Publié le 09/01/2020 à 00:00 / Jura Agricole

BILAN METEO

Des pluies excédentaires, des épisodes méditerranéens à répétition, une neige lourde qui tombe en abondance et cause des dégâts importants... le mois de novembre a été chahuté, c'est le moins que l'on puisse dire. Sauf pour les températures qui sont restées proches des moyennes de saison.

Il a plu deux fois plus que d'habitude en novembre

Le mois de novembre restera dans les annales en raison de précipitations très excédentaires. Il est tombé le mois dernier deux fois plus de pluies que la normale, avec des records enregistrés dans le Sud-Ouest et près de la Méditerranée. En moyenne, ces pluies ont été supérieures de 94 % à ce qu'il tombe habituellement sur le territoire national. Toutes les régions ont été très arrosées, indique la dernière note de climatologie d'Agreste du 9 décembre, sauf la plaine d'Alsace, dans le quart Nord-Est, et le secteur du Roussillon, entre les Pyrénées-Orientales et l'Hérault, en raison là, d'une tramontane persistante.
Le Sud-Est et la Corse ont été touchés par une succession d'épisodes méditerranéens, générant un excédent pluviométrique de près de 140 % en moyenne, atteignant même 176 % à Marseille, selon la Chaîne Météo : exceptionnel ! Dans le Sud-Ouest, l'excédent atteint 148 % en moyenne, avec des records de précipitations à plus de 500 mm enregistrés dans le pays basque et dans le Béarn. Au 1er décembre, Agreste relève un indice d'humidité des sols là aussi excédentaire sur la plus grande partie du territoire, à l'exception de quelques zones éparses situées entre le Puy-de-Dôme et le Bas-Rhin. Côté températures, celles-ci ont été très proches des normales de saison sur novembre.
La moyenne mensuelle s'établit à 9,2 °C. Elle est supérieure de 0,3 °C par rapport aux relevés habituels, et ce malgré une deuxième décade un peu fraîche.


La pluie, puis la neige


Dans le Centre-Est, en Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté, la pluie est aussi tombée dans des volumes supérieurs à un mois de novembre classique, puisqu'on note un excédent de 50 % en moyenne. Si l'on recentre notre analyse sur l'Ain, l'Ardèche, la Drôme, l'Isère, le Jura, la Loire, le Rhône, la Saône-et-Loire et les Savoie, ces départements enregistrent un niveau moyen supérieur de 70 % sur la période. Les stations de Montélimar, Grenoble et Chambéry ont même affiché des excédents de plus de 100 % (+ 124 % pour la Drôme et l'Ardèche). En ce qui concerne les températures, même tendance qu'au niveau national, à + 0,3 °C : novembre a été, pour le coup, proche des moyennes annuelles.
Trois événements ont marqué l'avant- dernier mois de l'année. D'abord la tempête Amélie le 3 novembre, qui a surtout concerné la côte aquitaine et le pourtour de la Méditerranée. Le Sud a subi plusieurs phénomènes méditerranéens, dont un très fort les 22 et 24 novembre. Entre les deux, nos départements ont été confrontés à un important épisode de neige le 14 novembre. De l'air humide en provenance de la Méditerranée a rencontré de l'air beaucoup plus froid dans le Centre-Est, générant d'abondantes chutes de neige. Les départements de la Drôme, de l'Ardèche, de l'Isère et de la Loire ont été particulièrement touchés. La Chaîne Météo rapporte de forts cumuls de neige, à Valence, où il est tombé 12 cm, Saint Étienne (11 cm), Grenoble Saint-Geoirs (21 cm) ou Lyon Saint-Exupéry (15 cm, un record !). Cette neige très lourde a causé des coupures d'électricité, qui ont duré plus d'une semaine à certains endroits, et de nombreux dégâts sur la végétation et l'habitat : des vergers ont été couchés et des bâtiments agricoles se sont effondrés sous le poids de la neige.


Salutaire pour les nappes


Les quantités d'eau qui sont tombées en novembre ont dû largement profiter à relever les niveaux des nappes, après un mois d'octobre où elles s'étaient déjà stabilisées et s'orientaient progressivement à la hausse. La dernière note d'information publiée par le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) remonte au 1er novembre, aucun bulletin de situation hydrogéologique plus récent n'avait été établi au 17 décembre (jour de bouclage de notre édition, NDLR). Cette note faisait état d'une situation mitigée pour les nappes d'Auvergne-Rhône-Alpes : « sur les bassins du Rhône amont, de la Saône et de la Loire amont, les nappes accusent toujours des effets de la forte sécheresse de cet été. Les pluies efficaces, bien qu'excédentaires en octobre, n'ont pas été suffisantes pour profiter aux eaux souterraines ». Une situation que les précipitations de novembre ont assurément dû infléchir.
Si le retour de la pluie en octobre et novembre était attendu, les forts cumuls enregistrés sur les derniers mois et surtout le nombre important de jours où il a plu, ont cependant retardé les chantiers de semis dans la plupart des régions. Une partie de la sole céréales a pu être implantée avant ces pluies et en passant entre les gouttes, annonce Arvalis le 12 décembre, mais il reste une surface significative à semer. 


Sébastien Duperay