Publié le 20/04/2020 à 00:00 / Jura Agricole

Pois d'hiver

L'épisode gélif de fin mars - début avril associé avec une humidité durant ce dernier mois ont été des facteurs parfois propices à l'apparition de foyers de bactériose. Cependant, si la maladie ne connait pas de traitement curatif, les conditions sèches sont peu favorables à la poursuite de son développement et le potentiel des pois d'hiver semble peu impacté.

Pas d'évolution des foyers de bactériose

La bactériose, quesaco ? Pour rappel, la bactériose comme son nom l'indique est d'origine bactérienne, provoquée par un pathogène de type Pseudomonas syringae. La bactérie est initialement présente sur la surface du pois sans être nuisible. Ce n'est que lorsque que des dégâts mécaniques crées une brèche dans l'épiderme du pois (généralement lié au gel) que la bactérie s'infiltre et peut provoquer les symptômes typiques de la maladie. Ces symptômes sont reconnaissables par l'apparition de tâches grasses, parfois translucides, souvent en éventail sur les stipules et des lésions vitreuses sur les tiges. Avec la chaleur, ces symptômes ont tendance à dessécher et présenter un aspect parcheminé.


Facteurs propices à la maladie


L'expression de la maladie est régie par divers facteurs. D'une part, la quantité d'inoculum présent dans la parcelle, principalement véhiculée par la semence de pois. Il est donc important d'être vigilant sur la provenance de la semence utilisée. Cet inoculum peut persister plusieurs années, expliquant le retour fréquent de la maladie depuis 2016, année de forte pression bactériose.
D'autre part, les conditions météo déterminent l'expression de la maladie. Le gel est le principal facteur d'expression mais le développement de la maladie est également fortement lié aux conditions humides du printemps.
Enfin, la sensibilité du pois au gel influence sur la probabilité de dégâts de gel. Cette sensibilité va dépendre de la variété mais aussi du stade du pois lors de l'épisode gélif. Plus le pois est avancé en stade, plus il sera sensible. Il est donc recommandé de ne pas semer son pois d'hiver trop précocement. Les conditions de semis tardifs de cette année permettent de limiter certains foyers.


Une météo sèche peu favorable à la maladie


De nombreuses lésions symptomatiques observées sont desséchées, ce qui montre que la maladie a été fortement ralentie, voire stoppée. Toutes les situations de maladies avérées ne remettent pas systématiquement en question le potentiel de la culture. Afin d'affiner son diagnostic il est important de juger la surface de la parcelle affectée par la maladie (quelques foyers ou une partie entière de la parcelle), de vérifier l'état d'avancement de la maladie (aspect gras ou desséché, apparition de symptômes récents sur les feuilles hautes ?) et de vérifier si de nombreuses ramifications sont affectées ou non. Il est fréquent que le pois d'hiver sacrifie sa ramification principale souvent touchée par le gel et la maladie afin de compenser avec les ramifications secondaires sans que cela impacte son potentiel.


Une maladie préjudiciable


Quasi absente des parcelles jusqu'en 2016, cette maladie fait à nouveau parler d'elle sur pois d'hiver. Terres Inovia cherche à mieux comprendre les facteurs favorables à son installation afin d'être en mesure d'identifier des leviers de gestion agronomiques. Une enquête vous est proposée sur www.terresinovia.fr. Elle permettra d'alimenter une base de données afin de répondre à cet objectif. Merci de votre participation !


B.Remurier – M.Geloen – Terres Inovia