °C au-dessus des valeurs de saison et du 10 au 14, les maximales y ont atteint 20 à 25 °C soit 8 à 10 °C de plus que la normale. Malgré un rafraîchissement marqué en fin de mois, la température moyenne mensuelle sur la France et le Centre-Est est de près de 1 °C au-dessus de la normale. Parallèlement, ce mois d'octobre se classe ainsi parmi les mois d'octobre les plus ensoleillés.


Camille Peyrache