Publié le 26/05/2020 à 00:00 / Jura Agricole

EAU

Il est possible de recapter les sources dans ses prés à condition de respecter la réglementation en vigueur et de se faire accompagner par la police de l'eau.

L'abreuvement assuré par les sources

Au Gaec Marc et Michèle à Saint-Genès-Champespe, en Auvergne plusieurs zones sont classées en zone humide (environ 15 ha). De ces dernières s'écoulent des sources captées de longue date. « Les anciens bacs avaient plus de 50 ans », précise Marc Plane. Jusque-là en parfait état de fonctionnement, ils ont commencé à montrer des défaillances. « Les sources étaient mal captées. » Commence alors un projet long d'une année. Décidés à réaménager ces points d'eau, ils ont d'abord pris contact avec la DDT. « Nous savions que nous ne pouvions pas faire n'importe quoi. » Et en effet, une réglementation stricte entoure le captage des sources. Damien Legleye, agent à la police de l'eau a suivi les travaux. « C'est la règle des 1 000. La législation autorise le drainage des zones humides sur moins de 1 000 m². Quant au captage des sources, le prélèvement est autorisé s'il est inférieur à 1 000 m³/an pour l'ensemble des captages de l'exploitation. Au-delà, nous entrons dans des démarches beaucoup plus lourdes avec des mesures compensatoires. »

Michèle et Marc Plane ont déposé leur dossier auprès de la DDT fin septembre 2018 pour recevoir l'autorisation de travaux en décembre 2018. Dès le printemps, ils ont pu entamer le chantier. Les drains ont été repositionnés et de nouveaux bacs équipés d'un trop-plein installés. « Nous avons maintenant quatre captages à différents endroits de la parcelle », explique Michèle. Les captages offrent en moyenne un débit de 240 l/heure. « Nous n'avons pas traîné d'eau de l'été pour cette parcelle. »

 

L'eau de pluie, une solution B


Bien que strictement encadré, les prélèvements d'eau dans le milieu naturel ne sont pas interdits. Attention tout de même à ne pas surestimer, ou sous-estimer, la valeur de ces zones humides présentes dans les exploitations. « Ces zones participent pleinement à l'autonomie fourragère. Elles ne sont pas récoltables mais pâturables ! Leurs valeurs alimentaires sont intéressantes et surtout elles produisent toute l'année », souligne Géraldine Dupic, conseillère fourrage à la chambre d'agriculture.

 

Attention à l'emplacement des bacs


Le choix d'un système adapté est lié à la proximité du réseau d'alimentation, à la topographie de la parcelle, à la surface de cette dernière et la taille du troupeau. En été, une vache laitière peut consommer jusqu'à 140 litres par jour, 70 litres pour un bovin allaitant, 10 litres pour un veau et 20 litres pour un ovin. La distance parcourue par les animaux influence la fréquence des buvées et la qualité de l'eau absorbée à chaque passage. Si l'abreuvoir est situé à moins de 200 mètres, le troupeau s'abreuve par petits groupes, sans empressement ni risque d'endommager le système. Les abreuvoirs gravitaires doivent avoir un débit qui permet un remplissage en moins de quatre heures. A contrario, si l'abreuvoir est situé à plus de 200 mètres, le troupeau se déplace massivement et chaque animal s'abreuve plus longtemps avec le risque de détériorer l'équipement et surtout de boire insuffisamment. Dans ce cas, les abreuvoirs gravitaires doivent avoir une capacité égale au quart des besoins journaliers en eau du troupeau et un débit permettant de remplir le bac en une heure. Attention toutefois, les animaux ne doivent pas avoir à parcourir plus de 400 mètres pour accéder au point d'eau sous peine de négliger le pâturage.