Publié le 06/05/2020 à 00:00 / Jura Agricole

Grandes cultures

La dernière semaine de temps sec, caractérisée par des températures élevées et du vent, a eu des conséquences assez marquées sur les cultures d'hiver, avant le retour des pluies le 26 avril...

Des pluies bienfaitrices, mais tardives

Les potentiels de rendements sont plus ou moins entamés, selon la réserve hydrique et la nature des sols. « On observe pas mal de dégâts sur les cultures d'orges, par exemple, relève Emeric Courbet, conseiller grandes cultures à la chambre d'agriculture de Haute-Saône : des épis en moins suite à la régression d'une partie des talles, qui sont montés et ont avorté, à cause du stress hydrique. C'est une composante de rendement pour laquelle les possibilités de compensation sont assez réduites, puisque le nombre de grains par épis est déjà établi... il ne reste plus que le poids de 1 000 grains, qui n'intervient que dans 10 à 15% du rendement. »


Un train de perturbations océaniques


Reste que les pluies ont néanmoins permis de limiter la casse pour l'instant, même si leur répartition varie – au 4 mai – du simple au double selon les secteurs. « Les cumuls depuis fin avril vont de 25 à 50 mm. Les endroits qui en avaient le plus besoin n'ont pas forcément reçu le plus de précipitations, je pense notamment aux secteurs de Villersexel ou de Saint Ferjeux », poursuit le technicien. « Mais les nouvelles pluies de ce début de semaine 19, et celles annoncées de manière conséquente en début de semaine prochaine semblent indiquer que nous sommes entrés dans un cycle de dépressions... qui rappelle un peu celui de 2007, où il n'avait pas été possible de faire les foins avant le 14 juillet ! Ce n'est encore qu'un des scénarios possibles. » Beaucoup d'agriculteurs ont mis à profit le créneau favorable du 4 mai pour apporter une première protection fongicide sur les blés, qui sont majoritairement au stade gonflement – éclatement de la gaine, et épiaison pour les plus en avance. « La stratégie de protection fongicide en un seul passage, au moment du stade gonflement - éclatement de la gaine, avec un investissement de 30 à 40 euros par hectare, est certainement celle à retenir cette année. Voir le bulletin de protection des végétaux pour plus de détails ! »
Côté cultures de printemps, les conditions sont très favorables au maïs, car elles conjuguent températures élevées et précipitations fréquentes. « L'avantage de ces conditions tropicales, c'est qu'elles provoquent une forte levée groupée des adventices, ce qui permet un désherbage post-levée efficace ! » En termes de fertilisation, le conseiller rappelle que le maïs absorbe 85% de ses besoins azotés entre le stade 7-9 feuilles et la fin de la floraison femelle. « L'apport principal peut donc être réalisé juste avant, soit vers le stade 4-5 feuilles. Pour limiter les pertes, notamment le risque de volatilisation avec l'urée, l'épandage juste avant une pluie est à rechercher. » La météo a aussi permis un bel accroissement des volumes des méteils, et le redémarrage de la pousse de l'herbe.