Publié le 20/03/2019 à 00:00 / Jura Agricole

FÉVRIER 2019

C’est un mois atypique que l’on vient de vivre, un mois de février aux valeurs printanières, où des records de chaleur ont été battus partout en France, où les valeurs de précipitations ont été faibles et l’ensoleillement très élevé pour cette saison.

Une douceur remarquable pour le deuxième mois de l’année

Tout avait commencé comme un mois de février « normal ». La première décade du mois de février a été conforme aux températures saisonnières. Puis les deux dernières décades du mois de février ont enregistré des températures supérieures aux normales de + 3°C et + 4,2 °C en raison d'un fort anticyclone qui s'est maintenu pendant près de quinze jours.
Si les températures minimales sont assez proches des valeurs normales en raison de nuits plutôt fraîches, ce sont surtout les températures maximales qui ont connu des valeurs largement supérieures aux valeurs normales. Au final, la température moyenne du mois de février en France s'est établie à 8,3°C, soit + 2,3 °C par rapport à la normale. Cette douceur a été enregistrée sur l'ensemble de l'Hexagone, avec un écart maximal dans le Nord-Est, où il a atteint + 5,6°C. Profitant de cette douceur, la végétation est sortie de sa dormance. Par exemple, les parcelles de colza de la région ont dépassé le stade montaison, avec 60 % des parcelles avec des boutons floraux observables. Les semis de maïs ont également démarré.


Des précipitations déficitaires


Les précipitations du mois ont été déficitaires en moyenne (- 31 %) sur toute la France. Il n'a quasiment pas plu pendant les deux dernières décades du mois sur toute la France. Dans le centre-est, des précipitations abondantes ont eu lieu pendant les dix premiers jours, avec d'importantes chutes de neige dans les Alpes du 1er au 3 février.
Au final, la situation est contrastée dans la zone Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté. En Ardèche, dans le Jura, en Savoie et en Saône-et-Loire, il manque plus de 50 % des précipitations par rapport à la normale. Par exemple, à Lons-le-Saunier, il n'est tombé que 15,4 mm contre une normale de 52,5 mm. À Bourg-Saint-Maurice, il est tombé 39,9 mm pour une normale à 86,1 mm. Dans l'Ain et le nord du Rhône, le déficit est de l'ordre de 30 à 40 %. À Bourg-en-Bresse, le cumul mensuel de précipitations s'élève à 40 mm pour une normale de 73,3 mm, tandis qu'à Lyon, les pluviomètres ont enregistré 29,4 mm pour une normale de 44,1 mm. À Montélimar, il manque 13 mm par rapport au 45 mm de la normale.

À l'inverse, sur la station de Saint-Étienne, les précipitations ont été légèrement conformes à la normale.


Un déficit de précipitations


Si l'on observe les précipitations cumulées depuis le début de la période de recharge des nappes phréatiques, le 1er septembre 2018, les précipitations sont déficitaires de 10 à 20 % par rapport à la normale dans la moitié nord de la zone Centre-Est, le long d'une ligne Saint-Étienne - Chambéry, et égales ou légèrement supérieures à la normale au Sud. Ce mois de février 2019 présente un excédent de température de l'ordre de 2,2°C en moyenne sur la France. Il a donc été très doux mais d'autres mois de février ont été plus doux par le passé, notamment le mois de février 1990 où l'excédent de température avait atteint 4,3°C.

Côté précipitations, on observe un déficit de l'ordre de 37 % à l'échelle nationale en raison d'une longue période de temps sec à partir de la mi-février. Enfin, l'ensoleillement a été exceptionnel au cours de ce mois de février avec un excédent de plus de 60 % en moyenne sur la France. De très nombreux records d'ensoleillement ont été battus dans la plupart de nos régions.


Camille Peyrache