Publié le 20/04/2020 à 00:00 / Jura Agricole

COVID-19

Déjà complexe en temps normal, la gestion des communes a été bouleversée le 17 mars avec le début du confinement. Dans les zones rurales, les maires redoublent aujourd'hui d'efforts afin de rendre cette période moins difficile à vivre pour leurs administrés.

Le confinement, un casse-tête au quotidien pour les maires ruraux

Personnel soignant, forces de l'ordre, agriculteurs... La crise sanitaire actuelle met aujourd'hui en lumière plusieurs professions stratégiques pour le bon fonctionnement du pays. Souvent oubliés, les maires se trouvent eux aussi en première ligne, notamment dans les communes rurales. « L'engagement des maires dans la représentation au quotidien de l'État est total. Ils doivent gérer une situation exceptionnelle en veillant notamment au bien-être des plus fragiles », met en avant Cédric Szabo, directeur de l'association des maires ruraux de France (AMRF). Et de poursuivre : « Cela demande une grande disponibilité, de la réactivité et un vrai sens du devoir, car il faut souvent se substituer à des opérateurs qui ne sont pas en mesure de répondre à leurs obligations. Après cet épisode, plus personne ne pourra venir remettre en cause l'utilité de nos maires ».

 

« Les marchés ouverts sont moins risqués que les grandes surfaces »

 

Maire de Bellenaves (Allier) depuis vingt-cinq ans, Dominique Bidet a été battu dès le premier tour des dernières élections municipales. Mais selon le principe de continuité républicaine, c'est bien lui qui porte encore la charge des affaires de cette commune de mille habitants. « Le plus compliqué pour moi a été de prouver ma légitimité. L'équipe élue, faisant semblant de ne pas comprendre, en a profité pour distribuer des tracts et m'appelle aujourd'hui le maire par transition. Pour autant, si le laps de temps habituel se prolonge à cause de circonstances exceptionnelles, la fonction se prolonge aussi », rappelle-t-il. À Bellenaves, la pharmacie, les commerces alimentaires mais aussi la maison de santé restent encore ouverts, tout comme le marché du mercredi auquel le maire tient particulièrement. « En fonction du préfet en place, il est possible d'obtenir ou non l'autorisation d'organiser un marché. Chez nous, il a été maintenu et c'est une bonne chose car il représente un lieu de rencontre important où l'on est aussi capable de respecter les règles sanitaires. Dans le cas contraire, j'aurais été prêt à désobéir, car les marchés ouverts sont moins risqués que les grandes surfaces dans lesquelles on nous incite à nous rendre. »

 

Encourager les initiatives pour faciliter le confinement

 

Au service de la population à temps plein, Dominique Bidet s'efforce malgré le confinement de prendre soin de ses administrés. Avec ses deux adjoints, ils ont par exemple maintenu leur tour de ville quotidien pour prendre des nouvelles des personnes les plus isolées. Il faut dire qu'en cette période exceptionnelle, les problématiques récurrentes dans les communes rurales (accès à internet, mobilité...) prennent encore plus d'ampleur. Dans sa commune, Dominique Bidet a donc choisi d'encourager les initiatives comme celle de ce restaurateur qui a choisi de se reconvertir temporairement dans le portage de repas. Pas en reste, la mairie a elle aussi eu une idée originale : inciter ses habitants à télécharger une application gratuite où ils peuvent désormais retrouver tous les jours des messages d'information. Très appréciée des Bellenavois, cette application a déjà été téléchargée près de quatre cents fois et contribue à maintenir le lien entre les habitants et leur maire.


P.G.

 

 

Les élus obtiennent le renforcement des activités de la Poste

 
« Peut-on encore faire parvenir un colis ? » « Les agences de la Banque postale sont-elles toujours ouvertes ? » Depuis le 17 mars et le début du confinement, de nombreux habitants de communes rurales s'inquiètent de se retrouver isolés du reste du pays. Il faut dire que la Poste a décidé la fermeture de 90 % de son réseau régulier pour ne maintenir ouverts que 1 600 bureaux de poste. Dans le même temps, les tournées ont été limitées à trois jours consécutifs par semaine : le mercredi, le jeudi et le vendredi. « La gestion de cette crise par la Poste est complètement à côté de la plaque ! Dans certains départements, on ne dénombre plus que quatre ou cinq bureaux de poste ce qui est très insuffisant », regrette Cédric Szabo, directeur de l'association des maires ruraux de France (AMRF). Convoqué le 1er avril par le Premier ministre, Philippe Wahl, PDG du groupe La Poste, a réagi en annonçant un renforcement des effectifs afin d'assurer les tournées un jour supplémentaire dans la semaine. Dans les zones rurales, il a également proposé l'ouverture de mille bureaux de postes supplémentaires après Pâques, s'engageant par ailleurs à ce que ceux-ci soient maintenus au-delà de la période de confinement.